Raymond dit Gérard Duprat

1912 - 1980

Informations générales
  • Né le 4 octobre 1912 à Saint-pierre- de-mons (Gironde - France)
  • Décédé le 3 octobre 1980 à Pessac (Gironde - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Lot-et-Garonne
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Lot-et-Garonne
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 4 octobre 1912 à Saint-Pierre-de-Mons (Gironde)
Décédé le 3 novembre 1980 à Pessac (Gironde)

Député du Lot-et-Garonne de 1946 à 1951 et de 1956 à 1958

Raymond, dit Gérard Duprat, est né le 4 octobre 1912 à Saint-Pierre-de-Mons, une petite commune rurale proche de Langon (Gironde) où ses parents, cultivateurs, exploitaient une ferme au lieu-dit le Canard. Il travaille d'abord comme coiffeur, puis comme ouvrier du bâtiment et, dans le même temps, entre au syndicat C.G.T., dont il devient un membre actif. En 1934, il épouse Héliane Labat, née en 1911. Secrétaire du syndicat du bâtiment du Lot-et-Garonne, il est d'abord membre du parti socialiste S.F.I.O. où il milite pour le rapprochement avec le parti communiste.

Il adhère au parti communiste en 1940. Bientôt entré dans la clandestinité, Gérard Duprat prend une part très active à la lutte contre l'occupant allemand, notamment comme responsable départemental du mouvement de Résistance, Libération. Il est ensuite responsable régional et membre du Comité national du Front national, et dans le même temps, secrétaire à la presse et à la propagande du parti communiste clandestin pour Toulouse et sa région. Cet engagement le conduit, après la Libération, à l'action proprement politique.

Lors des élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale Constituante, Gérard Duprat figure en troisième position sur la liste emmenée pour le parti communiste par Hubert Ruffé dans le Lot-et-Garonne, mais, avec 38 684 voix sur 115 731 suffrages exprimés (33 % des voix), les communistes n'obtiennent qu'un seul des trois sièges à pourvoir dans ce département. A la suite du rejet du projet de Constitution par le référendum du 5 mai 1946, une seconde Assemblée nationale Constituante doit être convoquée, et Gérard Duprat se présente à nouveau, toujours en troisième position sur la liste communiste emmenée par Hubert Ruffé devant les électeurs du Lot-et-Garonne. Avec 40 816 voix sur 123 262 suffrages exprimés (33 % des voix), le parti communiste ne conserve cependant toujours qu'un seul siège.

Le projet de Constitution ayant enfin été entériné par le référendum du 27 octobre 1946, il peut être procédé à l'élection d'une Assemblée nationale législative. Quatre sièges sont désormais à pourvoir dans le département du Lot-et-Garonne où Gérard Duprat se présente à nouveau devant les électeurs, en seconde position sur la liste du parti communiste toujours conduite par Hubert Ruffé, député sortant. Avec 42 065 voix sur 117 390 suffrages exprimés, la liste communiste améliore son score (36 % des voix) et réussit à emporter deux sièges : Gérard Duprat est donc élu député du Lot-et-Garonne pour la première législature de la IVe République (10 novembre 1946).

Le nouvel élu communiste apparaît rapidement comme un député particulièrement actif. Membre des Commissions de la famille, de la population et de la santé publique (1946), du ravitaillement (1947) et du travail et de la sécurité sociale (1948-1951), il est également suppléant de la Commission d'instruction sur la Haute cour de justice (1946) et juré à cette dernière (1948).

Gérard Duprat, qui ne dépose, au cours de la législature, pas moins de trente-cinq textes, oriente tout particulièrement son travail vers les problèmes de salaires, retraites, protection sociale, défense des économiquement faibles et des mutilés du travail etc... Il est à l'origine de plusieurs propositions de loi ou de résolution tendant notamment à accélérer l'étude du problème des zones de salaires, à réduire l'abattement de ces zones d'un maximum de 25 % à un maximum de 15 %, puis à supprimer tout abattement. Le 10 mars 1949, Gérard Duprat dépose également une proposition de loi visant au retour à la semaine de 40 heures, et à modifier le mode de calcul du minimum vital. Il renouvelle sa demande par sa proposition de loi du 20 juillet suivant.

Ses nombreuses interventions en séance se rapportent en majorité à ces mêmes problèmes, mais aussi à des questions de politique plus générale. A l'origine, le 3 juin 1949, d'une demande d'interpellation sur l'amélioration du fonctionnement de la sécurité sociale, il la développe longuement dans la séance du 10 juillet suivant. De même il intervient largement sur les problèmes des économiquement faibles (29 novembre et 14 décembre 1949), des incendies de forêts des Landes (19 janvier 1950), etc.

Le projet de loi sur la répression des actes de sabotage doit venir en discussion à la fin de la séance du 3 mars 1950, ce que le parti communiste est décidé à retarder ou à empêcher. Au moment du vote sur un projet de loi concernant les élections aux conseils d'administration des organismes de sécurité sociale et d'allocations familiales, Gérard Duprat demande la parole, ce qui lui est refusé par Marcel Roclore, alors président de séance. Suit un incident confus, au cours duquel le député du Lot-et-Garonne s'empare de la tribune avec l'aide d'Arthur Musmeaux, député communiste du Nord. Une échauffourée a lieu et la séance est suspendue pendant dix minutes durant lesquelles le Bureau de l'Assemblée se réunit.

Lors de la reprise de séance, sous la présidence d'Edouard Herriot, président de l'Assemblée nationale, celui-ci informe l'Assemblée des décisions de son Bureau : demander la censure avec exclusion temporaire contre les deux députés communistes (en vertu de l'article 107 du Règlement), et informer le procureur général du délit commis dans le palais de l'Assemblée (article 110). A la suite de cette déclaration, le député communiste du Lot-et-Garonne présente très longuement sa défense par un exposé émaillé de nombreux incidents au cours duquel il met en cause certaines personnalités impliquées dans « l'affaire des généraux » - la divulgation du rapport confidentiel du chef d'Etat-major général, le général Revers, concernant la situation au Vietnam et la découverte de listes de personnalités politiques ou militaires citées à propos de cette divulgation. Après plusieurs rappels à la question, le président Edouard Herriot retire, en vertu de l'article 43 du Règlement, la parole à l'orateur Gérard Duprat, puis fait voter, par assis et levé, la censure avec exclusion temporaire à son égard. Devant le refus du député du Lot-et-Garonne de quitter l'Assemblée, il est fait appel au commandant militaire du Palais. Celui-ci, après les trois sommations réglementaires, fait évacuer l'hémicycle par une compagnie de gardes républicains. La même procédure est suivie à l'encontre d'Arthur Musmeaux et la séance peut reprendre à 3 heures du matin. Gérard Duprat siègera à nouveau à l'Assemblée à partir du 17 mai 1950.

Il se conforme, lors des grands scrutins, à la position de son groupe parlementaire. Opposé à la confiance au Gouvernement lors du scrutin du 4 mai 1947, à la suite duquel Paul Ramadier se séparera de ses ministres communistes, Gérard Duprat se prononce contre le projet de loi sur le statut de l'Algérie (27 août), mais appuie la nationalisation des écoles des houillères (14 mai 1948). Défavorable à l'intégration occidentale, il vote contre la ratification du plan Marshall (7 juillet 1948), la constitution du Conseil de l'Europe (9 juillet 1949), et la formation du Pacte de l'Atlantique (26 juillet). Enfin, le 7 mai 1951, il s'oppose à la réforme électorale instituant le scrutin de liste majoritaire départemental à un tour avec apparentements.

A l'occasion du scrutin législatif du 17 juin 1951, des apparentements ont été conclus en Lot-et-Garonne, entre les listes S.F.I.O., R.G.R. et radicale-socialiste, R.G.R.I.F., M.R.P. et U.I.P.R.N. Gérard Duprat sollicite le renouvellement de son mandat, se présentant toujours en seconde position sur la liste communiste conduite par Hubert Ruffé dans ce département. La tête de liste obtient 40 314 voix et lui-même 40 340 voix sur 119 346 suffrages exprimés (34 % des voix), mais le système de l'apparentement fait perdre au parti communiste ses deux sièges au profit de la S.F.I.O., du R.G.R. et du M.R.P. Gérard Duprat reviendra sur les conditions de ce scrutin dans ses engagements électoraux de 1956 :

« En 1951, alors que les électrices et les électeurs lui avaient accordé la première place en Lot-et-Garonne avec plus de 40 000 voix, son siège de député lui est volé par les mal-élus des apparentements, à qui il avait suffi d'obtenir 11000 voix pour être élus (...). Quatre mois après le scrutin de voleurs de juin 1951, Gérard Duprat fut triomphalement élu conseiller général de Casteljaloux ».

De fait, Gérard Duprat devient, le 7 octobre 1951, conseiller général du Lot-et-Garonne (canton de Casteljaloux), avec 1401 voix sur 2 386 suffrages exprimés, et il conservera ce siège jusqu'en 1958. Egalement devenu en 1952 premier secrétaire de la fédération communiste du Lot-et-Garonne, il est, selon sa formule, « candidat de principe » aux élections sénatoriales du 19 juin 1955, mais, avec 101 voix sur 772 suffrages exprimés, ne peut être élu.

Le 2 décembre suivant, l'Assemblée nationale est dissoute. Gérard Duprat entreprend donc de reconquérir son siège de parlementaire lors des élections anticipées du 2 janvier 1956 pour la troisième législature de la IVe République, et se présente en seconde position, toujours derrière Hubert Ruffé, sur la liste communiste du Lot-et-Garonne. Ses engagements électoraux attaquent notamment le système des apparentements :

« La majorité des « apparentés » croulant de toutes parts devant le mécontentement du peuple, le Gouvernement a décidé la dissolution du Parlement (...). Le parti communiste a combattu les apparentements de 1951 qui l'ont privé de 60 à 80 sièges et ont contribué à une politique de réaction dans tous les domaines (...). Le peuple français aspire à un changement profond de la politique du pays... »

Malgré la conclusion de trois accords d'apparentements dans le département, le parti communiste réussit à reprendre deux des quatre sièges à pourvoir et Gérard Duprat est donc à nouveau élu, avec 40 569 voix sur 131032 suffrages exprimés (31 % des voix). Nommé, à l'Assemblée, membre de la Commission des affaires étrangères (1956-1957), il en est élu secrétaire (10 février 1956) et siège en outre à la Commission des territoires d'Outre-mer (1956-1957). Enfin il est également membre suppléant de la Commission des finances (1956-1957).

Le député du Lot-et-Garonne est à l'origine, le 5 juillet 1956, d'une proposition de résolution pour faire reconstruire le magasin de tabacs en feuilles de Tonneins (Lot-et-Garonne), détruit par un incendie. Il intervient en outre à plusieurs reprises dans les débats parlementaires, notamment à propos des événements de Hongrie (18 décembre 1956) et de la construction européenne (5 et 6 juillet 1957).

Favorable à l'investiture de Guy Mollet (31 janvier 1956) et au programme de réformes en Algérie (12 mars), Gérard Duprat s'abstient volontairement, le 5 juin suivant, lors du scrutin sur la politique générale du Gouvernement en Afrique du Nord. Il se prononce, le 12 juin 1957, contre l'investiture au gouvernement Bourgès-Maunoury, puis contre le plan de développement de l'énergie atomique (2 juillet) et contre la ratification des traités instituant la C.E.E. et l'Euratom (9 juillet). Le 30 septembre 1957, il refuse la confiance au Gouvernement lors du scrutin sur le projet de loi-cadre sur l'Algérie (scrutin qui entraîne la chute du cabinet Bourgès- Maunoury), et s'abstient volontairement lors du vote d'investiture du gouvernement Pierre Pflimlin (13 mai 1958).

Enfin, favorable à l'état d'urgence sur le territoire métropolitain (16 mai) et à la résolution tendant à décider la révision de certains articles de la Constitution (27 mai), il vote contre la confiance au général de Gaulle (1er juin), contre les pleins pouvoirs et contre la révision constitutionnelle (2 juin).



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