Charles, Ange Laisant

1841 - 1920

Informations générales
  • Né le 1er novembre 1841 à Basse-indre (Loire-Inférieure - France)
  • Décédé le 5 mai 1920 à Asnières (Hauts-de-Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 20 février 1876 au 25 juin 1877
Département
Loire-Inférieure
Groupe
Républicain progressiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 14 octobre 1877 au 14 octobre 1881
Département
Loire-Inférieure
Groupe
Républicain progressiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 août 1881 au 14 octobre 1885
Département
Loire-Inférieure
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 octobre 1885 au 14 octobre 1889
Département
Seine
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 6 octobre 1889 au 14 octobre 1893
Département
Seine
Groupe
Gauche radicale

Biographies

Député de 1876 à 1889, né à La Basse-Indre (Loire-Inférieure) le 1er novembre 1841, il fut élève de l'Ecole polytechnique de 1861 à 1863, et en sortit officier du génie. Capitaine lors de la guerre franco-allemande, il fut chargé, pendant le siège de Paris, des travaux du génie au fort d'Issy, et reçut, le 18 janvier 1871, la croix de la Légion d'honneur.

Elu, le 8 octobre suivant, conseiller général républicain de la Loire-Inférieure, il fut envoyé en garnison en Corse et en Algérie, ce qui ne l'empêcha point d'assister aux sessions du conseil général et d'y prendre (1873 et 1874) une attitude hostile à l'administration.

Afin de se consacrer plus librement à la politique militante, le capitaine Laisant donna sa démission en 1875, puis se présenta, le 20 février suivant, comme candidat républicain, aux élections législatives dans la 1re circonscription de Nantes : il fut élu député par 8 720 voix (14 660 votants, 21 746 inscrits), contre 5 870 à M. Polo, constitutionnel. Il s'inscrivit au groupe de l'Union républicaine en même temps qu'à celui de l'extrême gauche, avec lequel il se prononça pour l'amnistie plénière.

Après l'acte du 16 mai 1877, il fut des 363.

Il avait déposé pour la première fois, en juin 1876, la fameuse proposition tendant à la réduction du service militaire à trois ans et à la suppression du volontariat ; cette proposition conquit dans toute la France, et particulièrement dans les casernes, une rapide popularité; plusieurs fois reproduite par son auteur, elle devait être bien souvent repoussée par la majorité parlementaire, avant de triompher, non sans avoir subi d'importantes modifications de détail : M. Laisant la renouvela notamment sans succès en mars 1877, puis en 1878, après avoir obtenu sa réélection comme député

Le 14 octobre 1877, il est en effet réélu par 9 692 voix (14 987 votants, 21 266 inscrits), contre 5.162 à M. de Cornulier-Luciniére, monarchiste, candidat officiel. Reprenant sa place à l'extrême gauche, le député de Nantes se prononça à nouveau pour l'amnistie plénière, vota en faveur de l'article 7, de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, de la liberté de réunion et d'association, et eut pendant la législature, à la suite d'un incident parlementaire, un duel avec son collègue de l'extrême droite, M. de la Rochette. Abordant assez fréquemment la tribune, surtout dans la discussion des affaires militaires, il y fit preuve d'un réel talent d'exposition. En janvier 1879, il prit la direction du journal le Petit Parisien. Ce fut dans cette feuille qu'il lança (1880) contre M. de Cissey (V. ce nom), ancien ministre de la Guerre, les accusations les plus graves : elles n'allaient à rien moins qu'à taxer le général de complicité avec la baronne de Kaulla, convaincue d'espionnage au profit de l'Allemagne. M. de Cissey demandait une enquête ; mais le général Farre le mit en demeure de poursuivre lui-même ses diffamateurs. Cependant M. Laisant continuait ses attaques et réclamait la mise en accusation de l'ancien ministre. Celui-ci intenta enfin une action en diffamation contre M. Laisant, directeur du Petit Parisien, et contre M. Henri Rochefort, rédacteur en chef de l'Intransigeant : chacun d'eux fut condamné à 8 000 francs de dommages-intérêts, à l'amende et à de nombreuses insertions du jugement dans des journaux. L'affaire était cependant loin d'être vidée, car la commission d'enquête parlementaire allait entrer en fonctions. À la Chambre, la même affaire provoqua bientôt un nouveau scandale : M. Laisant revint, dans la commission d'abord, puis à la tribune, sur ses accusations d'espionnage et les précisa en y mêlant le nom de M. Emile de Girardin : il en résulta un violent débat. Persistant à réclamer la réduction du service militaire à trois ans dans l'armée active, contrairement à l'avis de la majorité opportuniste qui la déclarait prématurée, M. Laisant limita (1881) sa proposition aux points suivants : réduire de 40 à 36 mois le service de la seconde portion du contingent, remplacer le volontariat d'un an par le service obligatoire de trois ans ; élever de 12 à 36 mois le service de la première portion du contingent ; enfin la commission, dont M. Laisant lui-même était rapporteur, admettait le renvoi dans leurs foyers de tous les jeunes gens qui auraient témoigné d'une instruction militaire suffisante dans des concours annuels. Le débat auquel ce projet donna lieu devant la Chambre fut passablement confus et contradictoire : plusieurs points importants avaient été omis par la commission, qui songea un instant à rétablir la distinction entre les deux portions du contingent, puis se rallia à un amendement de M. Amédée Le Faure qui consacrait par voie législative la situation de fait antérieurement créée par le ministre. Soutenu par MM. Keller et de Roys, le général Farre, ministre de la Guerre, attaqua vivement l'œuvre de la commission, et finalement l'ajournement de la « loi de trois ans » fut prononcé.

Aux élections du 21 août 1881, M. Laisant vit combattre sa candidature avec un égal acharnement par les républicains modérés et par les royalistes: après avoir réuni, dans la 1re circonscription de Nantes, au premier tour de scrutin, 7 142 voix contre 7 969 partagées entre un opportuniste et un légitimiste, il l'emporta au second tour, le 4 septembre, ses concurrents s'étant retirés, avec 6 805 voix (7,396 votants, 23 955 inscrits). Il siégea comme précédemment à l'extrême gauche et intervint fréquemment dans les débats relatifs à l'armée, au recrutement et à la politique extérieure. Adversaire des ministères Gambetta, Freycinet et J. Ferry, il les combattit tant à la Chambre que dans le journal la République radicale, qu'il avait récemment fondé, et où il publia notamment, sous ce titre : la Chambre infâme, une violente appréciation des actes de la majorité. Il soutint et conseilla, pendant son passage au pouvoir, le général Thibaudin, et passa pour lui avoir inspiré, entre autres décrets, celui qui soumettait au corps du « contrôle » tous les actes administratifs de la direction centrale du ministère de la Guerre. Lorsque M. Jules Ferry eut obtenu du président de la République la retraite du général Thibaudin, M. Laisant fut de ceux qui protestèrent le plus vivement contre « la conspiration orléaniste dont les ministres se faisaient les complices ». Il dirigea contre le pouvoir plusieurs questions et interpellations et ne cessa de se montrer très hostile à l'expédition du Tonkin, dont il repoussa constamment les crédits.

Aux élections générales du 4 octobre 1885, M. Laisant ne se représenta point dans le département de la Loire-Inférieure ; ayant été inscrit sur diverses listes radicales dans celui de la Seine, il obtint, au premier tour de scrutin, 126 552 voix, fut maintenu sur la liste dite de conciliation, et fut élu au ballottage, le 24e sur 34, par 284 191 voix (416 886 votants, 564 338 inscrits). Il reprit sa place à l'extrême gauche, vota pour l'expulsion des princes (juin 1886), attaqua le cabinet Rouvier a son avénement (mai 1887), défendit le général Boulanger, lors de l'interpellation du 11 juillet, trois jours après la manifestation à la gare de Lyon, parla sur la loi militaire (juin) en faisant l'apologie du service de trois ans, et s'associa pleinement au mouvement boulangiste. Il avait constamment soutenu le général, pendant son ministère ; il publia alors une brochure de propagande : Pourquoi et comment je suis devenu boulangiste. Pour prévenir le reproche d'accord de ce parti avec les bonapartistes, il proposa, le premier (24 novembre 1888), le transfert au Panthéon des restes de Baudin ; la Chambre lui refusa l'urgence, qu'elle accorda à la proposition identique de M. Barodet qui adjoignait aux honneurs du Panthéon Hoche, Carnot et Marceau. Membre du comité directeur de la Ligue des patriotes, M. Laisant fut compris (11 mars 1889) dans la demande en autorisation de poursuites déposée par le garde des sceaux, et votée, le 14, par 354 voix contre 227 ; il fut condamné avec ses deux collègues, MM. Laguerre et Turquet, à 100 francs d'amende. En dernier lieu, il s'est prononcé : contre le rétablissement du scrutin d'arrondissement (11 février 1889), pour l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution, contre les poursuites contre le général Boulanger; il s'était abstenu sur le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse.

M. Laisant, qui a fait des sciences mathématiques une étude spéciale, a conquis, le 29 novembre 1877, le grade de docteur ès sciences avec deux thèses : les Applications mécaniques du calcul des quaternions, et Nouveau mode de transformation des courbes et des surfaces.

On a encore de lui :
- Introduction à la méthode des quaternions (1881) ;
- l'Anarchie bourgeoise (1889).

Né le 1er novembre 1841 à Basse-Indre (Loire-Inférieure), mort le 5 mai 1920 à Asnières (Seine).

Député de Loire-Inférieure de 1876 à 1885.


Député de la Seine de 1885 à 1893.

(Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. III, p. 540.)

En 1889, Charles Ange Laisant fut réélu député de la Seine dans la 1re circonscription du XVIIIe arrondissement de Paris au deuxième tour de scrutin par 3 600 voix contre 3 214 à son concurrent Lafont, socialiste.

Il s'était présenté sous l'étiquette boulangiste et défendit ardemment la cause de Boulanger lors de la séance mémorable du 9 décembre 1889 en s'élevant vigoureusement contre la validation de Joffrin.

Ardent apôtre de certaines réformes démocratiques, Laisant continua l'œuvre qu'il avait entreprise sous les précédentes législatures. Il signa notamment avec plusieurs de ses collègues une proposition de loi tendant à instituer une Caisse nationale des retraites du travail. Mais l'échec du boulangisme l'avait profondément déçu et il ne devait pas se représenter aux élections générales de 1893. Il rentra dans la vie privée après avoir occupé pendant dix-huit ans une place très en vue au Parlement.

Sa retraite politique ne devait d'ailleurs pas mettre un terme à son inlassable activité : ainsi, il prit nettement position en faveur de la révision du procès Dreyfus.

Parallèlement à son rôle important dans la vie publique, il publia de nombreux ouvrages scientifiques ; il dirigea notamment la partie mathématique de la Grande encyclopédie, fonda une importante publication, Intermédiaire des mathématiciens, fut à la tête des Nouvelles annales de mathématiques et fut secrétaire de la commission permanente du répertoire bibliographique des sciences mathématiques.

Il s'intéressa également aux problèmes de pédagogie scientifique, enseigna à Sainte-Barbe et fut examinateur à l'Ecole polytechnique.

Membre d'innombrables associations scientifiques, il fut promu officier de la Légion d'honneur en 1902.


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