Gabriel Guist'Hau

1863 - 1931

Informations générales
  • Né le 22 septembre 1863 à Saint-pierre (La Réunion - France)
  • Décédé le 27 novembre 1931 à Nantes (Loire-Atlantique - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 24 avril 1910 au 31 mai 1914
Département
Loire-Inférieure
Groupe
Républicains radicaux-socialistes
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 10 mai 1914 au 7 décembre 1919
Département
Loire-Inférieure
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 31 mai 1924
Département
Loire-Inférieure
Groupe
Gauche républicaine démocratique

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 22 septembre 1863 à Saint-Pierre (Île de la Réunion), mort le 27 novembre 1931 à Nantes (Loire-Inférieure).

Député de la Loire-Inférieure de 1910 à 1924.

Sous-Secrétaire d'Etat à la Marine du 3 novembre 1910 au 2 mars 1911.

Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts du 14 janvier 1912 au 21 janvier 1913.

Ministre du Commerce et de l'Industrie du 21 janvier au 22 mars 1913.

Ministre de la Marine du 15 janvier 1921 au 15 janvier 1922.

Né d'une famille originaire de la Vendée et de l'île Bourbon, orphelin très jeune, sans fortune, il vint à Nantes dès qu'il eut terminé ses études classiques au lycée de sa ville natale et obtint le diplôme de licencié puis de docteur en droit. Il se fixe définitivement à Nantes où il s'inscrivit au barreau, plaidant notamment des affaires maritimes et se liant d'amitié avec Aristide Briand, lui-même jeune avocat à Saint-Nazaire.

Il est probable que cette amitié l'incita à s'engager lui aussi dans la vie publique et, très vite, il consacra ses activités à la gestion municipale ; il fut élu conseiller municipal de Nantes en 1890 et fit effectuer à ce titre d'importants travaux d'embellissement, d'hygiène et d'aménagement des casernes, écoles et abattoirs. Soucieux des intérêts du personnel, il régla le statut des fonctionnaires municipaux, les contrats collectifs de travail, établit le repos hebdomadaire et obtint que des indemnités soient accordées aux employés chargés de famille. Son élection en 1908 au poste de premier magistrat de la ville devait le récompenser de ses efforts.

Dès lors les chemins de la députation lui étaient ouverts, et c'est dans ce contexte qu'il fut élu député de Nantes le 24 avril 1910, au deuxième tour, par 8.210 voix contre 5.775 au commandant Héry (conservateur) et 711 à son adversaire socialiste, sur 20.074 inscrits.

A la Chambre il devint membre du groupe des républicains radicaux-socialistes et se distingua bientôt en qualité de rapporteur du budget des cultes, dont l'importance politique était à l'époque considérable. Briand ne manqua pas de l'appeler lorsqu'il forma son cabinet, le 3 novembre 1910, et le nomma sous-secrétaire d'Etat à la Marine, poste qu'il occupa jusqu'au 2 mars 1911 et auquel le destinait l'intérêt qu'il avait toujours porté aux questions maritimes. Il fit notamment adopter un projet de loi autorisant la mise en chantier de nouveaux bâtiments en 1911.

Ministre de l'Instruction publique et des beaux-arts dans le cabinet Poincaré du 15 janvier 1912 au 18 janvier 1913, il s'attacha à restaurer la culture classique à laquelle il était profondément attaché et défendit devant la Chambre un projet de loi allouant des crédits pour célébrer le bicentenaire de J.-J. Rousseau.

Il œuvra également en faveur des personnels de l'enseignement primaire en développant leurs garanties sociales. Poursuivant sa carrière ministérielle il devint, du 21 janvier au 18 mars 1913, ministre du commerce et de l'industrie dans le troisième cabinet Briand, où son court passage fut cependant marqué par le vote d'un projet de loi en faveur des personnels des écoles professionnelles et de l'enseignement industriel et commercial.

Son mandat de député lui fut renouvelé aux élections du 10 mai 1914 au cours desquelles il obtint, au deuxième tour, 7.625 voix contre 6.267 au candidat modéré Delafoy, quatre autres candidats se partageant 26 voix.

Cinq ans plus tard, l'adoption du scrutin de liste avec représentation proportionnelle lui évita le ballottage et il fut élu au premier tour sur la liste d'union des républicains conduite par Briand.

A la Chambre il devint, la même année, président de la commission des colonies avant de retrouver, le 16 janvier 1921, encore dans un cabinet Briand, le portefeuille de la Marine, au lendemain de la guerre alors qu'il s'agissait de reconstruire notre flotte. Quand il quitta le gouvernement le 12 janvier 1922, il avait déposé un projet de loi sur l'exécution de la première tranche du programme naval, ce qui constitua une base solide pour ses successeurs.

Ses activités furent multiples et concernèrent des domaines variés. Fervent mutualiste, M. Guisthau représenta son département au conseil supérieur de la mutualité et fut vice-président du groupe de la mutualité de la Chambre.

Il devint membre en 1910 du comité consultatif des assurances sur la vie ; à sa fondation, le 13 août 1916, il fut élu président de l'association France-Etats-Unis. En 1917, il est membre du conseil supérieur des haras.

Cet homme politique déploya également une activité de publiciste ; il collabora en outre à plusieurs journaux, notamment à La Lanterne, au Phare de la Loire et au Populaire de Nantes.

En 1924, sa santé étant profondément altérée, il quitta le Parlement et le barreau et passa ses dernières années à Nantes, sa ville adoptive, jouissant de l'estime de tous.

Le mal cruel dont il souffrait l'emporta le 27 novembre 1931 à l'âge de 68 ans. Chevalier de la Légion d'honneur depuis 1904, il a été promu au grade d'officier le 26 juillet 1924.

Date de mise à jour: mars 2014