Henri Connevot

1873 - 1938

Informations générales
  • Né le 12 décembre 1873 à Moutier-rozeille (Creuse - France)
  • Décédé le 21 avril 1938 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 10 mai 1914 au 7 décembre 1919
Département
Creuse
Groupe
Parti républicain radical et radical socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 31 mai 1924
Département
Creuse
Groupe
Parti radical et radical socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1924 au 31 mai 1928
Département
Creuse
Groupe
Radical et radical-socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 29 avril 1928 au 5 mars 1931
Département
Creuse
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 22 février 1931 au 21 avril 1938

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 12 décembre 1873 à Moutier-Rozeille (Creuse), mort le 21 avril 1938, à Paris.

Député de la Creuse de 1914 à 1931.
Sénateur de la Creuse de 1931 à 1938.

Issu d'une famille modeste, Henri Connevot partit à Paris à l'âge de 11 ans pour y chercher son gagne-pain. D'abord apprenti tuilier, il devint tailleur de pierres, puis maçon, tout en complétant par ses propres moyens son instruction rudimentaire. Ayant ainsi amélioré ses connaissances, il fut nommé chef de chantier et put, un peu plus tard, s'établir entrepreneur de travaux publics. Son affaire se développa et acquit sur la place de Paris une réputation telle qu'elle se vit confier, en 1905, la direction des travaux d'agrandissement de « La Samaritaine ».

Ayant le goût de la politique, il se fit élire conseiller d'arrondissement de Felletin en 1910, et devint maire de Moutier-Rozeille en 1925.

Il entra à la Chambre comme député de la circonscription d'Aubusson, à la faveur des élections générales législatives des 26 avril et 10 mai 1914. Il emporta le siège par 5.239 voix contre 5.065 à M. Danton, 4.955 à M. Bénassy, 1.649 à M. Alhéritière, 1,137 à M. Marland, sur 18.171 votants, au deuxième tour de scrutin.

Inscrit au groupe radical et radical-socialiste, il siège à la Commission du commerce et de l'industrie, à celle des postes et télégraphes, à celle des marchés et à celle des travaux publics. Dès sa prise de contact avec le Palais-Bourbon, il manifeste une grande activité, déposant des propositions de loi ou de résolution relatives : à l'instauration du vote par correspondance pour les électeurs absents de leur commune (1914), aux pensions des veuves et orphelins et aux allocations des ascendants de militaires victimes de la guerre (1915), à la fourniture gratuite par l'Etat des appareils orthopédiques nécessaires aux mutilés et blessés de la guerre (1915), à la gratuité viagère des soins médicaux et des fournitures prothétiques ou orthopédiques aux blessés, mutilés et malades, victimes de la guerre (1915), à la révision des nominations à des emplois de l'Etat, faites pendant la durée de la guerre (1915), à la révision des marchés de fournitures passés pendant la durée de la guerre (1915), à l'inhumation définitive des corps des militaires tués à l'ennemi (1915), à l'attribution de la Légion d'honneur aux mutilés et aveugles de guerre (1915), à la situation militaire spéciale des chefs de familles nombreuses (1915), à l'affectation spéciale des pères de familles nombreuses (1915), au relèvement du taux de la prime fixe d'alimentation sur le pied de guerre (1915), à la réglementation des permissions dans la zone des armées (1915), à l'utilisation des ouvriers boulangers mobilisés (1916), à la suspension de l'appel des agriculteurs mobilisables, pendant la période des travaux agricoles (1916), à l'augmentation de la ration de vin des troupes (1916), à la responsabilité des chefs militaires en temps de guerre (1916), à l'attribution des brisques pour temps de service aux troupes des unités combattantes (1916), à l'attribution d'une haute-paye aux militaires ayant accompli plus de deux ans de service (1916), à la création d'un paquet postal militaire à prix réduit (1916), à la solde des militaires prisonniers de guerre (1916), à la distribution du tabac aux troupes (1916), à la réglementation du commerce de détail dans la zone des armées (1916), à la libération des agriculteurs des classes 1888 et 1889 (1917), à la taxation et à la réquisition des engrais et produits chimiques nécessaires à la culture (1917), à la surveillance et au contrôle de l'alimentation et du ravitaillement des troupes en campagne (1917), aux incompatibilités parlementaires (1917), à l'allocation d'une indemnité de rentrée aux mobilisés (1917), à l'établissement des monopoles du sucre, de l'alcool et du pétrole (1918), au paiement de la solde et de l'indemnité de vivres pendant les permissions (1918), à la réglementation des prix des vins (1918), au droit de vote pour les soldats de la Grande Guerre qui n'ont pas atteint leur majorité (1918), à l'amélioration de la situation du personnel de l'enseignement primaire (1918), à l'attribution d'une indemnité de vêtements aux soldats démobilisés (1919), à l'institution d'une prime de démobilisation (1919), à la gratuité des transports en faveur des mutilés (1919). Ses interventions à la tribune, qui étaient le reflet de ses préoccupations, portèrent sur : l'affectation spéciale en temps de guerre, des hommes mobilisés, pères de familles nombreuses (1915), les marchés de la guerre (1915), la mise en culture des terres abandonnées (1916), la réparation des dommages causés par les faits de guerre (1919), l'approbation du Traité de paix conclu à Versailles, le 28 juin 1919 (1919).

Aux élections générales du 16 novembre 1919, qui se déroulèrent au scrutin de liste, avec représentation proportionnelle, il prend la tête de la liste des candidats du bloc des gauches et est élu à la majorité absolue, par 26.592 voix sur 52.467 votants. Il retrouve son siège à la Commission du commerce et de l'industrie et à celle des travaux publics. Il dépose plusieurs propositions de loi ou de résolution concernant : l'inhumation définitive et le transport gratuit des corps des militaires tués à l'ennemi ou morts dans les hôpitaux ou en captivité (1920), le report du délai d'application des dispositions relatives à la réduction du nombre des fonctionnaires, en ce qui concerne l'enseignement primaire élémentaire (1922), l'augmentation de la subvention de l'Etat pour la construction des chemins vicinaux (1923), le recrutement de l'armée en ce qui concerne la durée du service actif (1924) ; il rapporte en outre le projet de loi approuvant une convention passée avec la Compagnie d'Orléans et concernant la concession de la ligne de Bonnat à Evaux (1924).

Il retrouve son siège aux élections générales du 11 mai 1924, toujours en tête de la liste des candidats du bloc des gauches. Il est élu au quotient électoral, par 20.533 voix sur 53.580 votants. Toujours membre de la Commission du commerce et de l'industrie, et de celle des travaux publics et moyens de communication, il présente un certain nombre de propositions de loi ou de résolution relatives : au recrutement de l'armée, en vue de ramener à un an la durée du service actif (1924), à l'organisation d'un ensemble de mesures répressives contre l'exportation des capitaux (1926), à la construction de nouvelles lignes de chemins de fer (1927), à la levée temporaire des droits de douane sur les vins étrangers (1927), à la création à Aubusson d'une section du tribunal départemental de la Creuse (1927). Il se fait entendre à la tribune sur : les décrets conférant la personnalité civile aux manufactures des Gobelins et de Beauvais (1926), les budgets de l'instruction publique, de la justice, et des Beaux-arts de l'exercice 1927 (1926), les salaires des mineurs (1927), et il demande à interpeller le Gouvernement sur la mévente des pommes de terre (1928) et sur la fermeture, par la Compagnie des houillères d'Alsun, des mines de Laraveix-les-Mines (1928).

Aux élections générales des 22 et 29 avril 1928 qui marquèrent le retour au scrutin d'arrondissement, il retrouva son siège de député de la circonscription d'Aubusson, au deuxième tour de scrutin, par 8.633 voix contre 5.673 à M. Charles Lussy, sur 14.793 votants. Siégeant toujours à la Commission des travaux publics et des moyens de communication, il présenta de nombreuses propositions de loi ou de résolution portant notamment sur : l'organisation de la participation de l'Etat dans les dépenses incombant aux petites communes pour le loyer des locaux affectés aux facteurs-receveurs des postes (1929), l'organisation de la participation de l'Etat dans la rétribution des secrétaires de mairie des petites communes (1929), la franchise postale des maires pour la correspondance officielle avec leurs administrés (1929), la mise à la disposition des maires, adjoints et conseillers municipaux des notices pour la diffusion des lois économiques et sociales (1929), l'organisation du développement de la culture du blé par l'aide efficace de l'Etat (1929), les subventions à la construction et à l'entretien des chemins vicinaux et ruraux (1929), le développement des services d'autobus et de camions automobiles dans les départements insuffisamment pourvus de voies ferrées (1929), la suppression des cahiers des charges de toutes les distributions d'énergie électrique, des indices économiques de haute et de basse tension, ainsi que les minima de consommation de l'énergie pour tous les usages et emplois (1929).

Il se présenta au Sénat à l'élection partielle du 22 février 1931, en remplacement de M. François Binet décédé le 2 décembre 1930. Il emporta le siège au troisième tour de scrutin, par 353 voix, sur 623 votants, et se démit de son mandat de député le 5 mars 1931. Inscrit au groupe de la gauche démocratique, il appartint à la Commission des travaux publics et à celle de l'armée. On l'entendit parler, au cours de la discussion d'un cahier de crédits destinés à améliorer l'outillage national, de l'achat d'immeubles diplomatiques. Il participa aux débats sur les budgets de l'air, des travaux publics, du travail et de la prévoyance sociale et de la loi de finances de l'exercice 1933 (1933), sur le marché du blé (1933), sur la viticulture et le commerce des vins (1933), sur le rétablissement de l'équilibre budgétaire (1933), sur le programme des travaux de la défense nationale (1934), sur le budget de l'intérieur de l'exercice 1935 (1934), sur l'assainissement du marché des vins (1934), sur les budgets de l'éducation nationale et de l'air de l'exercice 1936 (1935), sur l'Office national du blé (1936), sur l'enseignement primaire obligatoire (1936), sur le plan des travaux destinés à combattre le chômage (1936), sur les budgets de l'agriculture et du travail de l'exercice 1937 (1936), sur l'émission d'un emprunt avec option de change (1937), sur la crise agricole (1937), sur les budgets de l'éducation nationale, des Beaux-arts et de l'agriculture de l'exercice 1938 (1937). Il développa en outre une interpellation sur la fermeture des écoles dans certaines communes rurales (1934).

Il mourut en cours de mandat, le 21 avril 1938 à Paris, à l'âge de 65 ans. A la séance du 31 mai, le Président Jules Jeanneney prononça son éloge funèbre : « Dans ses appels incessants en faveur de régions et de classes déshéritées, le souvenir de ses commencements, des risques et des difficultés surmontés, n'était point absent, sans doute. Le souci d'en adoucir pour d'autres la dure épreuve, les inspirait manifestement, leur donnait pleine valeur. Il n'a jamais faibli en lui... Ce n'est point à tort que le peuple dont il était issu, lui a gardé jusqu'à son dernier jour confiance fidèle, et gardera reconnaissance à sa mémoire. »

Henri Connevot, présida pendant trente-trois ans, à Paris, une association mutualiste L'Emigration Creusoise.