Louis, Marie, Edouard Dumat

1901 - 1975

Informations générales
  • Né le 24 décembre 1901 à Nantes (Loire-Inférieure - France)
  • Décédé le 28 février 1975 à Nantes (Loire-Atlantique - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 29 avril 1928 au 31 mai 1932
Département
Seine
Groupe
Union républicaine démocratique
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Citoyens français du Maroc
Groupe
Parti républicain de la liberté

Biographies

Né le 24 décembre 1901 à Nantes (Loire-Inférieure).

Député de la Seine de 1928 à 1932.

Député représentant les Français du Maroc à la première Assemblée Nationale Constituante en 1945.

Fils d'un agent de change, ancien officier de la Légion étrangère, Louis Dumat naquit à Nantes le 24 décembre 1901. Après avoir fait ses études à l'école de Pontlevoy et à l'école Sainte-Geneviève, il passa par l'école spéciale des travaux publics et, de 1924 à 1927, se spécialisa dans l'exportation-importation avant de se diriger vers la publicité à partir de cette dernière date. Il occupa alors successivement les postes de directeur-administrateur du Moniteur officiel du commerce et de l'industrie (1933-1934), de secrétaire général du Commissariat français à l'exposition de Bruxelles de 1935, de directeur des informations du poste radio-colonial (1935-1936), de directeur de la publicité de Marie-Claire (1936-1937), puis de l'Epoque (1937-1939). Pendant la période de l'occupation en France, il partit au Maroc où il fut directeur de sociétés en 1941-1942, puis de 1945 à 1956, et conseiller du commerce extérieur de la France. Il aura au Maroc une certaine activité publique : il représentera d'abord les Français du Maroc à la première Assemblée Nationale constituante en 1945 puis, de 1947 à 1956, sera conseiller du Gouvernement au Maroc, président de la Fédération des délégués du troisième Collège, conseiller municipal de Casablanca en 1948 et directeur politique de la Presse marocaine.

C'est le 22 avril 1928 que cet ancien militant des Jeunesses patriotes de Pierre Taittinger se présente, lors des élections générales législatives, dans la deuxième circonscription du 14e arrondissement de Paris, au suffrage des électeurs qui feront de lui le plus jeune député de la législature. Ce sera une élection très serrée : au premier tour de scrutin, en effet, Barbé arrive en tête avec 5.097 voix, suivi de Dumat à 43 voix d'écart avec 5.054 suffrages, de Graziani 4.372 et 2.705 à Gruny, sur 17.792 votants ; au second tour, le 29 avril, on se trouve en présence d'une élection triangulaire particulièrement disputée : Louis Dumat triompha avec 5.915 voix contre 5.678 à Barbé et 5.498 à Graziani sur 17.314 votants ; aux élections générales des 1er et 8 mai 1932, au premier tour de scrutin, il peut espérer une prochaine victoire : il obtient en effet près de 6.000 voix, 5.989 exactement, contre 4.299 au socialiste Graziani et 4.262 au communiste Mauvais, 2.684 voix se portant sur trois autres candidats qui ne se maintiendront pas au second tour, sur 18.200 votants ; le 8 mai, le candidat communiste perd du terrain et n'obtient, sur 17.550 votants, que 2.956 suffrages, alors que Graziani va l'emporter de 25 voix seulement, en totalisant 7.235 bulletins contre 7.210 à Louis Dumat qui dut s'incliner. Aux élections des 26 avril et 3 mai 1936, Louis Dumat cherche de nouveau à prendre sa revanche ; encore une fois en tête au premier tour de scrutin avec 6.600 voix sur 19.464 votants, contre 6.294 au communiste Croizat et 5.432 au député socialiste sortant Graziani, il sera battu au second tour ; le 3 mai, en effet, Graziani s'étant désisté en faveur d'Ambroise Croizat, mieux placé celui-ci totalise 10.935 voix sur 19.141 votants et est élu alors que Dumat n'en rassemble que 7.654.

Républicain d'union nationale et sociale, il se prononce pour une République d'ordre et de liberté, plaçant « au dessus de toute préoccupation politique... les intérêts de la défense nationale, l'amour de la Patrie et du drapeau ». Protectionniste en matière économique, il paraphrasait la maxime célèbre du baron Louis en disant « Pas de bonnes affaires sans bon Gouvernement » ; il réclamait aussi « le vote et l'éligibilité des femmes, ainsi qu'une... représentation corporative » et familiale. Il s'inscrivit au Palais Bourbon au groupe de l'Union républicaine démocratique (U.R.D.) et fut d'emblée le secrétaire d'âge de la Chambre, en 1928 et en 1929 ; il fut secrétaire de la Chambre en 1931 et en 1932. Sa première proposition de loi fut, en 1929, pour demander que le jour des obsèques du maréchal Foch fût jour de deuil national ; il déposa la même année une autre proposition de loi tendant à exonérer de toutes les taxes prévues par la loi du 13 août 1926 les affiches sur papier, imprimées ou manuscrites ; en 1931 il demanda, dans une proposition de résolution, la constitution d'un corps autonome de « chars de combat et de la motorisation » ; la même année, ses deux dernières propositions de loi concernèrent un complément à apporter au règlement des offices d'H.B.M. et une modification au tarif des douanes pour y comprendre le mercure. Ce fut lui qui rapporta, toujours en 1931, les projets de loi concernant l'introduction en Alsace-Lorraine du Codex français et des mesures relatives à l'exercice de la pharmacie ; spécialiste des questions du travail - il avait été nommé, en 1928, membre de la Commission supérieure du travail - il eut aussi à rapporter la proposition de loi Amidieu du Clos sur la protection de la main-d'œuvre nationale, mesure qui fut définitivement adoptée dans la législature suivante et devint la loi du 10 août 1932 ; il rapporta enfin une proposition de loi modifiant le Code du travail qui, bien qu'adoptée par le Sénat et discutée par la Chambre, n'aboutit pas.

Il monta assez souvent à la tribune et participa, à des titres divers (travail, hygiène, guerre, affaires étrangères, P.T.T., imprimerie nationale), à la discussion des budgets de la législature, c'est-à-dire ceux des exercices 1929, 1930, 1931-1932, 1932. Ses interventions à la tribune furent de deux sortes : d'une part dans les débats relatifs aux questions de logement (programme de construction d'H.B.M. en 1928, baux ruraux en 1929, sort des locataires commerciaux ou industriels menacés d'expulsion en 1930), à la politique étrangère (ratification du pacte Kellog en 1929), à l'aménagement des fortifications de Paris (1930), aux entreprises de navigation aérienne ou à la loi concernant la protection de la main-d'œuvre nationale (1931) dont il était le rapporteur. Mais, d'autre part, son tempérament l'inclinait volontiers à user de l'interpellation et c'est sous cette forme que ses interventions furent les plus nombreuses : dès 1928, il demanda à interpeller sur l'électrification des campagnes ; il interpella, en 1929, le Gouvernement sur les incidents qui s'étaient produits au camp de Châlons la même année, et en 1930, sur les mesures à prendre pour empêcher et la mainmise étrangère sur la grande industrie et le grand commerce et les ingérences étrangères dans nos organisations vitales ; il demanda à interpeller à propos du respect de la liberté que la tradition française doit offrir aux réfugiés politiques ; toujours en 1930, il intervint au cours d'une interpellation sur les mesures destinées à protéger la liberté de parole et de réunion ; en 1931, il entreprit de relancer, par une demande d'interpellation, la question de la protection de la main-d'œuvre nationale et déposa une autre demande à propos des projets d'emprunts allemands, se plaignant que les banques consentissent de gros intérêts aux Allemands et des petits pour les ressortissants nationaux ; il proposa, et défendit, un ordre du jour au cours d'une interpellation concernant les propositions américaines ayant trait aux dettes de guerre ; il déposa, puis retira, une demande d'interpellation sur la liberté de la presse et participa à des interpellations sur le chômage. Sa dernière intervention sera pour manifester son opposition au vote sans débat d'un projet de loi concernant la retraite des anciens combattants.

Après ses tentatives de 1932 et 1936 pour récupérer son siège de député, il ne retrouvera le Palais Bourbon qu'en 1945 pour représenter les Français du Maroc à la première Assemblée nationale constituante. Il y fut élu lors des élections du 21 octobre 1945, avec 19.213 suffrages sur 68.550 votants, tête et seul élu de la liste d'action patriotique «France d'abord ». Mais le 2 juin 1946, lors de la désignation des membres de la deuxième Assemblée nationale constituante, la liste d'Union antimarxiste et du Parti républicain de la liberté ne rassembla assez de voix que pour avoir un seul représentant et Louis Dumat était le troisième de cette liste. A part une intervention vigoureuse et discutée pour expliquer son attitude lors de la désignation du chef du Gouvernement provisoire en novembre 1945, il ne prit qu'une part minime aux travaux de cette Assemblée.

Après son échec de juin 1946, Louis Dumat, sous l'étiquette des républicains indépendants, tenta de nouveau sa chance à Paris, lors de l'élection législative partielle des 7 et 21 décembre 1952 destinée à pourvoir, dans la première circonscription de la Seine, au remplacement de Louis Rollin, décédé. Il obtint au premier tour de scrutin 12.653 voix sur 259.406 votants ; il ne se maintint pas au second tour. Lors des élections générales du 2 janvier 1956, il était le quatrième de la liste d'Union des indépendants, A.R.S. et Républicains nationaux présentés par le Centre national des Indépendants paysans et A.R.S. menée par Frédéric-Dupont qui eut deux élus : il obtint 101.000 voix sur 470.849 votants mais ne put retrouver son siège au Palais Bourbon.

Secrétaire perpétuel de l'Académie de la Paix depuis 1962, il est exploitant agricole en Dordogne depuis 1964.




Né le 24 décembre 1901 à Nantes (Loire inférieure)
Décédé le 28 février 1975 à Nantes (Loire atlantique)

Député de la Seine de 1928 à 1932
Membre de la première Assemblée nationale Constituante (Français du Maroc)

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome IV, p. 1547 et 1548)

Pendant l'Occupation, Louis Dumat apporte son concours au nouveau régime - il portera la francisque - mais se voit contraint de quitter Vichy en 1941, à la demande des autorités allemandes. Il gagne alors le Maroc où il travaille dans le monde des affaires.

Aux élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale Constituante il conduit au Maroc la liste d'action patriotique France d'abord qui, arrivée en tête avec 29 % des suffrages exprimés, obtient un des trois sièges à pourvoir.

Membre de la Commission de la presse, de la radio et du cinéma, Louis Dumat prend part à la discussion d'interpellations sur la liberté de la presse (13 mars 1946).

Apparenté au groupe d'unité républicaine puis à celui du parti républicain de la liberté, il vote contre les nationalisations et, le 19 avril 1946, s'oppose au texte proposé comme Constitution de la IVe République qui sera rejeté par le référendum du 5 mai 1946. Il se singularise le 13 novembre 1945 en étant le seul député à ne pas prendre part au vote sur l'élection du Général de Gaulle à la présidence du Gouvernement provisoire de la République française, élu à l'unanimité des 555 votants.

Il se représente aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée nationale Constituante mais il ne figure qu'en troisième position sur la liste d'union antimarxiste et du parti républicain de la liberté qui n'obtient qu'un seul siège.

Louis Dumat n'abandonne pas le Maroc pour autant : conseiller du Gouvernement, président des délégués du troisième collège, élu conseiller municipal de Casablanca en 1948, il est directeur politique du journal « La presse marocaine ».

A deux reprises, il tente de retrouver un mandat parlementaire. Tout d'abord à l'élection législative partielle organisée les 7 et 21 décembre 1952 dans la première circonscription de la Seine à la suite du décès de Louis Rollin (indépendant). N'obtenant qu'un peu moins de 5 % des suffrages exprimés au premier tour, il se retire.

Ensuite le 2 janvier 1956, dans cette même circonscription, en quatrième position sur la liste des indépendants, conduite par Edouard Frédéric-Dupont, qui obtiendra deux sièges.

Il meurt à Nantes le 28 février 1975.



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