Gabriel Dufaure

1846 - 1914

Informations générales
  • Né le 17 août 1846 à Anvers-saint-georges (Seine-et-Oise - France)
  • Décédé le 1er avril 1914 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 3 septembre 1893 au 31 mai 1898
Département
Charente-Inférieure
Groupe
Action libérale

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 17 août 1846 à Anvers-Saint-Georges (Seine-et-Oise), mort le 1er avril 1914 à Paris.

Député de la Charente-Inférieure de 1893 à 1898.

Jules Dufaure, ministre qui eut son heure de gloire, devait léguer à ses deux fils la passion de la politique. L'aîné Gabriel naquit le 17 août 1846 au Château de Gillevoisin près d'Etampes.

Elève à l'Ecole des mines, en 1870, il s'engagea pour la durée de la guerre et combattit dans les rangs du 6e bataillon de mobilisés pour la défense de Paris. Puis, réintégrant l'Ecole des mines, il en sortit ingénieur en 1871 et fut nommé rapidement ingénieur des Chemins de fer à la compagnie des Charentes.

Ses propriétés familiales le firent s'intéresser rapidement à l'agriculture et plus particulièrement à la reconstitution du vignoble saintongeais. Il en a donné le dernier exemple dans la terre ancestrale de Vizelles où il résidait. Ses préoccupations agricoles l'amenèrent à participer à de nombreuses associations, telles que la société des agriculteurs de France, la société d'économie rurale et les comices agricoles de Saintes dont il fut même le vice-président. Et, toujours passionné par ces problèmes, il publia plusieurs brochures, notamment sur la condition des ouvriers agricoles.

C'est aux élections générales des 20 août et 3 septembre 1893 qu'il se présenta pour la première fois à la députation comme candidat conservateur dans l'arrondissement de Saintes. Sur 11.959 votants, il devait recueillir 3.951 voix au premier tour de scrutin contre 3.393 à son adversaire immédiat Denis, républicain libéral, et 3.261 à Nicolle, républicain.

Au deuxième tour, il fut élu par 6.052 voix contre 5.619 à son rival Denis. Il remplaçait ainsi M. Jolibois, conservateur qui ne s'était pas représenté.

En 1895, il fut élu conseiller général du canton de Cozes dans la Charente-Inférieure et devait le rester jusqu'en 1906.

Aux élections générales législatives des 8 et 22 mai 1898, il fut battu au deuxième tour de scrutin avec 6.294 voix par son ancien adversaire Denis qui en obtint 7.384 sur 13.801 votants. Il avait bénéficié de la stabilité conservatrice, mais un léger glissement à gauche lui fut fatal. Il ne devait pas se représenter.

A la Chambre, il s'affirma comme conservateur libéral, réclamant la décentralisation communale et luttant farouchement pour la défense de l'agriculture.

Il fit partie de diverses Commissions, notamment en 1894 de la Commission pour la réforme générale de l'impôt. II intervint lors de l'interpellation de E. Lockroy sur la marine française, et lors du budget de l'exercice de 1895 en faveur d'une proposition de résolution tendant à la nomination d'une Commission sur la décentralisation de l'organisation judiciaire.

Mais il devait surtout s'intéresser aux Chemins de fer (en tant qu'ingénieur), à l'agriculture et à la décentralisation. Il intervint en effet de nombreuses fois sur le statut du personnel des Chemins de fer, et sur leur réorganisation elle-même.

Il prit également part à la discussion sur l'ajournement de la répartition des contributions directes et des centimes additionnels pour 1898, et sur les réclamations faites aux communes concernant l'impôt de 4 % sur les prêts du Crédit foncier. Toujours dans le domaine fiscal, il fut entendu dans le projet de réforme des patentes, mais c'est aux bouilleurs de cru qu'il devait se consacrer à plusieurs reprises : d'abord en 1895, lors de la discussion sur la réforme de l'impôt des boissons, puis en 1896 contre les vins artificiels, et enfin sur le régime des sucres.

Il fut enfin un des premiers à protester contre les Sociétés de Crédit agricole qui avaient été constituées ; il les estimait illégales et pensait que le crédit devait être distribué aux victimes de la sécheresse.

Ayant abandonné toute charge publique en 1906, il devait s'éteindre à Paris le 1er avril 1914, sans avoir connu le début du premier conflit mondial. Il avait 68 ans.