William Jacson

1909 - 1973

Informations générales
  • Né le 5 septembre 1909 à Nancy (Meurthe - France)
  • Décédé le 11 octobre 1973 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Meurthe-et-Moselle
Groupe
Union pour la nouvelle République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 18 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Meurthe-et-Moselle
Groupe
Union pour la nouvelle République-UDT
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Meurthe-et-Moselle
Groupe
Union démocratique pour la V° République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 23 juin 1968 au 1er avril 1973
Département
Meurthe-et-Moselle
Groupe
Union des démocrates pour la République

Biographies

Biographie de la Ve République

JACSON (William)
Né le 5 septembre 1909 à Nancy (Meurthe-et-Moselle).
Décédé le 11 octobre 1973 à Paris

Député de la Meurthe-et-Moselle de 1958 à 1973

Né à Nancy d’un père marchand de matériaux, William Jacson reste fidèle à la Lorraine de ses ancêtres pendant l’essentiel de son existence, tout en manifestant à plusieurs reprises son intérêt pour les horizons lointains. Son enfance est marquée par les valeurs du scoutisme : William Jacson s’engage à cette époque chez les Eclaireurs de France. Il fréquente d’abord le lycée Saint-Sigisbert à Nancy, puis les facultés de droit et de médecine de cette même ville. Capacitaire en droit et docteur en médecine, William Jacson concilie son double souci de soulager la souffrance et de servir son pays en devenant officier de réserve, puis en se portant volontaire comme médecin militaire pour les confins algéro-marocains en 1937. Il est médecin-chef par intérim de l’Hôpital annexe d’Erfoud dans le Sahara, puis médecin-chef à l’infirmerie de Bou-Deni, toujours dans le désert, en mars 1937. Témoin d’une épidémie de typhus qui endeuille ces territoires d’Afrique du nord, le docteur Jacson fait preuve d’un dévouement exemplaire et est directement élevé au rang d’officier du Ouissam-Alaouite par le sultan du Maroc.
De retour à Nancy en 1939 pour y exercer comme médecin généraliste et radiologue, il se porte volontaire pour une unité combattante dès la déclaration de guerre. Volontaire pour un corps franc en mai 1940, le médecin-lieutenant Jacson y montre un courage hors du commun pour sauver des blessés pris sous le feu de l’ennemi, ce qui lui vaut d’obtenir la Croix de guerre le 10 mai 1940. Il est grièvement blessé quelques jours plus tard.
Après une période de convalescence, William Jacson reprend le combat, mais cette fois dans la clandestinité. De 1941 à 1944, il dirige un groupe rattaché au Réseau Lorraine et fait fonctionner une filière d’évasion pour les aviateurs américains et britanniques. A la Libération, il prend le commandement d’un bataillon FFI, vite désigné sous le nom de « groupe Jacson » : ses hommes viennent appuyer le 34ème régiment américain dans les combats de Nancy et du Grand-Couronné. La Lorraine libérée, William Jacson se porte volontaire pour servir comme médecin-chef du 26ème régiment d’infanterie de l’armée française. Il est démobilisé peu après l’armistice du 8 mai 1945. La bravoure et les mérites de William Jacson seront salués par l’obtention de la croix du Combattant volontaire 1939-1945, par la croix du Combattant volontaire de la Résistance, puis par l’obtention de la Légion d’honneur au titre de la Résistance, le 29 décembre 1959.
Revenu à la vie civile à l’été 1945, William Jacson s’implique dans de très nombreuses associations nancéiennes, notamment celle des « Anciens coloniaux », qu’il préside dès la Libération. Lorsque le général de Gaulle crée le RPF le 7 avril 1947, William Jacson prend l’initiative de lancer le mouvement en Meurthe-et-Moselle, en réunissant notamment les anciens membres de son bataillon FFI. Jacson et ses hommes sont vite accusés par certaines personnalités politiques nancéiennes de cacher des armes, et de n’attendre qu’un geste de De Gaulle pour faire usage de la violence. La direction parisienne du RPF désavoue alors le médecin nancéien, et confie la direction du mouvement gaulliste en Meurthe-et-Moselle à son confrère, l’ancien résistant Jean Lionel-Pelerin, le 18 mai 1947. Le 26 octobre 1947, William Jacson est cependant élu conseiller municipal sur la liste RPF homogène que conduit Jean Lionel-Pelerin à Nancy. Adjoint au maire jusqu’en 1953, William Jacson est chargé des beaux-arts : il crée le Grand prix littéraire et le Grand prix d’art plastique de la Ville de Nancy à cette occasion. Président du Conseil départemental du RPF d’août à novembre 1948, William Jacson voit sa carrière à nouveau contrariée par Jean Lionel-Pélerin, qui le contraint de retirer sa candidature dans le canton de Nancy-ouest aux élections de l’automne 1951.
Simple conseiller municipal depuis 1953, le docteur William Jacson accueille avec enthousiasme le retour au pouvoir du général de Gaulle. Il choisit de se présenter aux élections législatives de l’automne 1958 dans la 2e circonscription de la Meurthe-et-Moselle. Ce secteur avait approuvé la Constitution de la Vème République à 86,8% le 28 septembre 1958. William Jacson reçoit l’investiture de l’Union pour la Nouvelle République (UNR) et affronte au 1er tour le député sortant Pierre André, membre du CNIP, mais qui avait été élu pour la première fois sur une liste de « Rassemblement républicain et gaulliste » aux élections législatives de novembre 1946. Au premier tour, William Jacson obtient 10 574 voix, soit 23,3% des suffrages exprimés. Le conseiller municipal de Nancy ne l’emporte paradoxalement sur le sortant que grâce au canton de Saint-Nicolas de Port, car le canton de Nancy-ouest le place en seconde position. Le 30 novembre 1958, William Jacson est élu député avec 51,2% des voix dans une quadrangulaire où trois candidats « de droite » s’affrontent. Il bénéficie en effet de l’appoint de suffrages socialistes et centristes.
Le médecin nancéien siège parmi les députés gaullistes jusqu’en 1973 et entre, dès son premier mandat, à la Commission des affaires étrangères. Entre 1958 et 1962, le député lorrain semble prendre la mesure de son mandat et ne demande jamais la parole en séance publique dans l’hémicycle. Ses votes sont alors conformes à ceux de la majorité des élus gaullistes, qui acceptent la politique algérienne du chef de l’Etat : il approuve le programme du gouvernement de Michel Debré (16 janvier 1959), ainsi que celui du premier gouvernement Georges Pompidou (27 avril), se prononce pour la levée de l’immunité parlementaire du président Georges Bidault (5 juillet 1962) et ne vote pas la motion de censure du 4 octobre 1962.
Candidat au renouvellement de son mandat aux élections de novembre 1962, William Jacson dresse dans sa profession de foi un tableau très sombre de l’état de la France à la fin de la IVème République : « Caisse vides, mépris des autres pays (alliés ou non) ; instabilité gouvernementale ; impuissance des partis et du Parlement ; Guerre d’Algérie et service militaire de vingt-huit mois ! » Ce rappel l’autorise à souligner les réussites du nouveau régime, notamment en matière sociale (remboursement effectif à 80% par la Sécurité sociale, majoration de 25% des pensions d’invalidité, …). Face à Roger Devemy, député sortant MRP de la 6ème circonscription voisine, William Jacson remporte un succès très net en étant réélu dès le 1er tour de scrutin avec 23677 voix (56,97% des suffrages exprimés). Il retrouve à l’Assemblée nationale la Commission des affaires étrangères, à laquelle il appartiendra jusqu’en 1973.
La deuxième mandature de William Jacson lui permet de se montrer un peu plus actif dans l’hémicycle. Président-fondateur en juin 1964 de l’Association de défense des intérêts des personnes âgées et infirmes (DIPA), le député de la Meurthe-et-Moselle plaide en faveur de la construction de « foyers-villages » destinés aux « vieillards », dont la gestion serait confiée aux bureaux d’aide sociale (séance du 19 octobre 1966). Après avoir connu une réélection moins aisée que prévu en 1967 (55,1% des suffrages exprimés au second tour), face au maire FGDS de Neuves-Maisons André Plumet, William Jacson évoque à nouveau les activités et les projets de la DIPA dans l’hémicycle les 20 avril et 25 octobre 1967. De 1962 à 1973, ses interventions concernent essentiellement la politique sociale, éducative et sportive, la coopération avec une Afrique qu’il connaît bien ou les problèmes lorrains.
Très attaché aux libertés fondamentales et notamment à la liberté syndicale, William Jacson dépose une proposition de loi tendant à prévenir les licenciements abusifs à l’occasion des élections des délégués du personnel et des membres des comités d’entreprise (19 avril 1967). En juin 1968, le raz-de-marée gaulliste lui autorise une réélection dès le 1er tour avec 51,8% des suffrages exprimés, malgré la présence de quatre autres candidats. Le quatrième mandat de William Jacson lui permet d’être plus présent à l’Assemblée nationale : le député de la Meurthe-et-Moselle maîtrise mieux les différents aspects du métier de législateur. Malgré la maladie, il intervient fréquemment à la tribune sur ses sujets « fétiches » (conditions de vie des personnes âgées, coopération, questions locales).
Le délabrement de sa santé le conduit cependant à envisager ce quatrième mandat comme le dernier : les instances de l’Union pour la Défense de la République (UDR) entreprennent alors d’accorder l’investiture pour 1973 à Claude Coulais, conseiller général Républicain indépendant de Meurthe-et-Moselle et chargé de mission au cabinet de Valéry Giscard d’Estaing, alors ministre de l’économie et des finances. Quelques jours avant la date limite de dépôt des candidatures, William Jacson se ravise et sollicite les suffrages des électeurs lorrains. Là où Claude Coulais peut faire état du soutien de Pierre Messmer, gaulliste historique et Premier ministre, William Jacson, qui n’a pourtant cessé d’être fidèle à la discipline des groupes UNR puis UDR à l’Assemblée, ne peut en appeler qu’à la reconnaissance de ses commettants. Il est devancé par le candidat socialiste ainsi que par Claude Coulais dès le premier tour de scrutin et n’obtient que 17,1% des suffrages exprimés, dans une circonscription en très forte croissance démographique.
Contraint de se retirer entre les deux tours, William Jacson décède peu après à l’âge de 64 ans.