Aimery de Goyon

1847 - 1918

Informations générales
  • Né le 13 mars 1847 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 6 mai 1918 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 22 septembre 1889 au 14 octobre 1893
Département
Côtes-du-Nord

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 13 mars 1849 à Paris, mort le 6 mai 1918 à Paris.

Député des Côtes-du-Nord de 1889 à 1893.

Bien que né à Paris, le comte de Goyon était de souche bretonne. Il était le fils du général de Goyon, ancien commandant en chef des troupes françaises à Rome, et le frère du duc de Feltre, qui fut, pendant dix ans, le député des Côtes-du-Nord, département qu'il devait lui-même représenter à la Chambre. Il entra à Saint-Cyr en 1868 et en sortit en 1870 pour faire campagne contre l'Allemagne dans l'armée de Metz, avant de combattre la Commune avec les Versaillais.

Après être resté pendant huit ans dans l'armée, il entra pour une brève période dans la diplomatie et fut alors envoyé à Rio de Janeiro. La carrière ne l'attira pas plus, semble-t-il, que le métier des armes puisqu'il donna sa démission après l'échec du Seize-Mai. En fait, hormis qu'il ne désirait guère servir un gouvernement trop républicain à son gré, il s'était pris de passion pour les questions politiques et c'est à leur étude qu'il consacra plusieurs années et de nombreux et longs voyages. Il était légitime dès lors que, abandonnant l'observation pour la pratique, il songe à briguer un mandat de député.

Il se présenta aux élections générales des 22 septembre et 6 octobre 1889 dans la circonscription de Guingamp, où il fut élu dès le premier tour avec 6.571 voix sur 12.316 suffrages exprimés, alors que son adversaire, M. Riou, en obtenait 5.533. Il n'est pas étonnant que les électeurs de cette région traditionnellement conservatrice et point tout à fait encore ralliée à la République soient séduits par un candidat qui, dans sa profession de foi, dénonçait les erreurs du parlementarisme «qui a mis la France à deux doigts de sa perte » et se prononçait pour la convocation d'une Assemblée constituante chargée de réviser une constitution dont la République avait fini par trop bien s'accommoder. Il précisait en outre que dans le cas où la révision ne serait pas immédiatement votée, il s'occuperait uniquement des intérêts agricoles et commerciaux de sa région.

Le comte de Goyon ne trouva aucun groupe pour soutenir le projet de révision qu'il préconisait. Dès lors, et fidèle en cela à sa profession de foi, il se préoccupa essentiellement des problèmes des collectivités locales et plus particulièrement de sa circonscription ; c'est l'intérêt qu'il ne cessa de porter à ces problèmes qui l'amena à rapporter quelques textes les concernant.

Il semble bien que, pas plus que la carrière militaire et la carrière diplomatique, la carrière politique n'ait donné au comte de Goyon les satisfactions qu'il en attendait. C'est la raison pour laquelle il décida de ne pas faire acte de candidature aux élections des 20 août et 3 septembre 1893.

Il devait d'ailleurs abandonner toute activité politique pour se consacrer à la gestion de ses biens. Il mourut à Paris le 6 mai 1918.