Jean dit Renaud Jean

1887 - 1961

Informations générales
  • Né le 16 août 1887 à Samazan (Lot-et-Garonne - France)
  • Décédé le 31 mai 1961 à Agen (Lot-et-Garonne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 19 décembre 1920 au 31 mai 1924
Département
Lot-et-Garonne
Groupe
Parti socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1924 au 31 mai 1928
Département
Lot-et-Garonne
Groupe
Communiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 8 mai 1932 au 31 mai 1936
Département
Lot-et-Garonne
Groupe
Communiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 26 avril 1936 au 21 janvier 1940 *
Département
Lot-et-Garonne
Groupe
Communiste

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Né le 16 août 1887 à Samazan (Lot-et-Garonne).

Député du Lot-et-Garonne de 1920 à 1928 et de 1932 à 1940.

Jean, dit Renaud Jean, fut cultivateur jusqu'à la guerre de 1914. Il adhéra au parti socialiste dès l'âge de 20 ans. Mobilisé au 24e régiment d'infanterie coloniale, il fut blessé et réformé en 1915.

Ne disposant plus de tous ses moyens physiques, mais de tempérament volontaire et laborieux, Renaud Jean se consacra alors à l'étude et devint professeur adjoint à l'école pratique de commerce et d'industrie d'Agen. Il devait cependant être révoqué en raison de son activité militante pour la cause du socialisme et notamment en faveur de l'adhésion du parti socialiste à la IIIe Internationale.

Représentant de la petite propriété paysanne, Renaud Jean fut pour la première fois candidat aux élections législatives en 1919, sur une liste du parti socialiste composée avec lui d'un médecin, d'un professeur et d'un cheminot. Cette liste obtint une moyenne de 9.247 voix sur 55.577 suffrages exprimés, le quotient électoral étant de 13.894 voix. Renaud Jean arrivait en tête de cette liste avec 9.765 voix. Toutefois, ce sont les candidats de la liste d'union des républicains pour le relèvement national (Georges Leygues, Jules Cels, Jacques Chaumié, députés sortants et André Vallières) qui furent élus.

Renaud Jean devait se représenter peu de temps après, à l'élection partielle qui-eut lieu en décembre 1920 pour remplacer Jacques Chaumié, décédé. Il fut élu au second tour de scrutin, par 18.653 voix contre 14.069 à Fauvel, candidat d'action républicaine et 7.362 à Balet, candidat républicain d'union démocratique, sur 77.992 inscrits et 40.087 suffrages. Renaud Jean devint alors l'artisan du communisme dans le Lot-et-Garonne, département qu'il devait représenter à la Chambre de 1920 à 1928 et de 1932 à 1940.

Aux élections du 11 mai 1924, il fut le seul élu de la liste communiste du bloc ouvrier paysan : il recueillit 22.230 voix sur 78.986 inscrits et 61.532 votants.

Aux élections d'avril 1928 qui eurent lieu au scrutin uninominal, Renaud Jean, arrivé en tête au premier tour dans la circonscription de Marmande, fut battu au second tour par Pierre Tricart-Graveron, avocat à la cour d'appel de Paris, membre de l'alliance républicaine démocratique. Les suffrages obtenus par Tricard-Graveron passèrent, en effet, grâce au retrait de divers autres candidats, de 3.383 voix à 10.817 sur 22.864 inscrits et 19.246 votants, alors que Renaud Jean obtenait au second tour 8.006 voix contre 6.407 au premier.

Mais il devait reconquérir son siège aux élections générales des 1er et 8 mai 1932. Venant de nouveau en tête au premier tour dans la circonscription de Marmande avec 5.024 voix, devant Laban, radical indépendant, 3.953 voix, Tricard-Graveron, républicain de gauche, 3.901 voix, il devait bénéficier au deuxième tour du maintien de ses deux principaux rivaux, et sans doute aussi du mécontentement suscité par la crise économique. Il fut élu par 7.491 voix contre 5.632 à Laban et 5.996 à Tricard-Graveron sur 19.114 votants et 22.229 inscrits.

Il fut aisément réélu aux élections générales de 1936 où, candidat communiste du front populaire, il remporta au premier tour la majorité absolue des suffrages, soit 9.550 voix sur 18.461 suffrages exprimés, contre 4.306 à Laban, candidat de l'alliance démocratique, 3.686 à Boisvert, radical indépendant et 909 à Baylac, démocrate populaire.

Renaud Jean devait rapidement devenir le leader paysan de l'extrême-gauche à la Chambre des Députés.

Membre de la commission de l'agriculture au cours de chacun de ses mandats, il devait devenir le président de cette commission en 1936. Son éloquence chaleureuse et son affabilité jointes à une grande connaissance des problèmes dans lesquels il s'était spécialisé, lui valaient une audience et une influence notables. Il défendait avec passion, mais sans sectarisme, la cause des ruraux, notamment des petits producteurs de blé, des viticulteurs et des planteurs de tabac. Il déposa de très nombreuses propositions de loi ou de résolution en matière agricole et intervint très fréquemment dans les débats parlementaires, tant au nom du groupe communiste - particulièrement dans les débats budgétaires- qu'en tant que président de la commission de l'agriculture à partir de 1936.

Renaud Jean fut également membre de la commission des régions libérées en 1922, de la commission des affaires étrangères et de celle des boissons en 1924 et 1936 ; de la commission de l'armée en 1925, des finances en 1932 et 1933, enfin de la commission d'enquête chargée de rechercher les responsabilités encourues depuis l'origine des affaires Stavisky.

Il s'efforça également de se mettre à la disposition de tous ceux qui, sur le plan local, avaient besoin de lui pour la défense de causes justes et d'intérêts légitimes. Il essaya ainsi d'établir, ainsi qu'il le disait lui-même « une collaboration régulière entre le député de la circonscription de Marmande et les différentes organisations ou représentants des diverses catégories de travailleurs- quelles que soient les opinions politiques ».

Renaud Jean était président de la confédération générale des paysans-travailleurs et directeur du journal La voix paysanne.

Membre du comité central du parti communiste, il visita plusieurs régions de l'U.R.S.S. en février 1927 ; il assista en juillet et août 1935, à Moscou, au congrès mondial de l'Internationale communiste et mit à profit ce nouveau séjour en U.R.S.S. pour étudier la collectivisation dans les campagnes. Il présenta au congrès national du parti communiste de Villeurbanne, en janvier 1936, un rapport remarqué sur la question agraire.

Ayant refusé de renier son appartenance au parti communiste (il rappelait dans sa déclaration électorale de 1936 qu'il était « fier de conserver à 50 ans ses idées de 20 ans et de lutter pour elles avec le même enthousiasme et la même foi ») Renaud Jean fut, le 21 janvier 1940, déchu de son mandat parlementaire, en application de la loi du 20 janvier 1940.

Il ne devait plus par la suite, faire partie du Parlement.



Né le 16 août 1887 à Samazan (Lot-et-Garonne)

Décédé le 31 mai 1961 à Agen (Lot-et-Garonne)

Député du Lot-et-Garonne de 1920 à 1928, et de 1932 à 1940

(voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome VI, p. 2018 à 2020)

Condamné en 1939 à quatre ans de prison pour reconstitution de ligue dissoute et incarcéré notamment à Aincourt et à l'île d'Yeu, Renaud Jean est ensuite assigné à résidence dans les Landes jusqu'en 1944.

De retour à Samazan à la Libération, il retrouve son mandat de maire en vertu de l'arrêté préfectoral du 17 septembre 1944, qui réinstalle l'ancien conseil municipal. De même, il siège à nouveau à l'Assemblée départementale où, à partir de 1945, il représente le canton du Mas D’Agenais. Ces deux mandats lui seront ensuite constamment renouvelés, mais il ne fera plus acte de candidature lors des élections nationales.

Toujours fidèle au Parti communiste, il exerce une grande activité dans le monde agricole comme secrétaire général de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles et en sa qualité de rédacteur du journal La Voix de la Terre.

Renaud Jean meurt à Agen le 31 mai 1961.



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