Olivier, Jules, Félix, Eugène Deguise

1871 - 1922

Informations générales
  • Né le 21 janvier 1871 à Beauvois (Aisne - France)
  • Décédé le 5 novembre 1922 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 10 mai 1914 au 7 décembre 1919
Département
Aisne
Groupe
Parti socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 5 novembre 1922
Département
Aisne
Groupe
Parti socialiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 21 janvier 1871 à Beauvois (Aisne), mort à Paris le 5 novembre 1922.

Député de l'Aisne de 1914 à 1922.

Fils d'instituteur, Olivier Deguise fit ses études secondaires au lycée Louis-le-Grand à Paris, puis obtint sa licence ès-lettres à la Faculté de Lille.

Il adhéra très jeune au parti socialiste. Après avoir été précepteur dans une famille de Bohain (Aisne), il entra à la rédaction du quotidien socialiste Le Réveil du Nord de Lille et tint, jusqu'en 1914, le poste de rédacteur principal de ce journal à Valenciennes. Aux élections générales des 26 avril et 10 mai 1914, sans l'avoir désiré, mais pour répondre à l'appel pressant de ses amis, il est candidat républicain socialiste dans la deuxième circonscription de Saint-Quentin contre le député sortant Desjardins, républicain libéral. Au premier tour, il obtient 4.994 voix contre 6.238 à Desjardins et 3.357 à Dhéry. Au second tour, ayant bénéficié du désistement de Dhéry, il l'emporte par 7.704 voix contre 7.108 à Desjardins, sur 15.012 votants. Après avoir été mobilisé au début de la guerre comme garde voies et communications, il reprend, quelques mois plus tard, sa place au Palais-Bourbon. Membre de la Commission de législation fiscale, de la Commission de l'hygiène et de la Commission des régions libérées, il s'intéresse avant tout au sort de ses malheureux compatriotes demeurés sous la domination allemande ou réfugiés dans d'autres régions de France. Il dépose en leur faveur, au cours des hostilités, deux propositions de loi : l'une tendant à étendre à leur profit le droit de réquisition des immeubles (1915), l'autre relative à la création d'un Office national des réfugiés et des prisonniers de guerre (1915), et quatre propositions de résolution (1917, 1918). La paix revenue, il dépose une proposition de loi tendant à organiser, pour les réfugiés, le vote par correspondance (1919), une proposition de loi concernant les allocations militaires des familles des régions libérées (1919), une proposition de loi ayant pour objet d'accorder des congés spéciaux de quatre mois par an, avec rappel, aux soldats des régions libérées (1919).

Tout au long de la législature, il intervient à la tribune pour défendre leurs droits, soit lors de demandes ou de discussions d'interpellations (1916, 1917, 1918), soit lors de la discussion des projets de loi portant ouverture de crédits, des projets de loi relatifs à la réparation des dommages de guerre (1919) et à l'échange des bons de monnaie des régions libérées (1919) ainsi que de la proposition de loi relative au paiement des indemnités dues aux habitants des régions envahies (1919).

Il dépose aussi une proposition de résolution et une proposition de loi tendant à améliorer le régime des permissions militaires (1917, 1918), prend part à la discussion des projets et propositions concernant l'utilisation des hommes mobilisés et mobilisables, intervient à de multiples reprises au sujet de l'alimentation, des vêtements, du mode de couchage et des permissions des soldats.

Il avait demandé à interpeller le Gouvernement sur le rétablissement du maréchalat en faveur du général Joffre (1916).

Citons également sa proposition de loi tendant à modifier, pour le paiement des réquisitions militaires, les décrets relatifs au règlement des intérêts dus par l'Etat (1916), ses interventions dans la discussion de la proposition de loi tendant à avancer l'heure légale pendant la durée de la guerre (1916), du projet et des propositions de loi concernant les baux et les loyers pendant la guerre (1916), du projet de loi sur la répression de l'ivresse publique et la police des débits de boissons (1917), du projet et des propositions de loi relatifs à la révision des listes électorales (1919), ses demandes d'interpellation sur l'organisation générale de la reconstitution de la France libérée (1918), sur les déclarations du Gouvernement concernant l'emprunt et sa politique financière (1918), sur le « gâchis » administratif et la fâcheuse situation qui menace la population pour la mauvaise saison (1919).

En 1919, il est élu conseiller général du canton de Bohain. La même année, aux élections législatives du 16 novembre, il est second de la liste socialiste et il est réélu avec 24.235 voix, sur 85.109 votants.

Membre de la Commission de l'hygiène et de la Commission des régions libérées, il poursuit inlassablement sa défense des droits des réfugiés et rapatriés, déposant à leur sujet cinq propositions de loi (1919, 1920, 1921, 1922) et deux propositions de résolution (1920, 1922), demandant à plusieurs reprises à interpeller le Gouvernement et saisissant toute occasion d'intervenir en leur faveur lors de la discussion des lois de finances ou des lois sur le recrutement de l'armée.

Il dépose également des propositions de loi tendant à créer une taxe de nuit dans les établissements publics (1920), à modifier le tarif des douanes concernant les broderies (1920 et 1921), à instituer le crédit batelier (1921), à créer des Commissions spéciales pour l'examen des dommages de guerre intéressant la collectivité (1921).

Il prend part à la discussion d'une proposition de loi concernant le relèvement de l'indemnité parlementaire (1920), d'un projet de loi relatif à l'amnistie (1920), du projet de loi relatif au nouveau régime des chemins de fer d'intérêt général (1920), du projet de loi ayant pour objet de modifier certaines dispositions relatives à la taxe sur le chiffre d'affaires (1921).

Il demande à interpeller le Gouvernement sur la répartition des crédits entre les divers départements et les lenteurs apportées à la délivrance des titres de créance (1920), sur la situation de la navigation intérieure (1921), sur le fonctionnement du service d'exhumation et de transfert des corps (1921).

Il dut ensuite ralentir son activité, car il souffrait d'une maladie de cœur, et, après plusieurs mois de lutte contre le mal, il mourut à Paris le 5 novembre 1922 à peine âgé de 51 ans.

Lors de son incinération au columbarium du Père-Lachaise, treize discours furent prononcés, parmi lesquels ceux de Ringuier au nom de la fédération socialiste de l'Aisne, de Meunier au nom de la Grande Loge de France, de Poisson au nom du parti socialiste, de Guernut au nom de la Ligue des Droits de l'Homme, de Lucien Le Foyer au nom de l'Union populaire pour la Paix.

Son décès fut annoncé au cours de la séance de la Chambre du 6 novembre et le président Raoul Péret conclut ainsi l'éloge funèbre d'Olivier Deguise : « Homme bienveillant, sachant allier l'esprit de conciliation à la fermeté, il paye, comme tant d'autres, d'une mort prématurée la douleur morale, plus profonde encore que la souffrance du corps, que fut pour les patriotes l'occupation prolongée par l'ennemi du sol qui les vit naître. »

Un monument, inauguré le 28 août 1923, a été élevé à sa mémoire, dans le parc du bois des Berceaux, à Bohain.