Alfred Coste-Floret

1911 - 1990

Informations générales
  • Né le 9 avril 1911 à Montpellier (Hérault - France)
  • Décédé le 9 janvier 1990 à Paris (Hérault - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Haute-Garonne
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Haute-Garonne
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Haute-Garonne
Groupe
Mouvement républicain populaire

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 9 avril 1911 à Montpellier (Hérault)
Décédé le 9 janvier 1990 à Paris (13e)

Député de la Haute-Garonne de 1946 à 1958

Le 9 avril 1911 naissent, dans une famille d'avocats de Montpellier, des jumeaux, Alfred et Paul Coste-Floret qui deviendront, l'un et l'autre, parlementaires. Docteur en droit, Alfred Coste-Floret commence une carrière universitaire à la faculté de droit de Strasbourg en 1938. Pendant la guerre l'université de Strasbourg, repliée à Clermont-Ferrand, devient un foyer de résistance. C'est ainsi qu'Alfred Coste-Floret crée, avec François de Menthon, un réseau qui va se fondre avec « Combat ». Lui-même dirige le service de renseignements de « Combat » et participe à la fondation du Mouvement unifié de la Résistance en 1942. A la Libération il retrouve Strasbourg, assistant avec André Malraux à la réouverture de la cathédrale et dirigeant le cabinet du Commissaire de la République André Colin. Procureur adjoint au tribunal de Nuremberg où il dirige la section d'Alsace-Lorraine, il est tout qualifié, pour répondre ultérieurement aux détracteurs des incorporés de force dans l'armée allemande.

Lors des élections législatives du 10 novembre 1946 Alfred Coste-Floret prend la tête d'une liste M.R.P. dans la Haute-Garonne. Elle a deux élus pour 47 002 voix, comme la liste S.F.I.O. dirigée par Vincent Auriol (65 466 voix). La compétence juridique du nouvel élu va s'exercer dans la Commission des affaires étrangères, la Commission de la presse, et la Commission de l'intérieur (1949). Il est membre suppléant puis titulaire de la Commission de la réforme administrative, membre de la Commission des indemnités parlementaires (1949) et juré à la Haute Cour de justice.

Alfred Coste-Floret ne néglige pas ses électeurs en faveur desquels il soutient la création d'une société d'économie mixte de la Garonne. Il intervient dans le domaine social avec le souci de l'impartialité et de l'intérêt public, tentant d'harmoniser les intérêts des propriétaires et des locataires, se prononçant contre l'abrogation des lois antialcooliques de 1940 et 1941, tout en étant favorable à l'assouplissement des interdictions de publicité. Il regrette que la remise en ordre des arsenaux se traduise plus par les licenciements d'ouvriers que par ceux des cadres de direction. Il préconise la titularisation des assistantes sociales dans la fonction publique avec les dérogations nécessaires à l'exercice de leur métier.

L'ancien chef de « Liberté » tente de préserver la situation obtenue par la presse de la Résistance et d'éviter l'emprise des milieux économiques sur la distribution des journaux. La censure préalable de certaines publications étrangères lui semble présenter le risque de mesures de rétorsion.

Alfred Coste-Floret est, en 1948, l'auteur d'un rapport favorable à la proposition d'Edgar Faure et de François de Menthon invitant le gouvernement à proposer, dans le cadre de l'O.N.U., une juridiction internationale des droits de l'homme. Lorsqu'il aborde la question palestinienne il considère qu'elle est obscurcie par des propagandes opposées et que le partage de la Palestine est indéfendable. Une solution permettant aux Arabes et aux Hébreux de vivre ensemble aurait sa préférence.

Le 17 juin 1951 Alfred Coste-Floret, qui est désormais Conseiller général et maire de Bagnères-de-Luchon, apparente sa liste M.R.P. avec la liste radicale U.D.S.R. de Maurice Bourgès-Maunoury et avec la liste S.F.I.O. ce qui leur permet de dépasser la majorité absolue et de se répartir les sept sièges de la Haute-Garonne. Trois sièges vont à la liste radicale-U.D.S.R. (58 953 voix), trois à la liste S.F.I.O. (51 869 voix) et un à la liste M.R.P. (24 059 voix).

Juré suppléant à la Haute Cour de justice, le député de la Haute-Garonne est nommé membre de la Commission des affaires étrangères, de la Commission de l'intérieur dont il devient secrétaire en 1953, membre et vice-président de la Commission interparlementaire chargée d'étudier la simplification des formalités de frontières. La Commission des affaires étrangères le désigne pour faire partie de la Commission de coordination pour l'étude des questions relatives à la C.E.C.A. Alfred Coste-Floret n'est pas régionaliste car il veut conserver, en cas de réforme régionale, le département : il craint que la superposition des échelons administratifs ne ralentisse la décision. Rapporteur pour avis en 1953 du projet de loi relatif au contentieux administratif, il montre l'urgence de constituer à l'échelon départemental, des tribunaux proches du justiciable avec des juges majoritairement recrutés par concours.

L'intérêt d'Alfred Coste-Floret se porte de plus en plus, en dépit de la variété de ses interventions, sur les questions européennes qu'il avait déjà abordées pendant la précédente législature : comment défendre de la menace soviétique cet ensemble de nations qui reconnaissent un même système de valeurs ? Il approuve le pacte atlantique et la C.E.D. dès lors qu'il estime que le réarmement allemand, longtemps redouté, serait limité par l'intégration de contingents dans une armée européenne. Celle-ci devrait dépendre, non d'un inacceptable ministre européen de la défense mais d'un comité de ministres et d'un Haut commissaire. Cependant toute défiance n'est pas dissipée à l'égard de l'Allemagne puisqu'il préconise de donner un armement américain à cette armée afin de ne pas développer davantage la production allemande d'acier. Rapporteur de la Commission des affaires étrangères sur le traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier, il présente aux députés une analyse approfondie des institutions nouvelles et des raisons politiques, économiques et sociales qui en justifient la ratification. Désormais les états nationaux ne pourront plus disposer de l'industrie lourde à des fins guerrières et une période de prospérité s'ouvrira pour une Europe que ses alliés appuieront avec confiance. Cependant, le 23 décembre 1954, il vote contre les Accords de Paris qui établiraient une Europe associée « d'initiative anglo-américaine » qu'il oppose à l'Europe intégrée d'initiative française. Devant le problème algérien Alfred Coste-Floret préconise le progrès économique et social du territoire et estime qu'une politique de répression du terrorisme ne doit pas sacrifier le respect de la personne humaine.

Aux élections du 2 janvier 1956 Alfred Coste-Floret est réélu à la tête d'une liste d'Union nationale qui recueille 27 450 voix bien qu'elle soit isolée entre un apparentement de listes poujadistes et un apparentement de listes S.F.I.O., radicale et républicaine sociale. L'activité d'Alfred Coste-Floret, toujours membre des Commissions de l'intérieur et des affaires étrangères, et juré suppléant à la Haute Cour de justice est limitée par quelques absences pendant cette législature. Il intervient cependant en faveur des habitants de la Haute-Garonne victimes en 1957 des orages de grêle et se montre favorable à l'enseignement des langues régionales. Il fait part de son émotion devant les événements de Hongrie et de ses réserves vis-à-vis du traité d'amitié avec la Libye. Il vote la loi-cadre pour l'Algérie et la confiance au gouvernement du général de Gaulle le 1er juin 1958.



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