Auguste, Joseph Hugonnier

1911 - 2001

Informations générales
  • Né le 19 juin 1911 à Belley (Ain - France)
  • Décédé le 15 janvier 2001 (Lieu de décès inconnu)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Rhône
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 22 janvier 1949 au 4 juillet 1951
Département
Rhône
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)


Né le 19 juin 1911 à Belley (Ain)

Membre de la première Assemblée nationale constituante (Rhône)

Député du Rhône de 1949 à 1951

Les parents d'Auguste Hugonnier exploitaient une petite ferme et, comme il arrive souvent dans le Jura, le père complétait le revenu familial par un travail artisanal (il était maroquinier), et sa mère par un emploi de femme de ménage. Elevé dans la religion catholique, l'enfant cesse toute pratique religieuse à partir de douze ans, au moment où, son certificat d'études acquis, il entre en apprentissage comme typographe.

A seize ans, en 1927, il commence à militer aux Jeunesses communistes dans son village natal ; mais ses responsabilités s'étendent vite à toute la région, puisqu'il est secrétaire pour la zone Marseille-Lyon en 1931-1932 et siège au Comité central en 1932. S'il quitte son mouvement cette année-là, c'est pour rejoindre le Parti communiste lui-même, où il est membre des directions régionales à Marseille et Lyon jusqu'en 1982. A l'échelon de sa profession, Auguste Hugonnier milite dans le syndicat unitaire du Livre de 1927 à 1939 ; en 1933, il en est secrétaire pour la section de Bourges.

Il revient à Lyon en 1934, après avoir suivi les cours de l'école centrale du parti, à Arcueil, en 1933. Devenu membre du bureau régional, il se voit confier la responsabilité de l'hebdomadaire du parti La Voix du Peuple. Sous sa direction, cette publication se développe, passant de quatre à six pages. En juin 1935, après la conquête de la mairie par le Parti communiste, il ajoute à ses fonctions celle de secrétaire du « rayon » des Jeunesses communistes de Villeurbanne, le plus important de toute la région.

Aux élections législatives d'avril mai 1936, il porte les couleurs du parti dans la 7e circonscription de Lyon qui correspond au VIe arrondissement. Au premier tour il obtient 2 146 voix, arrivant en troisième position, à 200 voix du radical Grammont qui appartient aux « deux cents familles ». En dépit de cette circonstance gênante, il se désiste conformément à la discipline du Front Populaire mais le candidat de la droite, l'URD Burgeot, l'emporte.

A partir de 1936, Auguste Hugonnier assume les fonctions importantes de secrétaire régional à la propagande ; cette année-là et la suivante, il effectue de nombreuses missions auprès des combattants des Brigades internationales en Espagne. Il fait partie de nombreuses délégations aux congrès nationaux du PC ; et participe notamment au Congrès d'Arles.

Au moment des opérations de répression qui suivent l'interdiction, en 1939, du PC, il est trop connu pour ne pas être frappé. Il est donc arrêté et interné, le 23 octobre 1939, au fort du Paillet à Dardilly-le-Haut (Rhône) avec plus d'une trentaine de militants communistes ou syndicalistes. Au début de l'année 1940, il est envoyé dans une compagnie disciplinaire sur le front des Alpes mais, au moment de la défaite française, au lieu de le démobiliser, on l'enferme au camp d'Oraison (Basses-Alpes) et de Saint-Sulpice-La-Pointe (Tarn). Le 24 mars 1943, alors qu'il est sur le point d'être livré aux Nazis, il s'évade au cours d'un transfert et rejoint les maquis de la Haute-Vienne ; cette action lui vaudra la médaille des évadés.

Sous-lieutenant FFI, il organise pour le compte du PC une imprimerie clandestine dans la région de Marseille, qui fonctionne jusque la Libération de la ville, libération à laquelle il participe les armes à la main ; Auguste Hugonnier recevra la Croix du combattant volontaire 1939-1945 après la guerre. Pendant un mois, il reste à Marseille et dirige le journal Rouge-Midi, puis il revient à Lyon où il reprend la direction de La Voix du Peuple, devenu l'organe quotidien du Parti, et retrouve sa place au comité fédéral et au bureau fédéral du Rhône.

Le 21 octobre 1945, Auguste Hugonnier, en deuxième position sur la liste du Parti communiste, se présente dans la première circonscription du Rhône aux élections qui doivent désigner les constituants de la nouvelle République à naître. Malgré une présence non négligeable du MRP, et la candidature de deux personnalités importantes à gauche (Edouard Herriot et André Philip), la liste communiste arrive en tête et remporte trois mandats sur huit, avec 74 850 suffrages exprimés sur 269 928.

Son élection validée, Auguste Hugonnier est nommé membre de la Commission de la constitution et, s'il ne dépose pas de proposition, il intervient sur ce sujet dès la fin 1945, expliquant le point de vue de son groupe sur le chapitre des collectivités locales. Il se prononce bien sûr en faveur du projet de constitution présenté le 19 avril en collaboration avec les socialistes, projet qui n'est pas adopté.

Bien que le score du Parti communiste ne change pas aux élections de la seconde Assemblée nationale constituante, avec 27,8 % des suffrages exprimés, Auguste Hugonnier n'est pas élu, car il est en troisième position sur la liste, et cette fois le PC n'obtient que deux mandats. Ceci s'explique par un renouvellement des candidats de plusieurs listes, et surtout par le succès d'Edouard Herriot, qui présente une liste de « rassemblement des gauches républicaines », et non plus radicale socialiste, double son score et fait jeu égal (27,45 %) avec la liste communiste en remportant deux mandats. Les voix que sa liste gagne proviennent pour l'essentiel de la liste socialiste et des petites listes de gauches qui ont disparu.

De nouveau placé trop bas (troisième) sur la liste communiste en novembre 1946, Auguste Hugonnier poursuit ses activités d'homme de presse pour le Parti communiste. Lorsque, en 1947, La Voix du Peuple cesse de paraître, il devient directeur du quotidien régional La République, à Lyon, né à la suite de la fusion de plusieurs journaux communistes, fonction qui n'est pas de toute quiétude si l'on pense qu'elle lui vaut au moment des guerres d'Indochine et d'Algérie près de cinquante condamnations, allant jusqu'à la privation de ses droits civiques.

Par ailleurs, en 1947, et de 1953 à 1959, Auguste Hugonnier est conseiller municipal de Villeurbanne.

La démission de Mathilde Méty, qui était deuxième de la liste communiste, le 18 janvier 1949, permet à Auguste Hugonnier de retrouver l'Assemblée nationale. Il est nommé membre de la Commission de la presse où siégeait la député démissionnaire ; il prend part également à la Commission du suffrage universel, du règlement et des pétitions, et il est nommé juge suppléant de la Haute cour de justice. C'est au nom de la seconde commission qu'il dépose un rapport, le 24 juin 1949, sur le mode de transmission des propositions de loi émanant des conseillers de la République à l'Assemblée nationale.

Il prend régulièrement la parole devant ses pairs, notamment le 21 novembre 1950, lorsqu'il dépose un amendement pour bloquer la loi d'amnistie, ce projet représentant pour lui « l'éponge qui efface toute trace de condamnation avant la réhabilitation totale ». Auguste Hugonnier explique en effet que, l'amnistie ne devant pas mettre d'obstacle à l'action en vue de faire établir l'innocence du condamné, elle va représenter le préambule d'une campagne tenace de « réhabilitation de la trahison ». Dans le même discours, il prend l'exemple de la grâce accordée à Paul Berliet, et du retour de l'entreprise familiale dans les mains de ses anciens actionnaires. Mais son projet d'amendement est rejeté par 314 voix contre 176.

Il intervient aussi, en 1951, sur la question des baux commerciaux, industriels et artisanaux, dans le but de protéger les travailleurs ; sur l'augmentation du budget des services centraux de radiodiffusion, pour améliorer les conditions de travail du personnel ; et il défend son amendement tendant à supprimer les subventions à l'Agence France Presse.

Aux élections du 17 juin 1951, Auguste Hugonnier n'occupe que la cinquième place sur la liste communiste, il n'est donc pas réélu. Il ne sera pas candidat en 1956. Sa carrière connaît un tournant en 1954 : après avoir appartenu pendant dix ans au syndicat CGT des journalistes, il met fin à ses fonctions à La République et devient représentant au syndicat CGT des VRP. Il reste une personnalité importante au sein de la Direction régionale du Parti communiste pendant les années 1960 et 1970.



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