Yvonne Estachy Née Paimpec

1907 - 1985

Informations générales
  • Né le 6 avril 1907 à Bastia (Haute-Corse - France)
  • Décédé le 16 août 1985 à Marseille (Bouches-du-Rhône - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)


Née le 6 avril 1907 à Bastia (Corse)

Décédée le 16 août 1985 à Marseille (Bouches-du-Rhône)

Député des Bouches-du-Rhône de 1951 à 1958

Yvonne Paimpec est née à Bastia (Corse) le 6 avril 1907, fille de Yves Marie Paimpec et de Caroline Caretto.

Après avoir passé le brevet élémentaire, elle entre rapidement dans la vie active et s'établit comme couturière mais se consacre aussi à l'action militante et adhère au Parti communiste en 1936. Elle s'était installée à Marseille (Bouches-du-Rhône) à la suite d'un premier mariage, le 12 novembre 1927, avec François Biana. Elle se remarie le 2 décembre 1944 avec Joseph Estachy.

Militante active, Yvonne Estachy s'oriente vers la vie politique au lendemain de la Libération. Elle se présente, en dernière position, sur la liste communiste emmenée par François Billoux dans la première circonscription des Bouches-du-Rhône aux élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale constituante. La liste communiste, avec 122 096 voix sur 292 666 suffrages exprimés (soit 41,7 % des suffrages), emporte quatre des neuf sièges à pourvoir et Yvonne Estachy n'est pas élue.

Les élections pour la seconde Assemblée nationale constituante se déroulent le 2 juin 1946. Yvonne Estachy se présente aux suffrages des électeurs, en cinquième position sur la liste communiste toujours emmenée par François Billoux dans la première circonscription des Bouches-du-Rhône. Avec 104 920 voix sur 282 918 suffrages exprimés (soit 37,1 % des suffrages), les communistes enregistrent une diminution de leur audience et ne peuvent que conserver les quatre sièges qu'ils détenaient. Yvonne Estachy n'est donc toujours pas élue.

Elle est à nouveau candidate, en sixième position sur la liste communiste conduite par François Billoux, ministre de la reconstruction et de l'urbanisme, dans la première circonscription des Bouches-du-Rhône aux élections du 10 novembre 1946 pour la première législature de la IVe République. La liste communiste conserve la première place dans cette circonscription, avec 113 448 voix sur 280 901 suffrages exprimés (soit 40,4 % des suffrages), mais n'a toujours que quatre élus.

Yvonne Estachy est cependant élue au Conseil municipal de Marseille en 1947 et devient également membre du bureau fédéral du PCF.

La rupture entre les communistes et le Gouvernement est consommée à la suite du scrutin du 4 mai 1947 qui permet à Paul Ramadier de se séparer de ses ministres communistes, tandis que la réforme électorale votée le 7 mai 1951 et instituant le scrutin de liste majoritaire départemental à un tour avec apparentements constitue précisément une machine de guerre contre les communistes et les gaullistes.

Les élections pour la seconde législature de la IVe République ont lieu le 17 juin 1951. Yvonne Estachy figure désormais en troisième position sur la liste communiste (Liste d'Union républicaine résistante et antifasciste pour l'indépendance nationale, le pain, la liberté et la paix) emmenée dans la première circonscription des Bouches-du-Rhône par l'ancien ministre François Billoux. Neuf sièges sont à pourvoir dans cette circonscription où sept listes sont en présence. Malgré l'accord d'apparentement conclu entre les listes SFIO, UDSR et RGR, UIPRN et radicale-socialiste et MRP, et en dépit d'un léger tassement de son score, le Parti communiste réussit, avec une moyenne de 38,6 % des suffrages exprimés, à conserver les quatre sièges qu'il détenait. Avec 112 524 voix sur 291 674 suffrages exprimés, Yvonne Estachy est donc élue député des Bouches-du-Rhône.

Le nouveau député fait partie de la Commission des affaires économiques (1951, 1954-1955), et est nommée secrétaire de l'Assemblée nationale (1951-1955). Yvonne Estachy s'intéresse particulièrement aux questions relatives au régime du travail et à la protection de la famille. Elle ne dépose pas moins de treize textes, dont notamment plusieurs propositions de loi tendant à allouer à chaque écolier une prime de rentrée des classes (25 septembre 1951), à attribuer les allocations familiales dès le premier enfant (26 février 1953), etc..

Député extrêmement actif, Yvone Estachy intervient très largement dans les débats parlementaires. Elle est ainsi à l'origine, le 27 mai 1952, d'une demande d'interpellation sur l'application de la semaine de quarante heures dans les commerces de détail, demande qu'elle développe au cours des séances des 17 juin et 10 juillet suivants. Il s'agit notamment d'autoriser ou non certains grands magasins à ouvrir le lundi : « Les emplois de commerce sont tenus par de la main d'œuvre féminine dans la proportion de 70 % et beaucoup de femmes sont mères de famille. Le métier de vendeuse est pénible (...). C'est la station debout, c'est le piétinement sur place, c'est la tension nerveuse pour répondre à la clientèle. Et depuis quelques années, avec les méthodes dites américaines, ce sont les moyens publicitaires tapageurs au moyen du pick-up, c'est cette musique continue qui agace les nerfs et surmène incontestablement le personnel (...). En réalité, supprimer le repos du lundi, ce serait imposer aux femmes, aux mères de famille surtout, l'obligation de faire leur ménage et leurs travaux ménagers le dimanche et, en fait, supprimer le repos hebdomadaire... »

Yvonne Estachy intervient en outre à plusieurs reprises dans les discussions sur le rapport Bouxom et le régime des allocations familiales (octobre 1953).

Lors des grands scrutins, Yvonne Estachy adopte la position de son parti : favorable à l'échelle mobile des salaires (20 septembre 1951), elle se prononce contre les lois Marie et Barangé relatives à l'enseignement privé (21 septembre) et s'oppose au projet de pool charbon-acier (13 décembre). Yvonne Estachy refuse sa confiance à Antoine Pinay (6 mars 1952) puis à Joseph Laniel (26 juin 1953). Elle vote pour le cessez-le-feu en Indochine (9 mars 1954), refuse la confiance au Gouvernement après Dien-Bien-Phû (13 mai) et la refuse à nouveau lors du scrutin du 12 juin suivant entraînant la chute du cabinet Laniel. Favorable à l'investiture de Pierre Mendès France (17 juin), le député communiste des Bouches-du-Rhône approuve les Accords de Genève qui mettent fin aux hostilités en Indochine (23 juillet). Toujours opposée au processus d'intégration européenne, elle vote la question préalable opposée par Edouard Herriot et le général Aumeran à la ratification du traité sur la Communauté européenne de défense (CED) dont l'adoption entraînera le rejet du traité (30 août), puis vote contre les Accords de Paris permettant l'entrée de l'Allemagne dans l'OTAN (29 décembre).

Le 4 février 1955, Yvonne Estachy refuse sa confiance à Pierre Mendès France dont le Gouvernement est renversé. Elle la refuse ensuite à Edgar Faure (23 février). Opposée à la promulgation de l'état d'urgence en Algérie (31 mars), elle vote contre la confiance au Gouvernement sur le mode de scrutin et la date des élections (29 novembre). A la suite de ce second scrutin de défiance en moins de dix-huit mois et en vertu de l'article 51 de la Constitution, l'Assemblée nationale est dissoute (2 décembre 1955) et des élections législatives anticipées se déroulent le 2 janvier 1956.

Yvonne Estachy figure en quatrième position sur la liste communiste, toujours emmenée par François Billoux dans la première circonscription des Bouches-du-Rhône, et, avec 122 145 voix sur 337 895 suffrages exprimés, elle est réélue député de ce département, le Parti communiste, avec 36,6 % des suffrages, réussissant à conserver les quatre sièges qu'il détenait.

Le député des Bouches-du-Rhône retrouve la Commission des affaires économiques (1956-1957) mais siège également à la Commission de la justice et de la législation. Malgré la brièveté du mandat de cette Assemblée, Yvonne Estachy ne dépose pas moins de dix textes, dont une proposition de loi relative à la définition légale de la fourrure et de la pelleterie (11 décembre 1956) et une proposition de résolution tendant à faire délivrer un livret de famille aux mères de famille non mariées (9 avril 1957). Elle intervient en outre à plusieurs reprises dans les débats, en particulier à propos des conséquences de la fermeture du Canal de Suez sur l'activité des raffineries de pétrole (4 décembre 1956).

Yvonne Estachy vote l'investiture au Gouvernement Guy Mollet (31 janvier 1956) et le programme de réformes en Algérie (12 mars) mais elle s'abstient volontairement lors du scrutin du 5 juin sur la politique générale du Gouvernement en Afrique du Nord. Opposée à l'investiture de Maurice Bourgès-Maunoury (12 juin 1957), elle vote contre le plan de développement de l'énergie atomique (2 juillet) et contre la ratification des traités instituant la CEE et l'Euratom (9 juillet). Le 30 septembre suivant, le député communiste des Bouches-du-Rhône se prononce contre la loi cadre sur l'Algérie dans le scrutin entraînant la chute du Gouvernement Bourgès-Maunoury.

Elle s'abstient volontairement lors du vote du 13 mai 1958 sur l'investiture du Gouvernement Pierre Pflimlin, approuve l'état d'urgence sur le territoire métropolitain (16 mai) et la résolution tendant à décider la révision de certains articles de la Constitution (27 mai), puis se prononce contre la confiance au général de Gaulle (1er juin), contre les pleins pouvoirs et contre la révision constitutionnelle (2 juin).