Daniel de Folleville de Bimorel

1842 - 1916

Informations générales
  • Né le 5 janvier 1842 à Imbleville (Seine-Inférieure - France)
  • Décédé le 12 juin 1916 à Rouen (Seine-Maritime - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 31 mai 1896 au 31 mai 1898
Département
Seine-Inférieure
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 6 mai 1906 au 31 mai 1910
Département
Seine-Inférieure
Groupe
Gauche démocratique
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 24 avril 1910 au 31 mai 1914
Département
Seine-Inférieure
Groupe
Gauche démocratique
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 26 avril 1914 au 12 juin 1916
Département
Seine-Inférieure
Groupe
Républicains de gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 5 janvier 1842 à Imbleville (Seine-Inférieure), mort le 12 juin 1916 à Rouen (Seine-Inférieure).

Député de la Seine-Inférieure de 1896 à 1898 et de 1906 à 1916.

Daniel de Folleville, qui faisait suivre son nom de celui de sa mère née de Bimorel, fit ses études de droit à Paris, où il acquit sa licence en 1862 et soutint en 1863 devant la faculté de Caen, cette fois-ci, une thèse de doctorat qui lui valut la médaille d'or du concours du doctorat.

Deux ans plus tard, en avril 1865, il était agrégé de droit civil et de droit criminel, nommé attaché à la faculté de droit de Caen le 18 juin suivant, chargé du cours de code civil à la faculté de droit de Douai en septembre, puis titulaire de cette chaire, et enfin doyen de cette même faculté le 1er décembre 1879. Il s'était fait inscrire avocat au barreau de la Cour d'appel de Douai et était entré au conseil municipal. C'est à ce double titre qu'il prit, en 1887, la tête du large mouvement de protestation contre le projet gouvernemental de transfert à Lille des facultés de Douai.

Profitant d'une élection partielle au Sénat le 19 juin 1887, pour faire entendre plus fortement sa voix, il posa sa candidature au siège rendu libre par le décès de Casimir Fournier. Folleville qui avait rassemblé au premier tour de scrutin les 131 voix que l'arrondissement de Douai lui avait données unanimement, n'en avait plus que 71 au second tour, mais devenait à ce moment l'arbitre de l'élection : c'est en effet de son désistement que dépendait le résultat du troisième tour ; il abandonna ses voix au parti susceptible de lui promettre le maintien des facultés à Douai. Il avait auparavant envoyé sa démission de doyen, démission changée par le ministre en relèvement de fonction ; cependant, les facultés installées à Lille, Daniel de Folleville continua à y enseigner le Code civil jusqu'en 1898, date à laquelle il se fit mettre à la retraite par anticipation.

Si Daniel de Folleville était douaisien d'adoption, il se souvenait cependant qu'il était de souche normande et conseiller municipal de son village natal d'Imbleville depuis 1873. Il se fit élire en 1894 conseiller général de la Seine-Inférieure pour représenter le canton de Tôtes. Aussi, lorsque le député de la 2e circonscription de Dieppe, Jules Legras, mourut le 7 avril 1896. Folleville brigua-t-il sa succession comme candidat du comité républicain lors de l'élection législative partielle du 31 mai suivant. II fut élu au premier tour de scrutin avec 5.063 voix sur 10.150 votants, contre 4.994 à son adversaire, le baron Rouland. Vainqueur de justesse de celui-ci en 1896, Folleville allait, au renouvellement général du 8 mai 1898, être battu de peu par le même Julien Rouland qui emportait le siège, dès le premier tour, avec 5.625 voix sur 11.086 votants, contre 5.369. De même quatre ans plus tard, le 27 avril 1902, l'écart se creusant cependant légèrement, il fut battu avec 5.032 voix contre 5.635 à Rouland sur 10.763 votants. Par contre, aux élections générales du 6 mai 1906, Folleville reprenait son siège en obtenant 5.341 voix sur 10.558 votants contre 5.076 au député sortant, et, en 1910, le 24 avril, était réélu sans opposant par 7.104 voix sur 9.142 votants. Il en était de même le 26 avril 1914 où il triomphait avec 7.283 voix sur 8.606 votants, contre... 70 à son seul adversaire Gicquel.

Républicain, partisan d'un juste milieu « ni réaction ni révolution» selon la formule à la mode lors des élections de 1902, il siégea à la Chambre dans les rangs de la gauche démocratique.

Pendant les deux années de son premier mandat il s'occupa surtout de l'enfance et de sa protection.

A son retour à la Chambre en 1906 ses interventions furent plus variées, mais ce fut son appartenance à une commission spéciale, la commission d'enquête sur l'affaire Rochette, qui absorba pratiquement toute son activité : il en fut en effet le rapporteur. Il eut à ce titre plusieurs rapports à établir (1911, 1914) et prit longuement la parole lors des débats suscités par l'inscription à l'ordre du jour de ce scandale politico-financier. Il ne participa plus qu'à peine aux travaux de la Chambre de 1914 : la maladie l'éloigna très vite du Parlement et il mourut à Rouen le 12 juin 1916, à l'âge de 74 ans.

Daniel de Folleville était chevalier de la Légion d'honneur, officier de l'Instruction publique et officier d'Académie.