Edouard, Jules Charruyer

1861 - 1906

Informations générales
  • Né le 25 avril 1861 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 23 janvier 1906 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 20 août 1893 au 31 mai 1898
Département
Charente-Inférieure
Groupe
Républicain
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 8 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Charente-Inférieure
Groupe
Républicain
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 27 avril 1902 au 23 janvier 1906
Département
Charente-Inférieure
Groupe
Républicain

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 25 avril 1861 à Paris, mort le 23 janvier 1906, à Paris.

Député de la Charente-Inférieure de 1893 à 1906 Issu d'une famille d'armateurs et de propriétaires, de religion protestante, venue du Poitou pour s'établir à La Rochelle au XVIIIe siècle, Edouard Charruyer, ses études secondaires terminées, fut reçu à l'Ecole Centrale de Paris. Sorti ingénieur des arts et manufactures en 1884, il fut nommé directeur de l'usine à gaz de Saint-Martin-de-Ré.

La politique l'attirant, il entra au Conseil général de la Charente-Inférieure en 1899, pour y représenter le canton de Saint-Martin-de-Ré et y demeurer jusqu'en 1905. Il se présenta aux élections générales législatives du 20 août 1893, dans la circonscription de La Rochelle et fut élu, au premier tour de scrutin, par 9.700 voix contre 8.605 à M. Charles, Emile Delmas, député sortant, sur 19.048 votants.

Il s'inscrivit au groupe républicain et siégea dans diverses commissions spéciales. Il déposa trois propositions de loi, la première tendant à augmenter les droits de douane sur les sels étrangers destinés à la grande pêche (1894), la deuxième concernant le régime de la contribution foncière relative aux salins, salines et marais salants (1897), la troisième ayant pour objet d'accorder une indemnité pour détention préventive aux victimes d'arrestations erronées (1897).

Ses interventions à la tribune furent nombreuses. Il participa à la discussion : des interpellations sur la formation du nouveau cabinet et sur sa politique (1895), de la loi de finances de l'exercice 1895 pour évoquer la taxe sur le sel (1895), du projet de loi concernant la réforme de l'impôt des boissons (1895), du budget des travaux publics de l'exercice 1897 pour traiter la question du réseau de l'Etat, et du budget des conventions et garanties d'intérêt du même exercice (1896), du budget de la justice de l'exercice 1898 pour demander une indemnité en faveur des prévenus ayant bénéficié d'un non-lieu, du budget de l'agriculture du même exercice pour faire diminuer le nombre des aspirants fonctionnaires (1898), du projet de loi concernant le service maritime postal Le Havre - New York (1898) ; il développa en outre une interpellation sur les responsabilités encourues par le parquet de La Rochelle dans l'arrestation arbitraire du sieur Bonnamour, opérée à Niort le 2 juillet 1897 et sur les mesures à prendre pour la sauvegarde de la liberté individuelle (1897).

Il fut réélu aux élections générales du 8 mai 1898, au premier tour de scrutin, par 10.025 voix contre 8.702 à son ancien adversaire, M. Charles, Emile Delmas, sur 19.048 votants. Il appartint à diverses commissions spéciales, dont celle des chemins de fer et celle de la marine. Dès le début de la législature, toujours préoccupé du respect de la liberté individuelle dont il s'était fait le défenseur, il reprit sa proposition de loi déposée l'année précédente, tendant à accorder une indemnité pour détention préventive aux victimes d'arrestations arbitraires (1898) et déposa une proposition de loi tendant à modifier la loi du 21 avril 1898 créant une caisse de prévoyance entre les marins français contre les risques et accidents de leur profession et fut chargé de la rapporter (1899). Il se fit entendre : sur le budget des travaux publics de l'exercice 1899 au sujet des travaux des ports maritimes, sur le budget de l'agriculture (discussion générale), sur le budget des finances du même exercice pour appeler l'attention du Gouvernement sur les agents des douanes (1899), sur le budget des invalides de la marine de l'exercice 1900 au sujet de la Caisse de prévoyance des marins du commerce, et sur la loi de finances du même exercice pour apporter son soutien à l'Ecole des mines (1900) ; enfin, sur la loi de finances de l'exercice 1902 pour faire taxer en douane les sels d'origine étrangère (1902). Il retrouva son siège aux élections générales du 27 avril 1902, toujours au premier tour de scrutin, par 9.482 voix, sans concurrent, sur 12.800 votants.

Auteur d'une proposition de loi tendant à compléter les dispositions de l'article 14 de la loi du 5 avril 1884, pour régler les conditions de l'électorat dans les communes divisées en plusieurs sections électorales (1903), on l'entendit au cours de la discussion du budget des chemins de fer de l'Etat de l'exercice 1904 (1903), des propositions de loi tendant au rachat des réseaux de l'Ouest et du Midi (1904), du budget de la guerre de l'exercice 1905 au sujet du casernement de la ville de La Rochelle (1905), et il demanda à interpeller le Gouvernement sur la jonction de la ligne du Simplon au réseau français des voies ferrées et fluviales (1905), puis une maladie implacable le tint éloigné des travaux de l'Assemblée.

A la deuxième séance du 24 janvier 1906, le Président Paul Doumer annonçait son décès à la Chambre. Il venait de mourir la veille à Paris, âgé seule ment de quarante-cinq ans. Dans l'éloge funèbre dont il fut l'objet, un dernier hommage lui fut rendu en ces termes : « Esprit distingué, d'un savoir étendu, M. Charruyer a fait parmi nous, modestement, mais consciencieusement, son devoir de représentant du peuple, jusqu'au jour où la maladie a paralysé son action. Il s'était particulièrement occupé des questions économiques dont la solution importait aux intérêts de la région qui l'avait élu, et à la France tout entière.. Il y avait apporté, dans les études des commissions et la discussion publique, une compétence, une clarté et une sobriété de parole que nous avons tous appréciée. C'est un aimable collègue et un bon serviteur de la République qui disparaît. Nous saluons avec émotion sa mémoire.»

Il laissait un récit apologétique intitulé : Quatre ans et demi de législature.