Michel, Georges Kauffmann

1914 - 1987

Informations générales
  • Né le 22 septembre 1914 à Strasbourg (Bas-Rhin - France)
  • Décédé le 25 mai 1987 à Ittenheim (Bas-Rhin - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Bas-Rhin
Groupe
Union démocratique et socialiste de la Résistance
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Bas-Rhin
Groupe
Rassemblement du peuple français

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)


Né le 22 septembre 1914 à Strasbourg (Bas-Rhin)

Décédé le 25 mai 1987 à Ittenheim (Bas-Rhin)

Député du Bas-Rhin de 1946 à 1955

Originaire d'une vieille famille d'agriculteurs établie depuis des générations à Ittenheim (Bas-Rhin), Michel Kauffmann voit le jour le 22 septembre 1914 à Strasbourg. Il fréquente l'école primaire de son village, puis le lycée protestant de Strasbourg jusqu'au baccalauréat. Il poursuit ses études en montant à Paris, au collège Sainte-Barbe, pour se préparer au concours d'entrée aux écoles nationales supérieures d'agriculture, et intègre finalement celle de Rennes dont il devient l'un des élèves de la promotion 1932-34 et obtient son diplôme d'ingénieur agricole.

C'est le retour au pays : il s'installe à Ittenheim, se marie puis reprend à son compte l'exploitation familiale en 1937. Mais la « drôle de guerre » survient, et c'est comme officier de cavalerie (de l'école de Saumur) qu'il y prend part. Actif dans les organisations de résistance, il s'évade d'Alsace en septembre 1942 pour rejoindre à travers la Suisse, la France et l'Espagne les troupes de la France combattante. Il participe aux combats de la Libération comme officier de liaison à l'état-major de la deuxième division blindée du général Leclerc. Son comportement pendant cette période troublée vaudra à Michel Kauffmann la Croix de guerre 1939-1945, la médaille des évadés, la médaille des combattants volontaires, celle des combattants volontaires de la résistance, ainsi que la médaille de la reconnaissance française.

Après sa démobilisation en 1946, il retrouve le chemin d'Ittenheim et décide de poursuivre le service de la collectivité en se présentant aux élections législatives du 10 novembre, puis aux municipales de 1947 - deux campagnes couronnées de succès. Il servira aussi comme membre du Conseil d'administration de la Confédération générale agricole du Bas-Rhin et comme président du Syndicat des producteurs de semence de blé de ce même département. Il ne se dérobe pas, du reste, à ses obligations locales, puisqu'il assure la présidence du football club et de la fanfare de son village.

C'est sur une liste UDSR-Union gaulliste que Michel Kauffmann se présente aux suffrages de ses concitoyens le 10 novembre 1946 pour la première législature de la Quatrième République. Il figure en seconde position derrière Pierre Clostermann, et la liste obtient trois mandats avec 93 469 des 303 464 suffrages exprimés. Elle est en seconde position derrière le puissant MRP (135 918 voix) qui obtient quatre sièges, et devance aussi bien le parti communiste (45 817 voix) que la SFIO (28 260 voix) qui n'obtiennent qu'un siège chacun.

A l'Assemblée, Michel Kauffmann est nommé juré à la Haute cour de justice (30 novembre 1948) et membre de trois commissions : production industrielle, travail et sécurité sociale, et surtout agriculture. C'est en effet à ce secteur qu'il consacre l'essentiel de son activité de député au cours de cette première législature, avec le dépôt de pas moins de quatre propositions de loi, six propositions de résolution et deux rapports au nom de la Commission de l'agriculture.

Il s'agit généralement de mesures à caractère technique ou régional (indemnisation des agriculteurs de son département par exemple). Ainsi le 13 mai 1948, sa proposition de loi est relative à l'obligation d'arrachage des pieds de houblons mâles ; le 17 février 1949, sa proposition de résolution invite le gouvernement à majorer les quantités de blé attribuées aux agriculteurs échangistes (échange blé-farine) ; le 5 avril 1951, sa proposition de loi vise à supprimer les droits afférents à la succession de tout bien foncier et de ses annexes agricoles ainsi que les droits de mutation sous condition que ces derniers aient pour objet une opération favorable à la marche de l'exploitation agricole.

De même, ses très nombreuses interventions concernent généralement les débats agricoles, à la notable exception de quelques interpellations du gouvernement, par exemple sur la politique française à l'égard de l'Allemagne, notamment sur la question de sa participation au Conseil de l'Europe et sur l'arrêt des démontages d'usine. Ainsi le 25 novembre 1949, il déclare à la tribune : « Pour notre salut, nous devons et nous voulons construire l'Europe. Je ne crois pas que nous puissions y parvenir sans y intégrer l'Allemagne. Mais il est souhaitable qu'auparavant l'Europe devienne une réalité. [...] Poursuivre les démontages serait non seulement heurter profondément l'opinion allemande, mais surtout augmenter le chômage et la misère de l'ouvrier allemand [...] Il y a des millions de jeunes, disciplinés, dynamiques, que seul le travail pourrait distraire d'autres pensées. » Il intervient aussi le 16 novembre 1950 sur le projet de loi d'amnistie, en défendant son amendement tendant à exclure de l'amnistie les personnes ayant encouragé l'incorporation des Alsaciens-Lorrains dans la Wehrmacht.

Michel Kauffmann accorde sa confiance à Paul Ramadier le 4 mai 1947, le jour où le Président du Conseil se sépare de ses ministres communistes ; il s'abstient volontairement lors du vote sur le statut de l'Algérie (27 août 1947), se prononce en faveur du plan Marshall (7 juillet 1948), et de la constitution du Conseil de l'Europe le 9 juillet 1949. Il ratifie le Pacte atlantique quelques jours plus tard, et s'oppose au système des apparentements qui, le 7 mai 1951, modifie la loi électorale en faveur des partis de la troisième force.

En effet, Michel Kauffmann, gaulliste convaincu, décide de se présenter sous l'étiquette RPF le 17 juin 1951 et de fait, il doit faire face à un apparentement puissant entre le MRP et la liste d'Union des Indépendants, des Paysans et des Républicains Nationaux qui, avec moins de la moitié des suffrages exprimés, remporte cinq des neuf sièges à pourvoir. La liste RPF quant à elle obtient 94 970 voix et trois élus dont Michel Kauffmann, de nouveau second. Le dernier siège est remporté par le parti communiste.

Michel Kauffmann, à l'Assemblée, retrouve la Commission de l'agriculture à laquelle il se consacre de nouveau entièrement, n'y ajoutant qu'une petite charge de membre suppléant de la Commission des immunités parlementaires. Il est plus actif encore que sous la première législature, avec près de trente interventions à la tribune et le dépôt de neuf propositions de loi. Les thèmes sont constants : une attention particulière à la culture du houblon, au financement des chambres d'agriculture, aux aspects agricoles du permis de chasse, aux cultivateurs sinistrés de sa région, etc. Il s'intéresse aussi aux conditions de rémunération des fonctionnaires des communes et collectivités publiques, qu'il veut aligner sur celles des fonctionnaires de l'Etat (proposition de loi dans ce sens le 8 novembre 1951). Le 13 février 1952, il dépose une autre proposition de loi pour modifier les règles qui président à l'expropriation des terrains acquis pour les besoins de la défense nationale et les travaux d'équipement du territoire, en suggérant de confier à une commission paritaire le soin d'expertiser les terres expropriées et de fixer le montant de l'indemnisation.

Ses interpellations sur la politique agricole du gouvernement sont nombreuses, et de nouveau Michel Kauffmann intervient sur les déchirements de la seconde guerre mondiale et le drame des « malgré-nous » alsaciens à l'occasion du procès relatif à la tragédie d'Oradour-sur-Glane (décembre 1952 janvier 1953).

Avec son groupe RPF, Michel Kauffmann vote, le 21 septembre 1951, en faveur de la loi Barangé-Marie sur l'enseignement privé qui sèmera la discorde au sein de la Troisième force. Il s'oppose au projet de Communauté européenne du charbon et de l'acier (13 décembre 1951), s'abstient volontairement lors du vote d'investiture d'Antoine Pinay (6 mars 1952), accorde sa confiance à Joseph Laniel (26 juin 1953) et la refuse à Pierre Mendès France (17 juin 1954). Il se prononce pour la question préalable opposée par Edouard Herriot et le général Aumeran à la discussion de la ratification de la CED (Communauté européenne de défense) le 30 août 1954, vote équivalent au rejet du traité. Le 12 octobre 1954, Michel Kauffmann vote en faveur des accords de Londres qui mettent un terme à l'occupation de l'Allemagne, et de nouveau en faveur de la ratification des accords de Paris le 29 décembre, qui permettent le réarmement de la RFA et son entrée dans l'OTAN. Il accorde sa confiance à Edgar Faure le 23 février 1955, mais la lui retire lors de la chute de son cabinet, le 29 novembre 1955.

En 1956, second sur la liste du général Koenig, et en dépit d'un score meilleur que sa tête de liste (30 302 voix contre 24 316) il n'est pas réélu ; c'est à ce moment qu'il met fin à son travail d'exploitant agricole qu'il n'avait pas abandonné, et devient attaché agricole près de l'Ambassade de France à Bonn de 1957 à 1959.

L'avènement de la Cinquième République lui permet de réaliser son ambition sénatoriale. Après un premier échec au Conseil de la République en juin 1958, il est élu sénateur du Bas-Rhin le 26 avril 1959 et s'inscrit au groupe des Républicains progressistes et du Centre démocratique. Réélu le 22 septembre 1968, il est nommé membre de l'Assemblée consultative du Conseil de l'Europe. Il ne se représente pas en 1977. Elu en 1973 au Conseil régional d'Alsace, il assure la vice-présidence de cette assemblée de 1973 à 1975.

Il décède à Ittenheim le 25 mai 1987 à l'âge de 72 ans.



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