Jamel (Djamel-Eddine dit) Derdour

1907 -

Informations générales
  • Né le 4 mars 1907 à Bône (Algérie)
  • Décédé à une date inconnue

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Anciens départements d'Algérie
Groupe
Triomphe des libertés démocratiques en Algérie

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 4 mars 1907 à Bône (département de Constantine)

Député de Constantine de 1946 à 1951

Originaire de Bône, Jamel Derdour poursuit des études d'odontologie à la Faculté de médecine de Marseille. Il en sort diplômé et s'établit comme chirurgien dentiste en Algérie. Dès sa jeunesse, il s'est également distingué dans le domaine sportif. Médaille d'or d'éducation physique, il a été quelques temps footballeur professionnel au Red star olympique et à l'AS Cannes. Dès ses études, il milite également au sein des organisations nationalistes liées à Messali Hadj. En 1944, il est trésorier et membre de la direction du Parti populaire algérien clandestin. Le 16 avril 1945, il est élu membre du bureau des Amis du manifeste de la liberté pour le Constantinois et, à ce titre, participe à la rédaction du tract « Appel aux Français contre la déportation de Messali Hadj ». Aussi, lors des événements du 8 mai 1945 en Algérie, Jamel Derdour est-il emprisonné. Il aurait été exécuté dès le lendemain de son arrestation sans une disposition de la loi pénale qui interdit qu'on fasse sortir quelqu'un de prison sans l'autorisation du juge d'instruction. Le 8 octobre suivant, il est condamné pour reconstitution de ligue dissoute à deux ans de prison et 60 000 F d'amende. Après l'amnistie et sa libération, il peut se présenter aux premières élections législatives de la IVe République. Il figure en troisième position sur la liste du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (M.T.L.D.), nouveau nom du parti fondé par le leader nationaliste Messali Hadj. Dans le deuxième collège de la deuxième circonscription du département de Constantine, cette liste arrive nettement en tête avec 37 939 voix sur 44 521 suffrages exprimés, devant la liste communiste, seule concurrente (6 582 voix). Aussi Jamel Derdour est-il proclamé élu ainsi que ses deux colistiers. Le nouveau député de Constantine appartient à la Commission de la marine marchande et des pêches, puis, à partir de 1948, à celles de l'éducation nationale et des territoires d'outre-mer. En novembre 1947, Jamel Derdour est également élu conseiller municipal de Constantine. Parallèlement, il appartient à la direction nationale de son parti. Au sein de celui-ci, il fait partie de la minorité qui voulait donner une issue légale à la question algérienne. S'il ne dépose aucun texte législatif, en revanche il participe à six reprises aux débats parlementaires. La première occasion de ces interventions est fournie par l'examen des opérations électorales en Algérie, le 31 janvier 1947. Il dénonce l'ingérence de l'administration dans l'établissement des listes de candidatures, ce qui a empêché certains candidats de son parti, condamnés politiques, de figurer dans la compétition électorale. Il réitère ses critiques à propos des élections dans le département d'Alger. Lors de la discussion sur le statut organique de l'Algérie le 20 août 1947, Jamel Derdour dresse un réquisitoire complet contre le système administratif colonial prévalant selon lui jusqu'alors dans son pays natal. La peinture très noire qu'il fait de l'oppression subie par les musulmans suscite diverses interruptions des députés de droite et du centre et un échange de propos assez vifs avec le ministre de l'intérieur lorsque Jamel Derdour compare les méthodes des interrogatoires infligés par les policiers français aux musulmans à celles de la Gestapo. Il fait également un procès en règle des procédures judiciaires prévalant en Algérie et de l'insuffisance de l'enseignement destiné aux « indigènes ». Le député de Constantine conclut en récusant le statut proposé et en demandant une « assemblée Constituante algérienne, souveraine, élue au suffrage universel, sans distinction de race ou de religion, seule habilitée pour doter l'Algérie de la Constitution qui lui convient ».

Sa dernière intervention importante a lieu lors de la discussion du projet de loi portant autorisation d'un programme de réarmement amendé par le Conseil de la République (8 janvier 1951). Il en profite pour dénoncer les conditions de déroulement de la campagne électorale en cours en Algérie. Le 13 mars suivant, il revient à la charge à propos de la non-application des dispositions du statut de l'Algérie en ce qui concerne la suppression des communes mixtes et de l'indépendance du culte musulman à l'égard de l'Etat. Jamel Derdour ne se représente pas aux élections de 1951 et se consacre à ses recherches médicales sur le milieu buccal qu'il présente dans plusieurs publications savantes.



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