Eléonor, Bernard, Anne, Christophe, Zoa Dufriche-Valazé

1780 - 1838

Informations générales
  • Né le 12 février 1780 à Essay (Orne - France)
  • Décédé le 26 mars 1838 à Nice (Alpes-Maritimes - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 juin 1834 au 3 octobre 1837
Département
Orne
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 novembre 1837 au 26 mars 1838
Département
Orne
Groupe
Majorité ministérielle

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Fils du conventionnel Charles Dufriche-Valazé, député de 1834 à 1838, né à Essay (Orne) le 12 février 1780, mort à Nice (Alpes-Maritimes) le 26 mars 1838, il fut destiné par son père à la carrière du génie militaire.

Sans fortune, il apprit le dessin et la sculpture, à Alençon, d'un architecte et d'un sculpteur chargés de bâtir la maison d'un M. Desmadeleines, son oncle, chez lequel il avait dû se réfugier avec sa mère, en cachant son nom, sous la Terreur. La révolution du neuf Thermidor lui permit de se rendre à Paris, où il fut employé près de la commission des Onze, préposée à la rédaction de la Constitution.

Bientôt, adopté par le gouvernement, il obtint une bourse au prytanée français; le 9 nivôse an VII, il entra à l'Ecole polytechnique, en sortit sous-lieutenant du génie, passa par l'école d'application de Metz, et suivit l'état militaire.

Il débuta dans la campagne de Hanovre, et y gagna le grade de capitaine (1er vendémiaire au XII). En qualité de commandant de l'avant-garde, il assista avec la division Kellermann à la bataille d'Austerlitz (1805), où il fut blessé et nommé chef de bataillon. Il fit encore la campagne de Prusse au 1er corps, comme chef d'état-major, fut à Friedland (14 juin 1807), et reçut la croix de la Légion d'honneur et une dotation.

Après avoir refusé, dit-on, l'emploi d'aide-de-camp du roi de Westphalie, il fut appelé à Saragosse (1808), dont il fit le siège comme chef d'état-major du génie, et où il fut promu officier de la Légion d'honneur. Il dirigea, à l'armée de Portugal, le siège d'Astorga, s'y comporta vaillamment et passa colonel dans son arme. Une blessure reçue à la tête pendant le siège de Ciudad-Rodrigo faillit lui coûter la vie. Aussitôt rétabli, on le nomma commandant en chef du génie de l'armée de Portugal; peu après, il fut envoyé au corps d'armée du prince de la Moskowa, prit part aux batailles de Lützen et de Bautzen, devint (10 août 1813) général de brigade et commandeur de la Légion d'honneur, se battit à Leipzig et à Hanau, et se distingua encore dans la campagne de France en faisant couper le pont d'Arcis-sur-Aube sous le feu des Prussiens.

Il quitta l'armée après l'abdication de Napoléon, pour y rentrer pendant les Cent-Jours; il commandait le génie à Waterloo, dans le corps d'armée du maréchal Gérard, et il fit exécuter une partie des travaux de défense de la capitale. La Restauration ne lui tint pas rigueur ; inspecteur-général du génie sous Louis XVIII, il fut fait baron en 1819, et fit partie du comité des fortifications, puis de la commission de l'expédition d'Afrique. Lui-même eut dans cette campagne le commandement du génie.

Rallié au gouvernement de Louis-Philippe, il reçut la mission d'aller, comme ministre plénipotentiaire, à la Haye, faire reconnaître la monarchie nouvelle. Le 13 décembre 1830, il fut nommé lieutenant-général. Il avait été chargé de l'étude du meilleur système pour mettre Paris en état de défense; mais le projet d'une ceinture de forts détachés ayant paru prévaloir alors dans les conseils du gouvernement, le général Valazé refusa de s'y associer.

Lors des élections générales du 21 juin 1834, il fut élu député par deux collèges de l'Orne : le 2e (Sées) qui lui donna 93 voix sur 175 votants et 206 inscrits, contre 81 à M. Clogenson; et le 6e (Laigle), 84 voix sur 148 votants et 196 inscrits, contre 60 à M. Desmousseaux : il opta pour la circonscription de Laigle, qui le réélut le 4 novembre 1837, par 136 voix sur 172 votants. Jusqu'à sa mort, survenue en 1838, le général Valazé vota avec le ministère. Il prit quelquefois la parole sur les questions militaires. C'est lui qui, lors de la discussion de la loi sur les 25 millions réclamés par les Etats-Unis, fit adopter l'amendement qui exigeait du gouvernement américain des « explications satisfaisantes » sur son message du 2 décembre 1834.

Le général Dufriche-Valazé mourut à Nice, d'une maladie de poitrine. Il a écrit plusieurs mémoires spéciaux sur l'art de la guerre. Il avait été fait chevalier de l'ordre de St Henry de Saxe, le 16 mai 1806, et de l'ordre de l'épée de Suède, le 20 mars 1820.

Date de mise à jour: janvier 2014