André, Joseph Hugues

1905 - 1987

Informations générales
  • Né le 9 août 1905 à Divonne-les-bains (Ain - France)
  • Décédé le 10 octobre 1987 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 16 juillet 1948 au 4 juillet 1951
Département
Seine
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Seine
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Seine
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)


Né le 9 août 1905 à Divonne-les-Bains (Ain)

Décédé le 10 octobre 1987 à Paris (11e)

Député de la Seine de 1948 à 1958

André Hugues est né le 9 août 1905 à Divonne-les-Bains (Ain) où ses parents étaient hôteliers. Après ses études secondaires effectuées à Nantua, puis à Bourg-en-Bresse, il obtient simultanément le diplôme d'HEC et une licence en droit. A l'issue de son service militaire accompli en qualité de sous-lieutenant d'aviation, il part, en 1927, pour la République argentine. Engagé par la Compagnie française des chemins de fer de la province de Santa-Fe, il y exerce les fonctions de chef comptable. De retour en France en 1937, il représente à Paris la société Burroughs.

Mobilisé en qualité d'officier aviateur au début de la seconde guerre mondiale, il s'engage dans la Résistance dès le mois d'août 1940. Sous le pseudonyme de « Jean-Louis », il est membre du mouvement « Libération-Nord ». Au mois d'août 1944, il participe à la libération de Paris, à la tête des FFI du 9e arrondissement. Il adhère, en 1945, au Parti radical socialiste de la Seine. Derrière Pierre Bourdan qui fut notamment, sous l'occupation, l'animateur de l'émission « les Français parlent aux Français », il figure en quatrième place sur la liste UDSR aux élections du 2 juin 1946 à la seconde Assemblée nationale Constituante, dans le troisième secteur de la Seine. Pierre Bourdan en est le seul élu, au bénéfice de la plus forte moyenne.

André Hugues est à nouveau candidat, cette fois en qualité de second de la liste conduite par Pierre Bourdan, aux élections de la première Assemblée législative. Pierre Bourdan, à nouveau seul élu de cette liste, est ministre de la jeunesse, des arts et des sports dans le cabinet Ramadier, du 22 janvier au 22 octobre 1947. Mais, au cours de vacances au Lavandou, il périt en mer le 13 juillet 1948. Cette tragique disparition conduit André Hugues à l'Assemblée nationale, où son élection est validée le 30 novembre 1948.

Membre de la Commission des affaires économiques dont il est élu secrétaire en 1951, il siège également à la Commission des TOM, à celle du travail et de la sécurité sociale et à celle des moyens de communication et du tourisme. Il est, en outre, juré à la Haute cour de justice créée par l'ordonnance du 18 novembre 1944.

Son activité parlementaire porte principalement sur les problèmes économiques et sociaux.

Au sein de la Commission des affaires économiques, il fait partie de la sous-commission chargée du contrôle des entreprises nationalisées et des sociétés d'économie mixte. Il dépose, le 26 avril 1950, un rapport sur le projet de loi relatif à l'organisation de la compagnie des commissionnaires agréés près la Bourse de commerce de Paris. Au cours de l'année 1951, il est l'auteur de plusieurs rapports relatifs à l'indemnisation des intérêts français en Hongrie et en Tchécoslovaquie.

Il intervient dans les débats sur le projet de loi relatif aux conventions collectives et au règlement des conflits du travail, au cours de l'hiver 1949-1950, et sur la proposition de loi concernant la composition et le fonctionnement du Conseil économique (février 1951). Il se prononce en faveur du Plan Marshall le 7 juillet 1948 et du projet de loi sur les conventions collectives le 4 janvier 1950. En revanche, le 7 mai 1951, il émet un vote défavorable au système des apparentements.

Aux élections législatives du 17 juin 1951, André Hugues conduit, sous l'étiquette « radical-socialiste », la liste RGR dans la troisième circonscription de la Seine. Il est le seul élu de cette liste qui obtient 40 835 voix sur 417 527 suffrages exprimés. Avec 136 844 voix, la liste communiste conduite par Florimond Bonte recueille quatre sièges, tandis que la liste RPF, que mène Christian Fouchet, en obtient trois. Les trois sièges restants échoient à la SFIO (46 015 voix), au MRP (29 284 voix) et aux indépendants (10 473 voix).

A nouveau membre de la Commission des affaires économiques, dont il assure le secrétariat jusqu'en 1955, il poursuit sa tâche au sein de la sous-commission chargée de suivre et d'apprécier la gestion des entreprises nationalisées et des sociétés d'économie mixte. Il est en outre désigné par la même commission, pour faire partie de la Commission de coordination pour l'étude des questions relatives à la CECA, de la Commission de coordination pour l'examen des problèmes intéressant les Etats associés d'Indochine et de la Commission interparlementaire chargée d'étudier la simplification des formalités de frontières.

Au cours de cette législature, il fait preuve d'une grande activité, déposant onze propositions de loi, six propositions de résolution, outre de nombreux rapports. Les premières concernent notamment la lutte contre le bruit (6 octobre 1953), la location gérance des fonds de commerce (6 octobre 1955), la limitation du nombre des magasins du type « prisunic » et l'établissement de l'égalité des charges avec le petit et moyen commerce (9 novembre 1955). Le 11 juillet 1951, il dépose une proposition de résolution tendant à inviter le gouvernement à nommer dans toutes les mairies de Paris, en qualité de maires et maires-adjoints, des femmes qualifiées, au fur et à mesure des vacances qui s'y produiraient. Le 22 août de la même année, il invite le gouvernement à prendre d'urgence toutes les mesures susceptibles de faire baisser efficacement les cours de la viande.

Il prend part à la discussion de nombreux projets et propositions de loi : projet de loi relatif à la réforme fiscale (mars 1954), à la ratification des Accords de Paris (décembre 1954) sur le réarmement de la République fédérale allemande, propositions de loi relatives à la pratique des arrhes (décembre 1951), au transfert et à la dévolution des biens d'entreprises de presse (mai et juillet 1954), à la carte d'identité professionnelle des voyageurs et représentants de commerce (mars 1955).

Il se prononce en faveur de la loi du 28 septembre 1951 d'aide à l'enseignement primaire, dite « loi Barangé ». Il émet également un vote favorable à l'investiture de Pierre Mendès France, le 17 juin 1954, et aux accords de Genève mettant fin aux hostilités en Indochine, le 20 juillet de la même année. Il vote, le 30 août 1954, contre la question préalable dont l'adoption entraîne le retrait de l'ordre du jour du projet de ratification du Traité de Paris relatif à la Communauté européenne de défense (CED). Le 31 mars 1955, il vote en faveur du projet de loi relatif à l'état d'urgence en Algérie.

André Hugues retrouve son siège le 2 février 1956. La liste du mouvement RGR de l'Ile-de-France qu'il conduit obtient deux sièges, avec 64 148 voix sur 496 495 suffrages exprimés. Les résultats électoraux de la circonscription sont, globalement comparables à ceux de la précédente consultation, à l'exception notable de l'absence d'élus de la liste des Républicains sociaux conduite par Christian Fouchet et de l'obtention d'un siège par la liste poujadiste.

André Hugues siège dans trois commissions, celle des affaires économiques, celle de la presse et celle des immunités parlementaires dont il est membre suppléant. Il retrouve, au sein de la première, sa mission de surveillance de la gestion des entreprises nationalisées et des sociétés d'économie mixte.

Malgré la brièveté de la législature, il dépose de nombreuses propositions de loi. Certaines d'entre elles reprennent les thèmes déjà abordés lors de son précédent mandat, tels l'organisation de la lutte contre le bruit (14 février 1956) ou la protection du petit et moyen commerce contre le développement des magasins du type « prisunic » (14 février 1956). D'autres concernent des sujets nouveaux, comme la réorganisation des services du commerce extérieur (14 février 1956) ou la protection des enfants maltraités ou moralement abandonnés (3 décembre 1957). Il intervient dans la discussion du projet de loi relatif aux dépenses militaires de 1956, du projet de loi tendant à favoriser la construction de logements et les équipements collectifs (12 juillet 1957).

Il vote en faveur des pouvoirs spéciaux en Algérie les 12 mars 1956 et 12 novembre 1957, de l'investiture de Pierre Pflimlin le 13 mai 1958, de l'état d'urgence sur le territoire métropolitain le 16 mai suivant. Il se prononce, le 27 mai 1958, en faveur de la révision de la Constitution. Il vote la confiance au général de Gaulle le 1er juin 1958, et, le lendemain, les pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle.

André Hugues n'est pas réélu en 1958.

Fondateur animateur du journal politique La pensée de Paris de 1951 à 1958, il a écrit plusieurs articles dans le journal Le Monde, notamment sur le bruit et sur la bonne foi en politique.

Il a présidé l'Union nationale de protection civile (UNPC) de 1951 à 1970, et a été membre du comité de révision douanière en 1954.

André Hugues était titulaire de la grande médaille de l'expansion commerciale du comité national des conseillers du commerce extérieur de la France.

Marié, il était père de deux filles. Il est décédé le 10 octobre 1987 à Paris.



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