Paul Dussaussoy

1860 - 1909

Informations générales
  • Né le 6 janvier 1860 à Dunkerque (Nord - France)
  • Décédé le 15 mars 1909 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 3 septembre 1893 au 31 mai 1898
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Action libérale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 22 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Action libérale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 20 mai 1906 au 15 mars 1909
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Action libérale

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 6 janvier 1860 à Dunkerque (Pas-de-Calais), mort le 15 mars 1909 à Paris 16e.

Député du Pas-de-Calais de 1893 à 1902 et de 1906 à 1909.

Descendant d'un député de la monarchie de Juillet, fils de Paul Dussaussoy, député de tendance bonapartiste de la IIIe République, Paul Dussaussoy appartenait à une famille de grands industriels de la région du Nord. Avocat à la Cour d'appel de Paris, il représentait depuis 1889 le canton de Marquise au Conseil général du Pas-de-Calais.

C'est aux élections générales législatives des 20 août et 3 septembre 1893 qu'il brigua pour la première fois un siège de député dans la deuxième circonscription de Boulogne. Ce fut, pour les deux tours de scrutin, une élection triangulaire. En tête, au premier tour, avec 6 431 voix sur 17 406 votants, 5 387 voix allant au député sortant républicain Boulanger-Bernet et 5 361 au socialiste Delcluze, il l'emporta au second tour par 6 858 suffrages sur 18 070 votants, Delcluze en obtenant 5 846 et Boulanger-Bernet 5 294.

En 1918, largement en tête au premier tour de scrutin, le 8 mai, avec 7 799 voix sur 18 387 votants contre 4 918 à Delcluze, 3 217 à Villain et 2 319 à Letailleur, il est réélu le 22 mai, au second tour, avec 8 430 voix contre 8 007 à Delcluze sur 16.755 votants.

Au renouvellement de 1902, il subira un échec. Très largement en tête cependant au premier tour de scrutin, le 27 avril, avec 8 105 voix sur 18 967 votants, contre Mill 4 632 voix, Degay 3 117 et Delcluze 2 898, il est battu de peu, à la faveur des désistements, au scrutin de ballottage du 11 mai. Louis Mill l'emporte avec 9 983 voix sur 19 374 votants, lui-même n'ayant rassemblé que 9 239 suffrages, soit un écart de 744 bulletins seulement.

Il prendra sa revanche en 1906 mais encore une fois au scrutin de ballottage. Toujours en tête au premier tour, le 6 mai, avec 7 168 voix sur 20 212 votants, 5 385 à Degay, 4 032 à Boulanger et 2 467 à l'obstiné Delcluze - dont la persévérance sera enfin récompensée après la mort de Dussaussoy - il est réélu le 20 mai avec 10 877 voix sur 20 698 votants, contre Degay qui en rassemble 9 493.

« Partisan sincère de la République », le programme qu'il propose à ses électeurs met résolument l'accent sur les réformes sociales, il verrait volontiers le Sénat élu au suffrage universel et la Chambre au scrutin de liste avec représentation proportionnelle ; il demande aussi « la suppression de l'odieux privilège des bouilleurs de cru ».

Inscrit à la Chambre au groupe de l'Action libérale, il appartint à diverses Commissions, dont celle de la marine en 1898 et celle des jeux en 1907. Auteur d'une proposition de loi d'intérêt local (1894) il en déposa une autre tendant à rendre les syndicats capables de devenir propriétaires d'immeubles et de recevoir des donations (1895) ; sa proposition de loi tendant à modifier les lois du 26 mars 1891 et du 15 juillet 1889 relatives au recrutement fut adoptée par le Parlement et devint la loi du 1er mai 1897. La même année, il présenta un projet de résolution réglementaire concernant l'affichage des discours ainsi qu'une proposition de loi concernant les dispenses de deux années de service militaire pour certaines recrues. Il déposa en 1898 une proposition de loi tendant à changer le mode électoral du Sénat, en 1899 une seconde reprenant sa proposition de la législature précédente sur les dispenses de service militaire, ainsi, la même année, qu'une troisième tendant à modifier les règles de procédure en matière de décisions prises par les conseils départementaux de l'instruction primaire statuant disciplinairement et pour laquelle il demanda la déclaration d'urgence. Au cours de son troisième mandat, il déposa une proposition de loi tendant à accorder le droit de vote aux femmes, mais uniquement pour les élections des conseillers municipaux, des conseillers d'arrondissement et des conseillers généraux.

Ses interventions à la tribune portèrent surtout sur des questions budgétaires. Il ne manqua, en effet, d'intervenir dans la discussion d'aucun des budgets au cours de ses trois mandats, longuement souvent, proposant des amendements qui connurent des fortunes diverses. Il participa ainsi à la discussion des budgets des exercices 1895 (Colonies, Guerre : suppression du corps du contrôle, Marine), 1896 (Colonies, loi de finances : établissement d'une taxe sur les bateaux de plaisance), 1897 (Travaux publics, Guerre, loi de finances), 1898 (loi de finances : les sociétés anonymes de crédit et l'impôt), 1899 (Intérieur, Guerre : suppression des contrôleurs des armées, Finances), 1900 (Finances, fabrication des allumettes, Guerre, Marine), 1901 (loi de finances), 1902 (Commerce, Finances), 1907 (Agriculture, Justice, Beaux-arts, Monnaies et médailles, Guerre), 1908 (Postes et téléphones), 1909 (Intérieur : Journaux officiels).

En outre, il défendit à la tribune les marins et leurs familles éprouvés par les récentes tempêtes (1893, 1894) ainsi que les victimes d'orages et des inondations de la région du Nord (1894) ; il intervint dans la discussion d'une interpellation sur le contrôle de l'exploitation des chemins de fer (1894), s'intéressa à la question des viandes frigorifiées, aux sociétés de secours mutuel, à l'Exposition universelle de 1900 (1896) et à l'affichage des discours à la Chambre.

Pendant la législature suivante, il monta à la tribune à propos de la discussion du projet de loi tendant à étendre les opérations de la Caisse nationale d'assurances en cas d'accidents (1899) ; il se fit aussi entendre à propos de l'exclusion de l'enseignement de tout individu affilié à la franc-maçonnerie, sur la période de 28 jours due par les marins pères de quatre enfants, sur le régime des boissons, intervention au cours de laquelle il déposa sans succès un amendement contre les bouilleurs de cru, dont il jugeait scandaleux le privilège (1900) ; deux ans plus tard, il parla à propos de l'extension aux élèves de l'école des Arts et métiers de Lille du bénéfice de l'article 23 de la loi sur le recrutement, ainsi que sur l'emploi du blanc de céruse dans les travaux publics. Il intervint aussi à propos de l'urgence d'une proposition de résolution tendant à modifier le règlement de la Chambre au sujet du vote par procuration et rédigea un texte additionnel à la proposition d'amnistie Viviani - Coutant (1902).

Au cours de son dernier mandat, il intervint moins souvent. Il prit cependant la parole en 1907 sur la proposition de loi Marcel Régnier concernant la réglementation des jeux, déposa un ordre du jour motivé sur l'interpellation de Klotz à propos du renvoi de la classe 1904 ; en 1908, dans la discussion relative à l'impôt sur le revenu, il déposa un amendement concernant les professions industrielles, commerciales et artisanales.

Il mourut prématurément en cours de mandat, à l'âge de 49 ans, à Paris, le 15 mars 1909, après une courte maladie.

Le Président Fernand Dubief, dans la séance du 16 mars, célébra sa mémoire en déplorant que la mort l'ait surpris « dans un âge qui ouvrait encore devant lui l'espérance de longues années de force et d'utile labeur » et en précisant qu'il « apportait dans les débats financiers une compétence appréciée.

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