Marie, Charles, Gabriel, Sosthène La Rochefoucauld de Bisaccia

1825 - 1908

Informations générales
  • Né le 14 septembre 1825 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 28 août 1908 à Bonnétable (Sarthe - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 8 février 1871 au 7 mars 1876
Département
Sarthe
Groupe
Extrême-droite
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 5 mars 1876 au 25 juin 1877
Département
Sarthe
Groupe
Union des Droites
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 14 octobre 1877 au 15 janvier 1878
Département
Sarthe
Groupe
Union des Droites
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 3 mars 1878 au 14 octobre 1881
Département
Sarthe
Groupe
Union des Droites
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 août 1881 au 14 octobre 1885
Département
Sarthe
Groupe
Union des Droites
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 octobre 1885 au 14 octobre 1889
Département
Sarthe
Groupe
Union des Droites
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 22 septembre 1889 au 14 octobre 1893
Département
Sarthe
Groupe
Union des Droites
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 20 août 1893 au 31 mai 1898
Département
Sarthe
Groupe
Union des Droites

Biographies

Représentant en 1871, député de 1876 à 1889, né à Paris le 1er septembre 1825, fils de Louis-François-Sosthène de La Rochefoucauld-Doudeauville (V. ce nom) (1785-1864), député de 1815 à 1816 et de 1827 à 1830, et d'Elisabeth-Hélène-Pierre de Montmorency-Laval, Marie-Charles de La Rochefoucauld resta étranger à la vie politique jusqu'aux événements de 1871.

Elu, comme légitimiste, par les conservateurs de la Sarthe, le 8 février, représentant à l'Assemblée nationale, le 9e et dernier, par 41 207 voix (84 400 votants, 135 095 inscrits), il prit place à l'extrême droite et ne cacha pas en mainte occasion son éloignement pour les institutions républicaines.

Adversaire du gouvernement de Thiers, après avoir voté pour la paix, pour les prières publiques, pour l'abrogation des lois d'exil, il fut un des onze représentants qui se déclarèrent opposés à l'adoption d'un ordre du jour de confiance en faveur du chef du pouvoir exécutif, à la suite de la discussion des impôts sur les matières premières le 22 janvier 1872.

Quelques mois plus tard, le 20 juin, il fit partie des délégués de la droite qui firent auprès de Thiers la manifestation connue sous le nom de députation des « bonnets à poil », et ayant pour objet de le sonder sur ses vues politiques.

Il soutint en 1873, à Paris, la candidature bonaparto-royaliste du colonel Stoffel.

M. de La Rochefoucauld se prononça pour le pouvoir constituant de l'Assemblée, contre la dissolution, contre le retour à Paris et contribua au renversement de Thiers le 24 mai 1873. Après la chute du président, il donna son concours à la politique suivie par les ministres de maréchal de Mac Mahon et, à plusieurs reprises, se rendit auprès du comte de Chambord pour négocier la « fusion » des deux branches des Bourbons et préparer une restauration. Devant l'insuccès de ces tentatives, il se décida à voter le septennat et fut nommé, le 4 décembre 1873, ambassadeur à Londres.

Dans ce poste, il se fit remarquer surtout par la somptuosité de ses fêtes, et par le luxe royal qu'il déploya lors d'une visite du prince de Galles dans ses propriétés.

Il continua, d'ailleurs, de siéger assez assidûment à l'Assemblée. Membre de la commission des lois constitutionnelles, lorsque M. Casimir Perier vint demander, en juin 1874, que l'Assemblée se hâtât de voter ces lois, M. de La Rochefoucauld déposa (15 juin) une proposition ainsi conçue :

« L'Assemblée nationale décrète :
Article 1er. Le gouvernement de la France est la monarchie. Le trône appartient au chef de la maison de France.
Art. 2. Le maréchal de Mac Mahon prend le titre de lieutenant-général de royaume. »

Cette proposition, appuyée par l'extrême droite, ne réunit qu'un petit nombre de voix. Comme elle était, d'ailleurs, contraire au régime légal du septennat, M. de La Rochefoucauld dut se démettre de ses fonctions d'ambassadeur; il reçut ses lettres de rappel le 3 juillet.

Il vota ensuite contre l'ensemble de la Constitution, pour la loi sur l'enseignement supérieur, offrit de sa bourse 1 200 000 francs à l'Université catholique d'Angers, et s'associa jusqu'à la fin de la législature aux manifestations de ses collègues royalistes. Lorsqu'eut lieu le scrutin pour l'élection des sénateurs inamovibles, il fut du petit nombre de ceux qui repoussèrent tout compromis avec les gauches.

Après avoir posé, puis retiré sa candidature au Sénat, M. de La Rochefoucauld fut élu député de la 1re circonscription de Mamers, au second tour de scrutin, le 5 mars 1876, par 6 527 voix (12 825 votants, 15 426 inscrits), contre 6 118 voix à M. Granger, républicain. L'appoint des voix bonapartistes avait décidé du succès. Il siégea dans la minorité de droite, combattit le cabinet Jules Simon, et applaudit à l'acte du 16 mai 1877.

Adversaire des 363, il fut réélu député, avec l'appui du gouvernement, le 14 octobre suivant, par 7 241 voix (13 784 votants, 16 217 inscrits), contre 2 884 à M. de Beaurepaire, 1 946 à M. Granger et 1 645 à M. Girard.

Il reprit sa place à droite, vit son élection invalidée le 15 janvier 1878, comme entachée de pression, et obtint sa réélection, le 3 mars suivant, avec 7 307 voix contre 5 233 à M. Lherminier, républicain. Toujours prêt à combattre le gouvernement de la République, il fit une opposition constante aux divers ministères de gauche qui occupèrent le pouvoir et parut plusieurs fois à la tribune, pour y faire, au nom de la droite royaliste, des déclarations politiques. Il vota contre l'article 7, contre l'amnistie, etc.

Il fut réélu, le 21 août 1881, par 6 471 voix (12 814 votants, 15 761 inscrits), contre 4 148 voix à M. Leporché et 2 037 à M. Granger. Il repoussa le projet de divorce adopté en 1882 par la Chambre des députés, et présenta un amendement tendant à interdire à la femme divorcée de porter le nom de son mari : cet amendement fut pris en considération puis rejeté, à la suite de quelques observations de M. Lepère. Il se montra aussi très opposé à la politique extérieure du gouvernement, et vota contre les crédits de l'expédition du Tonkin. Plusieurs fois les interruptions lancées par M. de La Rochefoucauld aux orateurs de la gauche qui occupaient la tribune, provoquèrent des incidents parlementaires.

Doyen du conseil général de la Sarthe, qu'il a présidé, il fut inscrit, en octobre 1885, sur la liste monarchiste de ce département, et élu député au second tour de scrutin, le 6e sur 7, par 52 183 voix (107 837 votants, 127 345 inscrits). Il présida le groupe de la droite royaliste, dont il fut encore fréquemment l'interprète, donna son adhésion au programme révisionniste lu à la tribune de la Chambre, le 4 juin 1888, par le général Boulanger, et se prononça, en dernier lieu :

- contre le rétablissement du scrutin d'arrondissement (11 février 1889),
- pour l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution,
- contre les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes,
- contre le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse,
- contre les poursuites contre le général Boulanger.


Né le 14 septembre 1825 à Paris, mort le 28 août 1908 à Bonnétable (Sarthe).

Député de la Sarthe de 1876 à 1898.

(Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. 111, p. 603).

En 1889, le duc de La Rochefoucauld fait partie du Comité des Dix et signe le manifeste des droites. Aux élections générales de septembre, il se représente, comme révisionniste, aux électeurs de Mamers. Il est réélu au premier tour avec 7.330 voix contre 5.441 au républicain Le Chevalier sur 15.276 inscrits et 12.903 votants.

Il se fait remarquer, le 23 juin 1890, dans le débat animé sur la validation des élections de l'arrondissement de Lodève, par des interruptions qui lui valent un rappel à l'ordre avec inscription au procès-verbal. Le 13 mars 1893, dans la discussion des interpellations sur un épisode de l'affaire de Panama, l'affaire Cottu, qui provoqua la démission du ministre de la Justice Bourgeois, il propose un ordre du jour de réprobation envers ce dernier et le gouvernement. Dix jours plus tard, au nom des droites qu'il préside, il appuie la proposition de Cazanove de Pradine tendant à inviter le Président de la République à dissoudre la Chambre. Sa profession de foi pour les élections de 1893 dépeint assez bien le personnage : « Aux inepties débitées ou imprimées sur mon compte, je ne veux répondre que par le dédain. Au moment où la question financière est si grave et où la moralité publique a tant souffert de ces tristes affaires du Panama, vous ne retirerez pas à votre ancien député la confiance que vous lui témoignez depuis vingt-deux ans. Vous ne lui préférerez pas un nouveau venu dans le département, qui n'a d'autre raison d'y paraître que d'être le candidat officiel de M. le préfet.

« Mon dévouement vous est acquis. Vous me connaissez tous. Protecteur de l'agriculture, défenseur du commerce et de l'industrie, avant tout ami de l'ouvrier, mon passé vous garantit mon avenir. Comptez sur moi comme je compte sur vous. »

L'appel fut entendu : le duc de La Rochefoucauld obtint d'emblée 6.985 suffrages contre 5.661 à Le Chevalier.

Au cours de la nouvelle législature, s'il appartint à diverses commissions, il n'intervint qu'une fois : sur la discussion immédiate du projet portant autorisation de rembourser ou de convertir en rente 3 1/2 % la rente 4 1/2 %.

Aux élections de 1898, il fut battu d'assez peu par Joseph Caillaux, qui enlevait 12.939 voix, tandis que lui-même en recueillait 11.737 sur 29.140 inscrits et 24.883 votants.


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