Charles, Emile Delmas

1834 - 1898

Informations générales
  • Né le 27 mars 1834 à La rochelle (Charente-Inférieure - France)
  • Décédé le 19 octobre 1898 à La rochelle (Charente-Maritime - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 18 octobre 1885 au 14 octobre 1889
Département
Charente-Inférieure
Groupe
Républicain progressiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 6 octobre 1889 au 14 octobre 1893
Département
Charente-Inférieure

Biographies

Député depuis 1885, né à la Rochelle (Charente-Inférieure) le 27 mars 1834, il est le fils de Louis Delmas, pasteur protestant à la Rochelle, et d'Elisabeth-Louise-Gabrielle-Sophie Chapron.

M. Emile Delmas fut élève du lycée de la Rochelle, fit son droit à Paris, et ayant épousé, en 1860, une nièce de M. André Kœchlin, grand industriel alsacien, entra dans la maison de commerce de ce dernier, à Mulhouse. Il quitta cette ville en août 1870, après y avoir organisé des ambulances, se rendit à Paris, s'engagea dans les bataillons de marche du corps d'armée du général Vinoy, et fut décoré de la médaille militaire pour sa conduite pendant le siège. Après l'annexion de l'Alsace à l'Allemagne, il vint habiter la Rochelle, où, avec le concours de ses deux frères, il créa une maison d'armements maritimes, monta également une usine à briquettes, et acquit bientôt une importante situation commerciale.

Membre du conseil municipal de la Rochelle depuis le 6 janvier 1878, membre du conseil général de la Charente-inférieure pour le canton d'Ars-en-Ré depuis le 4 novembre 1877, maire de La Rochelle depuis 1884, M. Delmas a été secrétaire du conseil général, où il a présenté des rapports remarqués sur la création du port en eau profonde de la Palice (actuellement en cours d'exécution), et sur le projet de jonction par canaux de la Loire et de la Garonne; pour ce dernier projet, il fut délégué par le conseil général près de la commission parlementaire des sénateurs et députés du sud-ouest formée ad hoc, et nommé rapporteur de cette commission.

Le 18 octobre 1885, M. Delmas a été élu, au second tour de scrutin, le 7e et dernier, député de la Charente-inférieure par 62,033 voix, sur 124,616 votants et 143,670 inscrits. M. Duchâtel et lui furent les deux seuls élus de la liste républicaine. M. Delmas prit place à gauche, et vota pour les ministères opportunistes qui se succédèrent au pouvoir. En février 1887, il contribua, avec plusieurs sénateurs et députés de la fraction modérée du parti, à l'organisation d'une association de propagande républicaine. En décembre suivant, devant l'inanité des projets de « concentration », il prit, avec un de ses collègues, M. Siegfried, l'initiative de la présentation d'un « programme d'affaires » destiné à rallier toutes les bonnes volontés; ce programme, qui avait pour objet de mettre fin aux luttes personnelles, et de faire l'union sur des réformes pratiques, réunit 163 adhésions, mais n'eut pas d'autre résultat: le 18 mars 1888, le groupe socialiste lança à son tour son programme; la gauche radicale déclara, de son côté, qu'elle poursuivait son propre programme « sans repousser l'idée d'une entente chaque fois qu'elle serait possible. » En mars 1888, sur la discussion du budget de l'instruction publique, M. Delmas, qui n'abuse pas à la tribune d'une réelle facilité de parole, défendit à la tribune le crédit pour les facultés de théologie protestante, crédit qui fut supprimé par la Chambre. Dans la dernière session de la législature, il s'est prononcé:

- pour le rétablissement du scrutin d'arrondissement (11 février 1889),
- pour les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes,
- pour le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse,
- pour les poursuites contre le général Boulanger;

il s'est abstenu au scrutin sur l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution (14 février, chute du ministère Floquet).


Né le 27 mars 1834 à La Rochelle (Charente-Inférieure), mort le 19 octobre 1898 à La Rochelle.

Député de la Charente-inférieure de 1885 à 1893. (Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. II, p. 322.)

Lors des élections générales législatives des 22 septembre et 6 octobre 1889, Emile Delmas se présenta dans la circonscription de La Rochelle et fut élu au second tour de scrutin ; arrivé derrière le conservateur Beaussant, qui avait rassemblé 9.724 voix au premier tour alors qu'il n'en totalisait lui-même que 9.132 sur 19.758 votants, il passa au second tour avec 10.450 voix contre 9.694 à son adversaire, sur 20.286 votants.

Au renouvellement de 1893, il fut battu dès le premier tour, le 20 août, avec un millier de voix de moins (8.605) que l'ingénieur Charruyer qui passa avec 9.700 voix sur 18.698 votants. Il ne fut pas plus heureux quatre ans plus tard, lors des élections des 8 et 22 mai 1898, où le député sortant Charruyer fut élu dès le premier tour de scrutin, avec 10.025 voix sur 19.048 votants, alors qu'il n'en avait totalisé lui-même que 8.702.

A la Chambre, où il siégea à gauche, il appartint à diverses Commissions, dont celle qui fut chargée d'examiner le projet de loi relatif à la navigation intérieure (1890) et celle qui devait examiner le projet de loi sur la marine marchande (1892). Il fut l'auteur d'une proposition de loi tendant à restituer au Code pénal la répression des délits de presse (1889) ainsi que d'une proposition de résolution tendant à inviter la Commission d'enquête sur l'affaire de Panama à déposer son rapport dans les plus brefs délais (1893).

Il se fit entendre dans la discussion d'une proposition de loi, voisine de la sienne, adoptée par le Sénat, rendant aux tribunaux correctionnels la connaissance des délits de presse (1890), dans celle d'un projet, déjà adopté par le Sénat, sur le travail des enfants, des filles mineures et des femmes dans l'industrie, dans celle du tarif général des douanes (1891) ainsi que dans celles d'interpellations sur la situation au Tonkin (1892) et sur le rétablissement de l'ordre dans Paris à la suite des manifestations d'étudiants et de la fermeture de la Bourse du travail (1893). Il participa aussi à la discussion des budgets de 1891 et de 1893 à propos du régime des boissons.

Après son échec aux élections générales de 1893, il conserva son mandat au conseil général de la Charente-Inférieure, dont il était le vice-président, lorsqu'il mourut, à La Rochelle, le 19 octobre 1898, à l'âge de 64 ans. Son fils, Marcel, était le gendre de Waddington, sénateur de la Seine-Inférieure.