Charles Baïhaut

1843 - 1917

Informations générales
  • Né le 2 avril 1843 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 26 mars 1917 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 14 octobre 1877 au 14 octobre 1881
Département
Haute-Saône
Groupe
Union républicaine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 août 1881 au 14 octobre 1885
Département
Haute-Saône
Groupe
Union républicaine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 octobre 1885 au 14 octobre 1889
Département
Haute-Saône
Groupe
Union républicaine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 22 septembre 1889 au 17 janvier 1893
Département
Haute-Saône
Groupe
Union républicaine

Biographies

Membre de la Chambre des députés depuis 1877, ministre des travaux publics en 1886, né à Paris, le 2 avril 1843, il fit ses études au lycée de Versailles, entra en 1862 à l'Ecole polytechnique et suivit les cours de l'Ecole des mines. Ayant donné sa démission d'ingénieur, il fixa sa résidence à Mollans, près de Lure (Haute-Saône).

Aux élections du 14 octobre 1877, il fut nommé, comme candidat républicain, député de la 1re circonscription de Lure, par 9,394 voix sur 16,368 votants et 18,935 inscrits, contre le député conservateur sortant, M. Desloye. M. Baïhaut se fit inscrire au groupe de l'Union républicaine, s'attacha à la politique opportuniste, vota les poursuites contre les ministres du Seize Mai, et s'occupa surtout des questions de travaux publics, sur lesquelles il prit plusieurs fois la parole. Avec la gauche de la Chambre, il se prononça :

- le 20 janvier 1879, pour l'ordre du jour de confiance en faveur du ministère Dufaure (interpellation Sénard);
- le 30 janvier, au Congrès, pour l'élection de M. J. Grévy à la Présidence de la République;
- le 21 février, pour l'amnistie partielle proposée par le gouvernement et par la Commission;
- le 5 juin, pour l'invalidation de l'élection Blanqui;
- le 16 mars 1880, pour l'ordre du jour Devès en faveur du gouvernement pour l'application des lois existantes aux congrégations;
- le 8 février 1881, pour le rétablissement du divorce;
- le 19 mai, pour l'article 1er de la proposition Bardoux (rétablissement du scrutin de liste).

Réélu le 21 août 1881, avec 9,207 voix contre 5,953 à M. de Raincourt, monarchiste, sur 15,274 votants et 19,154 inscrits, il continua de siéger au groupe de l'Union républicaine, se montra très favorable à la politique de Gambetta, et fut nommé, l'année d'après (10 août 1882), sous-secrétaire d'Etat au ministère des travaux publics dans le cabinet Duclerc; il entra avec le même titre dans le ministère Ferry du 21 février 1883, et défendit à la Chambre et au Sénat les conventions avec les grandes compagnies de chemins de fer. En août 1884, il répondit au nom du gouvernement à l'interpellation Raspail sur la circulaire des compagnies d'Orléans et de Lyon interdisant à leurs employés de faire partie des conseils électifs, et montra que l'Etat n'avait, à ce point de vue, aucune action sur les compagnies, maîtresses d'ailleurs de se réserver l'emploi et le contrôle du temps de leurs employés. Il tomba, le 28 mars 1885, avec le ministère. Il avait, dans le cours de la législature 1881-1885, constamment marché d'accord avec son chef de file, M. Jules Ferry, et avait voté,

- pour les crédits de l'expédition du Tonkin,
- pour le maintien de l'ambassadeur auprès du pape,
- pour le maintien du budget des cultes
- et contre l'élection des sénateurs par le suffrage universel.

Rapporteur du budget des postes et télégraphes, il prit la défense du ministre, M. Cochery, dont les procédés de comptabilité avaient été l'objet de certaines attaques.

Il se représenta au renouvellement du 4 octobre 1885 dans le département de la Haute-Saône. Malgré l'ardente campagne menée contre sa candidature par la presse intransigeante, au sujet de sa participation dans l'administration de la « Société des pêcheries françaises, » alors en triste état, il n'en fut pas moins réélu à la nouvelle Chambre, au scrutin de liste, le 1er sur 5, par 36,513 voix (71,568 votants, 87,067 inscrits.) Il reprit place sur les mêmes bancs, et fit partie de l'Union des gauches, où il est encore inscrit.

Le 7 janvier 1886, il fut appelé par M. de Freycinet au ministère des travaux publics. En mars, dans l'affaire de Decazeville, M. Baïhaut fut interpellé par M. Basly, puis par M. Camélinat, qui posa la question sur le terrain de la déchéance de la Compagnie des houillères de l'Aveyron, toute la responsabilité des événements remontant, d'après lui, à une affiche « séditieuse », qui réduisait de 10 centimes le prix de la banne de charbon extraite par le mineur. De plus, l'orateur accusait le gouvernement de mettre ses baïonnettes au service du capital contre le prolétariat. M. Baïhaut répondit, le 11 mars, en protestant contre ce langage: « Il y a quelques jours, dit-il, lors de l'interpellation de M. Basly, je répondais au sentiment de la Chambre en flétrissant le meurtre de Watrin. Aujourd'hui, en présence du langage de M. Camélinat, qui s'est efforcé par une audacieuse interversion des rôles de rendre le gouvernement responsable de la prolongation de la grève, j'ai la conviction, j'ai conscience d'être de nouveau votre interprète en portant un jugement sévère, au nom de la dignité de cette assemblée, contre l'attitude de certains membres de cette Chambre. » Un incident assez vif s'ensuivit. M. Baïhaut termina en se déclarant opposé à la déchéance des sociétés actuelles, « parce qu'elle ne résoudrait rien. » Le lendemain, 12 mars, il reconnut cependant la nécessité de réviser la législation minière, déclara qu'il y avait lieu « de s'inspirer des dispositions contenues dans les législations étrangères, qui sont plus récentes que la nôtre, » et prit, au nom du gouvernement, l'engagement de déposer un projet de loi relatif à cette réforme. Finalement, la Chambre adopta, le 3e jour de la discussion, un ordre du jour de MM. Steeg, Barodet et Remoiville, que le ministère accepta. L'affaire de Decazeville revint au mois d' avril. M. Maillard ayant de nouveau interpellé le gouvernement, à propos de l'arrestation de MM. Duc-Quercy et Jules Roche, et s'étant plaint, d'autre part, du refus d'un ingénieur en chef d'admettre les délégués grévistes à descendre avec lui dans la mine, M. Baïhaut renouvela ses déclarations précédentes contre tout projet de déchéance de la compagnie; il déclara aussi qu'aucun texte de loi ne permettait de lui imposer un arbitrage entre elle et ses ouvriers mineurs. La Chambre lui donna raison: (la droite se joignit à la plus grande partie de la gauche pour former la majorité). M. Baïhaut eut à s'occuper encore, comme ministre, des études faites par la Commission parlementaire des chemins de fer en vue de l'établissement, à Paris, d'un « chemin de fer métropolitain ».

Le 2 novembre 1886 mécontent de la politique suivie par la majorité des membres du cabinet Freycinet, qui semblait depuis quelque temps incliner davantage vers le radicalisme, il donna sa démission et fut remplacé deux jours après par M. Edouard Millaud, sénateur.
Dans la dernière législature, M. Baïhaut a voté :

- le 3 décembre 1886, contre l'amendement Colfavru portant suppression des sous-préfets;
- le 17 mai 1887, pour la résolution de la Commission du budget réclamant des économies (chute du ministère Goblet);
- le 19 novembre, contre la discussion immédiate de l'interpellation Clemenceau (chute du ministère Rouvier);
- le 31 mars 1888, contre l'urgence sur la proposition Pelletan relative à la révision (chute du ministère Tirard);
- le 11 février 1889, pour le rétablissement du scrutin uninominal;
- le 14 février, absent par congé lors du scrutin sur l'ajournement indéfini du projet de révision des lois constitutionnelles (chute du ministère Floquet);
- le 14 mars, a voté pour la demande en autorisation de poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes;
- le 2 avril, pour le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse;
- le 4 avril, pour la demande en autorisation de poursuites contre le général Boulanger.

Date de mise à jour: novembre 2017



Né à Paris, le 2 avril 1843, mort à Paris, le 26 mars 1917.

Député de la Haute-Saône de 1877 à 1893. Sous-Secrétaire d'Etat aux Travaux publics du 10 août 1882 au 30 mars 1885 et Ministre des Travaux publics du 7 janvier 1886 au 31 octobre 1886. (Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. 1, p. 138.)

Aux élections du 22 septembre 1889, Charles Baïhaut fut réélu dans la 1re circonscription de Lure, par 8.420 voix contre 7.077 au candidat boulangiste. Membre des Commissions des douanes, des chemins de fer, du budget, il présenta de nombreux rapports, en particulier sur les chemins de fer et les mines. Il assurait, en outre, la direction politique de L'avenir de la Haute-Saône. Le 13 mars 1892, les électeurs du canton de Champagny l'élirent au Conseil général. Mais bientôt le scandale de Panama éclatait. En juin 1886, alors qu'il était Ministre des Travaux publics, Charles Baïhaut avait accepté d'un certain Blondin, fondé de pouvoirs au Crédit Lyonnais, de toucher 375.000 francs pour déposer un projet autorisant la Compagnie du canal de Panama à émettre des obligations à lots. Il affirma, le 21 novembre 1892, devant la Chambre des Députés, qu'il était « de ceux qui ont su défendre leur honneur ». Mais les déclarations de Charles de Lesseps et de Blondin le condamnèrent. Arrêté le 9 janvier 1893, il démissionna le 17 janvier de ses mandats électifs.

Devant la Cour d'Assises de la Seine - car il ne revendiqua pas la juridiction de la Haute Cour - il fit cette déclaration émouvante : « Je ne puis arriver à comprendre comment j'ai failli. Pendant quinze ans, j'ai servi fidèlement la France et la République. Une seule fois, dans un accès de folie, par un oubli inexplicable de mon passé, des sentiments de l'honneur, de l'avenir qui m'attendait, des êtres qui me sont chers, je suis tombé à l'oubli de mon devoir. J'en demande pardon à mon pays, à la République, si son bon renom pouvait être compromis par des défaillances individuelles. »

Cet aveu ne lui valut aucune circonstance atténuante. Il fut condamné au maximum de la peine : cinq années de détention, dégradation civique, 750.000 francs d'amende, 375.000 francs d'indemnité. Dans ses Impressions cellulaires il se plaindra d'avoir été « ce pelé, ce galeux d'où venait tout le mal ». Tandis que de Lesseps et Blondin étaient relâchés, il fallut des interventions de journalistes, des pétitions de ses électeurs de la Haute-Saône pour qu'enfin, sur une requête adressée, le 18 février 1896, au Président de la République sur l'initiative de M. Charles Couyba, conseiller général et signée des quatre députés et des trois sénateurs de la Haute-Saône et après une démarche de Léon Bourgeois, Charles Baïhaut fût libéré le 30 mars 1896. Mais de nouveau, le 11 décembre 1896, il était arrêté pour dettes envers le Trésor et la Compagnie de Panama et devait subir six mois d'emprisonnement pour contrainte par corps. Réhabilité par la Cour de Paris, en juin 1905, mais ruiné, il consacra la fin de sa vie à la publication d’œuvres romanesques.

Charles Baïhaut a laissé de nombreux ouvrages et brochures : La République c'est la paix (Belfort, 1875), Les élections des sénateurs (Belfort, 1875), Lettre de M. Baïhaut à ses concitoyens (15 juin 1876), La France vers la République (Belfort, 1877), La République c'est la lumière (Belfort, 1879), La République vivra (Belfort, 1879), L'ancien régime (1880), La question des chemins de fer (1882), Lettre de M. Baïhaut, député, ancien Ministre des Travaux publics, aux ouvriers mineurs des houillères du bassin de Ronchamp et Champagny (Belfort, 1889).

Il a écrit des Poésies parues sous le pseudonyme de Charles de Pomoy (Jouault Sigeaux, 1885). Enfin, après ses Impressions cellulaires (Flammarion, 1898), il publia plusieurs romans : L'amoureux forcé (Flammarion, 1898), L'idée suprême de Galérius Kopf (Flammarion, 1898), La vie anxieuse : I Chair à misère, II Fini de rire (Flammarion, 1900).


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