Achille, Joseph Auban

1912 - 1973

Informations générales
  • Né le 14 avril 1912 à Eup (Haute-Garonne - France)
  • Décédé le 12 avril 1973 à Toulouse (Haute-Garonne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 21 janvier 1947 au 4 juillet 1951
Département
Haute-Garonne
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Haute-Garonne
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Haute-Garonne
Groupe
Socialiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 14 avril 1912 à Eup (Haute-Garonne)

Décédé le 12 avril 1973 à Toulouse (Haute-Garonne)

Député de la Haute-Garonne de 1947 à 1956

Sous-secrétaire d'Etat à l'aviation civile du 17 juin au 6 novembre 1957

Le père d'Achille Auban ayant été tué au front dès septembre 1914, il est élevé par sa mère, institutrice à l'école primaire de Eup en Haute-Garonne. Il accomplit ses études secondaires à Toulouse.

Achille Auban s'intéresse très tôt à la vie politique. Dès l'âge de 16 ans, il participe à la fondation du groupe des lycéens républicains de Toulouse. La même année, il adhère aux jeunesses socialistes. Entré à la faculté de droit où il prépare une 'licence, il est secrétaire du groupe des étudiants socialistes, de 1931 à 1933. En 1932, il adhère au Parti socialiste SFIO. Il participe également à diverses associations : en 1930, notamment, il crée le groupe des orphelins de guerre de Toulouse.

Après ses études, il entre, en octobre 1933, dans les services de la mairie de Toulouse. En juillet 1936, ses convictions l'amènent à soutenir les républicains espagnols : il leur apporte une aide active en organisant de nombreux voyages en Espagne et recevra la médaille de la République espagnole. Il poursuit en même temps sa carrière administrative municipale : à partir d'août 1937, jusqu'à la guerre, il appartient au service de l'instruction publique. La SFIO, en 1937, a présenté sa candidature au Conseil général dans le canton de Saint-Béat, mais il n'est pas élu. Sursitaire en 1932, Achille Auban avait été réformé en octobre 1937 mais, en novembre 1939, il est mobilisé. Versé dans l'artillerie, il obtient la croix de guerre avec palme. Démobilisé le 1er août 1940, il revient à la mairie de Toulouse.

Dès l'été 1940, cependant, Achille Auban participe aux premières activités de résistance dans la région toulousaine. Il est en contact avec le réseau du musée de l'Homme de Paris, avec Combat et Libération. Dans le groupe de Paul Ber-taux, futur commissaire de la république à Toulouse, il organise des opérations de parachutage. Durant l'été 1941, il fonde, avec Gilbert Zaksas, le mouvement « Libérer et fédérer » avec lequel Jean Cas-sou, Vincent Auriol et Jules Moch sont en relation. Le groupe publie un journal, fonde des sections et crée des maquis. En janvier 1943, il entre dans l'état major militaire de l'Armée secrète dans la Haute-Garonne, absorbée en février 1944 dans les Forces françaises de l'intérieur (FFI). Parallèlement, il joue un rôle majeur dans l'organisation de la CGT clandestine dans le département. Ses activités diverses lui vaudront, en 1944, la médaille de la Résistance avec rosette. Il sera, ensuite, fait chevalier de la Légion d'Honneur au titre de la Résistance.

A la Libération, Achille Auban se marie. Il aura trois enfants. En octobre 1944, il devient directeur du service du contentieux à la mairie de Toulouse. Il entame alors une carrière élective. Le 30 octobre 1945, il est élu conseiller général du canton de Saint-Béat. Au sein du Conseil général, il est rapporteur général du budget jusqu'en 1947 et, à partir de cette date, préside le groupe socialiste. Il figure en troisième position sur la liste SFIO conduite par Vincent Auriol pour les élections à la première Assemblée nationale Constituante, le 21 octobre 1945. Sur cinq sièges à pourvoir, les socialistes n'en remportent que deux. Il en va de même en juin et en novembre 1946, où Achille Auban figure derrière Vincent Auriol et Raymond Badiou, maire de Toulouse depuis mai 1945. Cependant, le 31 janvier 1947, il remplace Vincent Auriol qui vient de démissionner de son mandat à la suite de son élection à la Présidence de la République.

Achille Auban va jouer alors un rôle actif à l'Assemblée nationale. De février 1947 à mai 1951, il appartient à six commissions. Ses centres d'intérêt le portent vers les questions sociales : il est membre notamment de la commission des pensions, de la commission du travail et de la sécurité sociale, de la commission de la famille et de la santé publique. D'ailleurs, cette activité nationale reflète son action dans de nombreuses œuvres en Haute-Garonne. Il intervient à plusieurs reprises sur les questions qui relèvent de la Résistance. Le 30 mai 1947, par exemple, un vif échange l'oppose au propriétaire de la Dépêche de Toulouse sur l'attitude du journal pendant l'Occupation. Peu à peu, il acquiert une spécialité dans les problèmes qui concernent l'industrie aéronautique - activité importante de la région toulousaine.

En octobre 1947, Achille Auban est élu maire de Saint-Béat. Le 17 juin 1951, il mène la liste du Parti socialiste SFIO pour les élections législatives, devant Eugène Montel, président du Conseil général. Pour sept sièges à pourvoir, il y a sept listes en présence. Un apparentement est conclu entre la SFIO, le Rassemblement des Gauches républicaines, le parti radical, l'Union démocratique et socialiste de la Résistance et le MRP. Sur 228 534 suffrages exprimés, les listes apparentées obtiennent 134 881 suffrages, plus que la majorité absolue fixée à 114 268 suffrages, et emportent tous les sièges. Le RGR, conduit par Maurice Bourges-Maunoury, avec 25,8 % des voix arrive en tête et obtient trois sièges, la SFIO, avec 22,7 % des voix en a trois également ; le dernier siège va au MRP avec 18,5 % des suffrages. Dans leur déclaration électorale les candidats socialistes toulousains marquent leur volonté de défendre « le patrimoine fondamental de la Quatrième République », mais aussi leur attachement à la laïcité et à la « nécessité du socialisme ».

Revenu au Palais Bourbon, le député de la Haute-Garonne, est nommé à nouveau membre de la commission des pensions, mais aussi de la commission de la Défense nationale et de celle des moyens de communication. Ses interventions nombreuses concernent de plus en plus la politique aéronautique. A l'intérieur de la SFIO, il prend parti contre le projet de communauté européenne de défense : le 30 août 1954, il vote pour la question préalable qui repousse la discussion du projet de ratification.

Le 2 janvier 1956, Achille Auban conduit une nouvelle fois la liste SFIO, apparentée à la seule liste du Parti radical de Maurice Bourges-Maunoury et à celle des Républicains sociaux. Sur 259 520 suffrages exprimés, les trois listes manquent pour 4 086 voix la majorité absolue fixée à 129 761 suffrages. Le parti radical avec 24 % des voix et la SFIO avec 21,9 % emportent chacun deux sièges, le Parti communiste, qui totalise 23 % des voix, retrouve les deux sièges qu'il avait perdus en 1951, le dernier revenant à une liste d'Union nationale, menée par Alfred Coste-Floret. Achille Auban retrouve sa place à la commission de la Défense nationale et à la commission des Moyens de communication et du Tourisme. Il est désormais l'expert du groupe parlementaire socialiste pour toutes les questions touchant à l'aéronautique. Dans le débat du 12 juin 1956 sur l'aviation civile et commerciale, il défend particulièrement Air France, la « compagnie nationale », dans le contrat qu'elle a passé avec l'Etat pour l'achat des « caravelles ». Quand, le 17 juin 1957, Maurice Bourges-Maunoury devient président du conseil, Achille Auban est nommé sous-secrétaire d'Etat à l'aviation civile. Il le demeure jusqu'au 30 septembre, date de la chute du Gouvernement.

Au cours de la crise de mai-juin 1958, Achille Auban, au sein de la SFIO, marque son désaccord avec la politique suivie par son secrétaire général, Guy Mollet. Le 1er juin 1958, il vote contre la confiance au général de Gaulle. Sa rupture avec la SFIO s'accomplit pendant l'été. En septembre, avec Raymond Badiou, Achille Auban entre au Parti socialiste autonome et participe à sa création dans la région toulousaine.


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