Marcelle, Marguerite, Sylvie Hertzog-Cachin

1911 - 1998

Informations générales
  • Né le 17 octobre 1911 à Paimpol (Côtes d'Armor - France)
  • Décédé le 20 avril 1998 à Croissy-sur-seine (Yvelines - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Seine
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)


Née le 17 octobre 1911 à Paimpol (Côtes-du-Nord)

Décédée le 20 avril 1998 à Croissy-sur-Seine (Yvelines)

Député de la Seine de 1946 à 1951

Marcelle Hertzog-Cachin est la fille de l'ancien responsable du parti communiste français, Marcel Cachin, dont elle porte du reste le prénom. Elle a publié sur la vie de son père un ouvrage : Regards sur la vie de Marcel Cachin, Editions sociales, 1980. Après avoir fréquenté les lycées Jules Ferry et Racine à Paris, elle fait des études de médecine et soutient en 1939 sa thèse sur « Postural, drainage des affections tuberculeuses ». Elle devait exercer son art, comme pédiatre et médecin généraliste, de 1940 à 1975 notamment à Suresnes et à Nanterre à l'exception de la période de l'occupation.

Sur le plan politique, Marcelle Cachin épouse l'engagement de son père. Elle milite aux Jeunesses communistes de 1929 à 1931, date à laquelle elle adhère au PCF (elle y reste jusqu'en 1982). Son mari, le docteur Paul Hertzog, et elle-même sont membres de la Centrale sanitaire internationale. En 1939, en leur qualité de médecins, ils embarquent à bord du cargo mixte Winnipeg. Ce navire, propriété de France Navigation, la compagnie maritime fondée par les communistes en 1937 pour acheminer des armes aux républicains espagnols, convoyait quelque deux mille réfugiés espagnols en direction du Chili qui avait accepté de les accueillir. La traversée est émaillée d'incidents entre le commandant du navire, Pupin, et les responsables communistes qui l'accusent de vouloir saboter l'entreprise. A Valparaiso, alors que la déclaration de guerre a été proclamée, l'équipage refuse de rallier la France avec le commandant Pupin à la barre du navire. Désormais, on parle « des mutins du Pacifique ». De retour en France fin décembre 1940, le couple Hertzog est arrêté et conduit au Fort du Hâ, à Bordeaux, où il retrouve une quarantaine d'hommes du Winnipeg accusés de mutinerie. Défendus par Marie-Louise Jacquier, fille elle aussi de Marcel Cachin, et par Moro-Giafferi, les Hertzog sont relâchés sur ordonnance de non-lieu. L'équipage est acquitté en avril 1941.

Marcelle Hertzog-Cachin est élue conseil-1ère municipale de Suresnes en 1945 et le reste jusqu'en 1951. A la Libération, elle milite au sein de l'Union des Femmes Françaises. Le 21 octobre 1945, elle se présente aux élections pour la première Assemblée nationale Constituante dans la cinquième circonscription de la Seine en septième position sur une liste conduite par Etienne Fajon. Celle-ci obtient quatre élus. Elle échoue à nouveau le 2 juin 1946, dans la même circonscription, cette fois en cinquième position sur la liste dirigée par Etienne Fajon qui n'obtient que trois élus. Le 10 novembre, toujours en cinquième position, Marcelle Hertzog-Cachin est finalement élue député. La liste communiste, en effet, a obtenu 137 590 sur 352 750 suffrages exprimés.

A l'Assemblée nationale, Marcelle Hertzog-Cachin est nommée membre de la Commission de la famille, de la population et de la santé publique et en devient vice-président en 1951. Elle a participé aussi aux travaux des commissions de la justice et de la législation, de la reconstruction et des dommages de guerre et de l'éducation nationale. Son activité parlementaire s'est orientée dans deux directions : la défense des intérêts de ses mandants et la politique de santé publique. Ainsi, dépose-t-elle, le 24 novembre 1950, une proposition de loi sur l'ordonnancement et le fonctionnement des établissements hospitaliers. Elle participe activement à la discussion des chapitres des lois de finances qui concernent la santé publique et la population. Par ailleurs, le 21 mai 1951, elle fait savoir qu'elle votera contre le projet de loi relatif aux établissements privés recevant des mineurs déficients. Il serait préférable, estime-t-elle, de créer des organismes médicaux et pédagogiques publics mais les crédits font cruellement défaut.

Marcelle Hertzog-Cachin intervient exceptionnellement en séance sur des sujets qui ne ressortent pas de ces deux centres d'intérêt. Mais, le 20 février 1951, le député de la Seine intervient en séance sur le truquage des élections en Algérie. Elle fait état de « brutalités et de menaces de la police et de la gendarmerie le jour des élections en Algérie ». Des cartes d'électeurs n'auraient pas été remises à cinq cents personnes de la circonscription de Blida. Munis de leurs feuilles d'impôts, ils se voyaient refuser le droit de vote. « Nous avons trouvé assez atroce, poursuit-elle, la situation de ces pauvres gens qui n'avaient pour tout droit que celui de payer leurs impôts, mais pas de voter ! » Elle témoigne qu'elle a vu un maire changer les bulletins de vote et que les CRS l'ont alors empêché de prendre des photographies. Elle dénonce « l'hypocrisie de ce scrutin, cette mascarade, cette caricature de démocratie » et demande au ministre de l'intérieur des explications. « Le peuple algérien, conclut-elle, saura conquérir sa véritable indépendance et sortir de l'atroce misère dans laquelle il vit (...) après 120 ans de colonialisme imposé par l'impérialisme français. »

Le 17 juin 1951, Marcelle Hertzog-Cachin n'est pas réélue. La liste communiste, avec 120 620 voix sur 341 217 suffrages exprimés, perd deux sièges. Elle se présente, à nouveau, en 1956 mais en vain. En 1958, elle n'est pas candidate.

Marcelle Hertzog-Cachin décède le 20 avril 1998 à Croissy-sur-Seine.



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