Clovis, Hubert Hugues

1851 - 1907

Informations générales
  • Né le 3 novembre 1851 à Menerbes (Vaucluse - France)
  • Décédé le 11 juin 1907 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 4 septembre 1881 au 14 octobre 1885
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Extrême-gauche
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 18 octobre 1885 au 14 octobre 1889
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 3 septembre 1893 au 31 mai 1898
Département
Seine
Groupe
Socialistes parlementaires
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 22 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Seine
Groupe
Socialistes parlementaires
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1902 au 31 mai 1906
Département
Seine
Groupe
Socialistes parlementaires

Biographies

Député de 1881 à 1889, né à Ménerbes (Vaucluse) le 3 novembre 1851, il fut destiné par sa famille à l'état ecclésiastique et fit ses premières études au séminaire. Mais, attiré vers la littérature, il débuta comme poète et journaliste à l'âge de 18 ans, collabora à une feuille socialiste de Marseille, la Fraternité, et, traduit pour un article devant un conseil de guerre (1871), fut condamné à trois ans de prison et 6 000 francs d'amende, avec deux ans de contrainte par corps. Sorti de prison à la fin de 1875, il entra au journal marseillais la Jeune République, s'y fit remar quer par l'ardeur de ses polémiques, épousa vers la même époque Mlle Royannez, et eut à cause d'elle, le 3 décembre 1877, avec un rédacteur du journal bonapartiste l'Aigle, un duel qui se termina par la mort de son adversaire. M. Clovis Hugues quitta alors Marseille, se retira quelque temps à Naples et revint, le 22 février, comparaître devant la cour d'assises d'Aix, qui l'acquitta. Il fut élu, peu après, conseiller d'arrondissement des Bouches-du-Rhône, et se rendit à Paris en 1879, pour prendre part à la fondation du journal le Réveil social, inspiré par Louis Blanc. En même temps, il fréquentait assidûment la maison de Victor Hugo, qui avait encouragé ses débuts poétiques et qui avait signalé son recueil de vers : les Poèmes de prison (1875), comme révélant un véritable talent. Il fut encore rédacteur des journaux intransigeants le Mot d'Ordre (1880) et la Vérité (1881).

Le 17 mars 1878, sa candidature radicale-socialiste avait été posée dans la 2e circonscription des Bouches-du-Rhône en remplacement de François-Vincent Raspail, décédé ; mais elle avait échoué avec 4 284 voix contre 4 422 à l'élu opportuniste ; M. Amat, et 564 à Blanqui.

M. Clovis Hugues fut de nouveau candidat aux élections législatives de 1881, dans la même circonscription, qui l'élut député, au second tour de scrutin, le 4 septembre, par 5 456 voix (10 009 votants, 19 940 inscrits), contre 4 414 à M. Simonin, républicain modéré.

Il s'inscrivit à l'extrême gauche, et s'associa d'abord simplement aux votes de ce groupe politique et à la plupart de ses demandes d'interpellation, notamment le 13 décembre 1881 et le 23 février 1882 ; à cette dernière date il questionna le ministre sur l'expulsion du russe Pierre Lawoff, suspect d'intrigues nihilistes, et dit « qu'il n'y avait point d'étrangers pour la France ».

Comme orateur, sa parole imagée, sa verve Provençale, obtinrent auprès de la majorité de ses collègues un succès assez vif, sans les rallier pourtant à des opinions. Il se prononça contre les ministères Gambetta, Freycinet et Jules Ferry, pour la séparation de l'Eglise et de l'Etat, contre la politique coloniale, fit profession de socialisme à la tribune parlementaire, et quitta brusquement l'extrême gauche en 1882 pour se faire momentanément le porte-parole, à la Chambre, des revendications d'une fraction du « parti ouvrier ». Mais, à la suite de dissentiments avec les chefs de ce parti au sujet des funérailles de Louis Blanc, auxquelles M. Clovis Hugues voulut assister, le député de Marseille se sépara de ses nouveaux amis, et reprit sa place parmi les radicaux du Palais-Bourbon.

En décembre 1883, lors du retour à la Chambre du budget amendé par le Sénat, il provoqua une scène violente qui lui valut la censure avec exclusion temporaire. À la fin de cette année, le nom de M. et Mme Clovis Hugues fut mêlé à une affaire retentissante, l'affaire Morin. Mme Clovis Hugues, exaspérée par les attaques d'un intrigant de bas étage, qu'elle avait vainement jusqu'ici poursuivi devant les tribunaux, lui tira en plein palais de justice plusieurs coups de revolver (27 novembre) et le tua. Elle eut à rendre compte de cet homicide devant le jury de la Seine, qui l'acquitta (8 janvier 1884). En avril 1884, M. Clovis Hugues attaqua les mesures d'ordre prises par le gouvernement lors de la grève d'Anzin ; en avril 1885, il déposa une proposition d'amnistie en faveur des condamnés politiques (rejeté par 263 voix contre 124).

Réélu député des Bouches-du-Rhône en octobre 1885, le 7e sur 8, par 54 287 voix (93 426 votants, 139 346 inscrits), grâce à l'union des radicaux et des socialistes du département, il siégea, comme précédemment, à l'extrême gauche, fut un des fondateurs du petit groupe dit « ouvrier socialiste », dont il signa le manifeste, prit la parole (6 février 1886) en faveur d'une nouvelle proposition d'amnistie, se joignit (février et mars 1886) à MM. Camélinat et A. Boyer pour inviter l'Etat à dénoncer les conventions de 1883 avec les grandes compagnies de chemins de fer, et au besoin à l'évoquer les concessions, défendit (juin 1886), à propos des réclamations de l'industrie sucrière, les idées purement libre-échangistes, combattit les ministères opportunistes de la législature, se prononça pour la révision de la Constitution et se rallia à la politique révisionniste du général Boulanger ; toutefois il se défendit plus tard d'avoir été « boulangiste ».

Dans les derniers mois de la législature, il se prononça :
- contre le rétablissement du scrutin d'arrondissement (11 février 1889),
- contre l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution,
- contre les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes,
- contre le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse.

Il s'abstint sur les poursuites contre le général Boulanger.

On a de lui des brochures politiques de circonstance, des volumes de vers :
- Petite Muse ;
- Poèmes de prison (1875) ;
- les Evocations (1885) ;
- La femme dans son état le plus intéressant (1870) ;
- Les Intransigents (1875) ;
- Soirs de bataille ;
- Mme Phaëton, etc.

Né le 3 novembre 1851 à Ménerbes (Vaucluse), mort le 11 juin 1907 à Paris (18e).

Député des Bouches-du-Rhône de 1881 à 1889.

Député de la Seine de 1893 à 1906.

(Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. III, p. 370.)

Clovis Hugues ne sollicita pas le renouvellement de son mandat en 1889 et ne se représenta qu'en 1893, dans la Seine, porté par les comités révisionnistes socialistes du XIXe arrondissement de Paris ; il fut élu au second tour par 4.571 voix contre 3.785 à Delattre (radical) et 3.352 à Briand sur 11.997 votants et 17.699 inscrits.
Il fut réélu dans la même circonscription, au deuxième tour, en 1898 par 9.716 voix contre 4.116 au comte de Pontevès de Sebron, royaliste, dont il triompha à nouveau en 1902 par 9.154 voix contre 6.280.

Il siégea au groupe des socialistes parlementaires, à l'extrême gauche de la Chambre, où il prit souvent la parole avec une fougue et une verve provençale remarquées, soit pour interpeller, soit pour défendre les idées socialistes ou des grévistes et ouvriers condamnés pour délits politiques et combattre la politique modérée.

Il prononça en 1894 un retentissant discours en faveur de la liberté individuelle. Il déposa un projet de loi permettant aux communes de donner le pain gratuit aux indigents, un projet de contrôle de l'Assistance publique au moyen de délégués d'associations et de syndicats, etc..

Parallèlement à son activité parlementaire, il collabora à de nombreux journaux, notamment Le Réveil social fondé en 1879 à l'inspiration de Louis Blanc en même temps qu'il prenait souvent la parole dans des réunions publiques. Il publia des romans, des poésies, des pièces de théâtre dont la plupart sont consacrés à la révolution : Les Intransigeants (1875), le Sommeil de Danton (1888), Poésies socialistes (1905), etc... et se distinguent par une exubérance non dénuée de vigueur. Victor Hugo, dont il avait fréquenté assidûment la maison, avait encouragé ses débuts poétiques, signalant en particulier ses Poèmes de prison (1875) comme révélant un véritable talent.

Il mourut le 11 juin 1907 à Paris à 55 ans.