Pascal Marchetti

1905 - 1971

Informations générales
  • Né le 4 septembre 1905 à Lyon (Rhône-et-Loire - France)
  • Décédé le 26 décembre 1971 à Marseille (Bouches-du-Rhône - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Union pour la nouvelle République

Biographies

Biographie de la Ve République

MARCHETTI (Pascal)
Né le 4 septembre 1905 à Lyon (Rhône)
Décédé le 26 décembre 1971 à Marseille (Bouches-du-Rhône)

Député des Bouches-du-Rhône de 1958 à 1962

En 1931, alors âgé de 26 ans, Pascal Marchetti devient officier ministériel à Marseille. Comme pour beaucoup d’hommes de sa génération son engagement en politique passe par l’expérience de la seconde guerre mondiale. Résistant de la première heure, il participe notamment aux actions du groupe « Gilbert ». Dirigé par les colonels Groussard et Boiseaux, ce réseau fournit des renseignements à l’Intelligence Service. A la libération, il est décoré de la croix de guerre. A la différence du colonel Groussard, un antigaulliste virulent, le futur parlementaire nourrit une admiration indéfectible pour le général de Gaulle. Aussi adhère-t-il au RPF (Rassemblement du peuple français) dès sa fondation en 1947. Il en devient le secrétaire général pour le département des Bouches-du-Rhône. Par la suite, il préside la fédération des Républicains sociaux, mouvement qui rassemble les partisans gaullistes et dont le principal dirigeant est Jacques Chaban-Delmas.
Fort de sa bonne implantation locale, il décide de se présenter aux élections législatives de novembre 1958 dans la huitième circonscription des Bouches-du-Rhône. Parmi ses principaux concurrents figurent Marcel Guizart, soutenu par le parti communiste français (PCF), et surtout Gaston Defferre, le député socialiste sortant, déjà maire de Marseille et ancien ministre. Dans sa profession de foi, le candidat gaulliste appelle les électeurs qui ont voté oui au référendum de septembre 1958 pour la nouvelle Constitution de confirmer ce choix en le désignant comme leur représentant. Alors qu’il n’arrive qu’en troisième position à l’issue du premier tour, récoltant moitié moins de voix que Defferre, il parvient finalement à l’emporter le 30 novembre 1958 dans la triangulaire qui l’oppose au maire de Marseille et au candidat du PCF. Il bénéficie entre les deux tours du report d’une partie des voix des candidats qui avaient échoué le 23 novembre (Edouard Devictor pour le Comité d’Union des démocrates chrétiens et militants d’action familiale, Roger Ceris pour l’Union nationale, Jacques Loock pour la Défense des libertés, Henry Moreau pour l’Union pour l’indépendance nationale et la défense des libertés). Il obtient 38,97 % des voix contre 38,52 % pour Defferre et 22,50 % pour Guizart. C’est auréolé de cette courte mais belle victoire sur Gaston Defferre qu’il entre au Palais-Bourbon.
Inscrit au groupe de l’UNR (Union pour la nouvelle République), Pascal Marchetti siège de 1959 à 1962 à la Commission de la production et des échanges. En 1960, 1961 et 1962, il rapporte l’avis de cette commission sur le projet de loi de finances. Le 5 décembre 1960, lors de la discussion du projet de loi de finances pour 1961, il dépose un amendement visant à majorer la taxe de circulation sur les viandes. Devenu un membre important de la commission de la production et des échanges, il participe aux travaux de différentes commissions spéciales. Il est notamment vice-président de celle chargée d’examiner la proposition de loi relative aux filiales d’entreprises publiques. En juillet 1959, il est également élu au Sénat de la Communauté, instance dont l’existence fut particulièrement brève en raison de l’accession à l’indépendance des Etats africains qui en étaient membres.
Député des Bouches-du-Rhône, Pascal Marchetti déploie une grande énergie pour défendre les intérêts de son département et de Marseille, ville dont il devient l’un des conseillers municipaux à partir de 1959. Le 24 juin 1959, il souligne « l’intérêt immédiat » de réaliser le canal de Provence. Trois ans plus tard, durant la discussion du projet de loi portant approbation du IVème plan, il insiste de nouveau « face à l’accroissement considérable des besoins en eau » sur la nécessité de construire ce canal. Au cours de cette intervertion, il demande également au gouvernement de faire un effort financier pour les ports maritimes, notamment celui de Marseille, afin de leur permettre de rivaliser avec leurs concurrents européens. Il milite enfin pour la mise en chantier rapide de la liaison Rhin-Rhône. Pascal Marchetti utilise également sa voix de parlementaire pour relayer les inquiétudes qui se manifestent dans sa circonscription concernant le sort des rapatriés ou encore la sécurité publique. Sur ce point, il demande en 1961 au ministre de l’intérieur de poursuivre ses efforts auprès du ministre des finances afin « d’obtenir les crédits suffisants pour doter d’une police efficace Marseille et toutes les autres villes où la nécessité s’en fait sentir. »
Enfin, lors des scrutins publics marquant les temps forts de la première législature de la Vème République c’est très logiquement qu’il accorde sa confiance par son vote au gouvernement Debré le 16 janvier 1959, puis au gouvernement Pompidou le 27 avril 1962. Il vote également le 2 février 1960 pour la loi autorisant le gouvernement à prendre certaines mesures relatives au maintien de l’ordre, à la sauvegarde de l’Etat, à la pacification et à l’administration de l’Algérie.
Quelques mois avant de quitter le Palais-Bourbon, il choisit de démissionner de la Commission de la production et des échanges pour rejoindre celle des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République.
Sa carrière politique nationale s’achève en 1962 après sa large défaite au deuxième tour des élections législatives face à un pilier du « defferrisme », le socialiste Jean Massé. Ce dernier recueille près de 62% des votes.