Charles-Ferdinand de Laborie de La Batut

1854 - 1933

Informations générales
  • Né le 9 mai 1854 à Bergerac (Dordogne - France)
  • Décédé le 11 mars 1933 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 octobre 1885 au 14 octobre 1889
Département
Dordogne
Groupe
Union républicaine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 22 septembre 1889 au 14 octobre 1893
Département
Dordogne
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 20 août 1893 au 31 mai 1898
Département
Dordogne
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 8 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Dordogne
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 27 avril 1902 au 31 mai 1906
Département
Dordogne
Groupe
Union démocratique
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 6 mai 1906 au 31 mai 1910
Département
Dordogne
Groupe
Union démocratique
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 24 avril 1910 au 18 mars 1912
Département
Dordogne
Groupe
Gauche démocratique

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 7 janvier 1912 au 8 janvier 1921
Sénateur
du 9 janvier 1921 au 13 janvier 1930

Biographies

Député de 1885 à 1889, né à Bergerac (Dordogne) le 9 mai 1854, il se fit recevoir docteur en droit à Paris, fut élu conseiller général du canton d'Issigeac (Dordogne), le 8 octobre 1871, et fut nommé, après le 16 mai, juge suppléant au tribunal de la Seine.

Maire de Montbazillac, il se présenta comme candidat républicain à la députation, aux élections générales du 21 août 1881 dans la 2e circonscription de Bergerac, où il échoua avec 5,743 voix contre 8,277 à l'élu bonapartiste, M. Thirion-Montauban.

Porté, lors des élections au scrutin de liste du 4 octobre 1885, sur la liste républicaine de la Dordogne, il fut élu député, le 8e et dernier, par 60,744 voix sur 120,527 votants et 146,593 inscrits.

Il prit place à l'Union des gauches, et soutint avec ce groupe la politique scolaire et coloniale du gouvernement; il a cependant voté contre l'expulsion des princes. En dernier lieu il s'est prononcé :

- pour le rétablissement du scrutin d'arrondissement (11 février 1889),
- contre l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution,
- pour les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes,
- pour les poursuites contre le général Boulanger;

il s'est abstenu sur le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse.

On a de lui : Etablissements de bienfaisance en France.

Né le 9 mai 1854 à Bergerac (Dordogne), mort le 11 mars 1933 à Paris.

Député de la Dordogne de 1885 à 1912.

Sénateur de la Dordogne de 1912 à 1930.

(Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. III, p. 472.)

Le vicomte de Laborie de La Batut avait été élu député de la Dordogne en 1885 comme républicain. Ce docteur en droit de 30 ans, juge suppléant au tribunal de la Seine, occupait déjà une position locale très forte : maire de Montbazillac, déjà membre du Conseil général de la Dordogne dont il sera plus tard le président. C'était un esprit libéral, assez ouvert aux idées de progrès. L'idéal qui domina toute sa vie fut de favoriser et d'étendre l'action des institutions de bienfaisance. On lui doit d'ailleurs un ouvrage sur le rayonnement de ces organismes en France.

En 1892, la Chambre des députés lui fait l'honneur de l'élire secrétaire de son bureau. Elle le reconduira régulièrement dans cette fonction dix ans durant. Deux commissions surtout bénéficieront des compétences de La Batut : celle de l'agriculture et celle de la législation fiscale. Il fut un rapporteur fort écouté, et sur les sujets les plus divers : culture du lin, vente des gages au Mont-de-Piété, droits d'enregistrement, assurance mutuelle agricole, police sanitaire des animaux, etc..

Cet esprit vif et imaginatif était également assez prodigue en propositions, dont la plupart se rapportaient au développement de la bienfaisance, mais avec quelques autres, fort bien trouvées, dans des domaines variés : témoin ce projet de résolution (1892) pour la création d'une carte-lettre réponse valable dans tous les pays appartenant à l'union postale universelle. Comme il marquait une vive attention aux problèmes de son département - toujours, par exemple, à réclamer l'ouverture de crédits en faveur de l'agriculture de la Dordogne fréquemment sinistrée - Bergerac ne lui ménageait pas ses suffrages.

Sa réélection la plus difficile fut celle de 1898 ; encore l'emporta-t-il par 9.776 voix contre 6.254 à son concurrent de droite, Delfit, ancien officier de marine ; la plus facile fut celle de 1893 où il fut élu sans personne contre lui, par 11.096 suffrages.

Un siège de sénateur de la Dordogne se trouvant vacant par suite de décès, La Batut se porta candidat au scrutin du 7 janvier 1912 et triompha dès le premier tour par 573 voix sur 1.116 votants. Il entamait ainsi au Luxembourg, où il s'inscrivit au groupe de l'union républicaine, une carrière ininterrompue de dix-huit ans, aussi régulièrement réélu sénateur qu'il avait l'habitude d'être réélu député.

Le Sénat lui fit d'ailleurs pareil honneur que la Chambre, l'élisant dès 1913 secrétaire de son bureau. Immédiatement, La Batut compte dans trois commissions au moins : du budget, des affaires étrangères, de l'armée.

La guerre étant survenue, le sénateur de la Dordogne semble montrer un subit et grand intérêt aux problèmes militaires et aux morts pour la France. Mais l'on ne s'étonnera pas que, même dans ce domaine, ce soient les aspects humanitaires de bienfaisance qui retiennent La Batut. Un de ses rapports fit particulièrement impression sur le Sénat et ce fut celui qu'il présenta à propos d'un projet de loi attribuant à l'autorité militaire le droit de pourvoir par voie de réquisition au logement et à la subsistance des individus expulsés des places fortes comme bouches inutiles.

Au renouvellement du Sénat de 1930, La Batut, qui était juge honoraire au tribunal de la Seine et membre du conseil d'administration de l'Office du commerce extérieur, décida de ne pas se représenter.

Il mourut le 11 mars 1933 à son domicile parisien, à l'âge de 78 ans.