Robert Montillot

1882 - 1956

Informations générales
  • Né le 3 juillet 1882 à Le raincy (Seine-St-Denis - France)
  • Décédé le 18 mars 1956 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 23 avril 1933 au 31 mai 1936
Département
Haute-Saône
Groupe
Non inscrit
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Haute-Saône
Groupe
Parti républicain de la liberté
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Haute-Saône
Groupe
Parti républicain de la liberté
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Haute-Saône
Groupe
Parti républicain de la liberté
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Haute-Saône
Groupe
Rassemblement du peuple français

Biographies

Né le 3 juillet 1882 au Raincy (Seine-et-Oise).

Député de la Haute-Saône de 1932 à 1936.

Fils d'instituteur, Robert Montillot est docteur en droit, avocat à la cour d'appel de Paris et membre du comité directeur de l'alliance démocratique lorsqu'il se présente pour la première fois aux élections générales de 1928, dans la Haute-Saône, où il est battu. De nouveau candidat aux élections de 1932 dans la 2e circonscription de Lure, il obtient au premier tour, le 1er mai 1932, 6.403 voix contre 5.191 - sur 13.167 votants - à Maroselli. Il l'emporte au second tour, le 8 mai suivant, avec 6.781 voix contre 6.545 - sur 13.486 votants - à son adversaire du premier tour.

Républicain de gauche, son programme est un programme d'union, de conciliation, entre tous ceux qui veulent placer au-dessus des vieilles querelles politiques l'intérêt supérieur du pays. En ce qui concerne la politique extérieure, il adopte sans réserve le plan d'organisation de la paix, présenté à Genève par le gouvernement français. Et il affirme : « Seule la réalisation de ce plan, en donnant à la Société des Nations la force matérielle qui lui fait défaut, peut tuer définitivement la guerre. »

Sur le plan intérieur, il est nécessaire, selon lui, de restaurer l'autorité de l'Etat et de réduire les monopoles d'Etat.

A la Chambre des députés, Robert Montillot n'est inscrit à aucun groupe. Son élection est annulée le 23 février 1933. Réélu de justesse à l'élection partielle du 23 avril 1933, avec 6.672 voix contre 6.612 à Maroselli. Robert Montillot pendant cette quinzième législature, appartient à diverses commissions : aéronautique, armée, hygiène, administration départementale et communale, suffrage universel, ainsi qu'à la commission d'enquête chargée de rechercher toutes les responsabilités encourues depuis l'origine des affaires Stavisky. Il dépose plusieurs demandes d'interpellation et intervient à la tribune, notamment à propos d'un projet de loi portant organisation des mines domaniales de potasse d'Alsace, d'un projet de loi sur la cession de l'établissement thermal de Luxeuil-les-Bains, d'un projet de loi sur les groupes de combat et milices privées, de propositions de loi et de propositions de résolution relatives à la réforme électorale.

Aux élections de 1936, il est battu au second tour, le 3 mai, n'obtenant que 6.325 voix contre 6.786 à Mauguière, radical-socialiste.

Sa conduite pendant la guerre de 1914-1918, qu'il avait faite dans l'infanterie d'abord, dans l'aviation ensuite, et d'où il était revenu avec des blessures, avait valu à Robert Montillot le grade de chevalier de la Légion d'honneur et la croix de guerre.




Né le 3 juillet 1882 au Raincy (Seine-et-Oise)
Décédé le 18 mars 1956 à Paris (16ème)

Député de la Haute-Saône de 1932 à 1936
Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Haute-Saône)
Deputé de la Haute-Saône de 1946 à 1955

(Voir première partie de la biographie dans le Dictionnaire des Parlementaires français 1889-1940, Tome VII, p. 2507)

Robert Montillot a été candidat à l'élection législative dans la première circonscription de la Seine en 1919. Le 20 octobre 1935, il s'est présenté à l'élection sénatoriale en Haute-Saône, il a obtenu 391 voix, contre 447 à Maroselli qui fut élu ainsi que Jules Jeanneney.

Montillot, chef de file de la tendance modérée du département depuis 1932, ne réside pas en Haute-Saône durant la guerre. En 1945, on ne lui connaît pas d'activité résistante durant l'Occupation et il n'en revendique d'ailleurs pas.

Pour les élections à la première Assemblée nationale constituante, le 21 octobre 1945, Robert Montillot conduit une « liste d'entente républicaine » (URD) qui, avec 33 183 suffrages sur 135 014 inscrits et 105 008 exprimés, arrive en deuxième position. Elle est devancée par la liste pro-communiste « d'Union républicaine et Résistante », conduite par Pascal Copeau, ancien dirigeant de Libération Sud et délégué à l'Assemblée consultative provisoire de Paris (34 884 suffrages). Mais elle fait mieux que la liste radicale-socialiste de l'ancien sénateur André Maroselli, alliée aux socialistes (25 002 suffrages). Chacune de ces trois listes obtient un siège, contrairement au MRP qui n'a rassemblé que 11 839 suffrages. Réélu député, Montillot s'inscrit au groupe de l'Unité républicaine et il est désigné comme représentant de celui-ci à la commission de la Constitution. Il est l'un des trente-six députés votants contre le projet de loi relatif à la nationalisation de la Banque de France et des grandes banques le 2 décembre 1945 et vote ensuite contre la nationalisation de l'électricité, des compagnies d'assurance, etc. Lors de l'investiture de Félix Gouin, le 23 janvier 1946, le député de la Haute-Saône dépose un bulletin au nom de Michel Clemenceau. Il vote enfin, le 19 avril 1946, contre l'ensemble du projet Constitutionnel.

Pour l'élection à la deuxième Assemblée nationale constituante, Montillot mène une active campagne contre les représentants du tripartisme. Le 2 juin 1946, il conduit une liste du Parti républicain de la Liberté (PRL) qui arrive cette fois en tête du scrutin, avec 28 434 suffrages sur 134 162 inscrits et 108 388 exprimés. Les trois députés sortants sont réélus. Il est désigné de nouveau à la commission de la Constitution comme représentant du PRL, avec Bruyneel. En séance publique, il ne participe qu'aux débats relatifs au préambule de la Constitution et sur la liberté de l'enseignement. Il vote l'investiture de Georges Bidault le 19 juin 1946. Le 28 septembre, il vote contre le nouveau projet constitutionnel et appelle ses électeurs à le rejeter.

Avec le recul communiste, l'affrontement politique dans le département de Haute-Saône se structure entre les « modérés », à prédominance PRL conduit par Montillot, et les « centre gauche », à prédominance radicale, derrière Maroselli. Le 10 novembre 1946, pour l'élection à la première législature de la IVe République, Robert Montillot conduit une liste dite « du Parti républicain de la liberté et d'action gaulliste ». Il est de nouveau placé en tête, avec 27 011 suffrages en moyenne sur 132 949 inscrits et 103 312 exprimés. Parmi les cinq autres listes, une s'intitulait « liste de Rassemblement républicain et gaulliste pour la Liberté », mais elle n'a eu qu 5 758 suffrages et ne l'a guère gêné. A gauche, Pascal Copeau a disparu de la compétition au profit d'une étoile montante du Parti communiste Marcel Servin.

Montillot est nommé à la commission de la justice et de la législation - pour laquelle il défend durant toute la législature diverses propositions de loi et rapports - et comme juge titulaire de la Haute Cour de Justice. Il devient vice-président de celle-ci, du 30 avril 1948 à 1951. Il se fait surtout remarquer par de nombreuses interventions à la tribune. Il s'exprime régulièrement sur les questions de loyers, domaine particulièrement délicat après la guerre dans lequel il tend à se spécialiser, et toujours pour la défense des mines du bassin de Ronchamp, le plus grand de son département. Mais, la plupart de ses interventions sont essentiellement critiques envers les gouvernements du tripartisme puis de la Troisième force. Par exemple, il ne prend pas part au vote de confiance après le renvoi par Ramadier des ministres communistes, puis refuse le texte du statut de l'Algérie et vote contre la confiance au gouvernement le 30 octobre suivant. En décembre 1947, il critique sévèrement à la tribune de l'Assemblée le plan René Mayer. Refusant le vote du prélèvement forcé et le blocage des billets de 5 000 francs, il propose de réaliser des économies sur les budgets de fonctionnement des ministères et de réduire le nombre de fonctionnaires. Début 1948, dans le débat sur la nationalisation des écoles des houillères, il invective Robert Schuman qu'il accuse de trahison. Il se fait aussi un défenseur actif de l'amnistie en 1950.

Montillot s'inscrit à l'intergroupe gaulliste et adhère au RPF l'année suivante, lors de sa création. Il n'occupe toutefois aucune fonction dans le Rassemblement, ni au plan national ni au plan départemental, tenant à garder son indépendance complète, demeurant « avant tout PRL », selon les rapports préfectoraux. Il est résolument hostile au gouvernement de Paul Ramadier en janvier 1947, refuse de prendre part au scrutin lors du vote de confiance après le départ des ministres communistes le 4 juillet, vote contre le gouvernement le 30 octobre suivant et rejette le projet de statut de l'Algérie. Ses votes ne sont pas toujours conformes à ceux de la majorité des gaullistes et varient selon les gouvernements de la Troisième force. Ainsi, le 23 novembre 1947, il vote l'investiture de Robert Schuman, mais s'abstient pour celle de Queuille en 1949. Il refuse celle de Jules Moch, s'abstient pour celle de René Mayer et vote celle de Georges Bidault l'année suivante. Il se prononce naturellement contre la loi sur les apparentements en fin de législature.

Toujours résidant à Paris, il se rend souvent dans le département « où il rend visite régulièrement à ses électeurs influents et aux élus de son parti, maires et conseillers généraux », n'organisant que très rarement des réunions publiques, selon les Renseignements généraux. Il ne sollicite pas non plus de mandats locaux. En janvier 1950, il est le seul parlementaire du département à recevoir le général de Gaulle lors de sa visite à Vesoul.

En mai 1951, contraint au moment de la formation des listes pour les élections législatives du 17 juin 1951, de choisir entre le PRL et le RPF, Robert Montillot se représente sous l'étiquette RPF et se trouve, de ce fait exclu du PRL. Il fait équipe avec le conseiller national du RPF Maurice Georges, mais est placé en seconde position. Il obtient 27 543 suffrages personnels (27 635 pour la moyenne de la liste), sur 130 677 inscrits et 102 187 exprimés. Contrairement aux accords passés pour ces élections dans la plupart des circonscriptions de France, un apparentement est conclu en Haute-Saône entre le RPF et des listes de la Troisième force (Républicains indépendants, Indépendants et paysans et MRP), contre les communistes, mais aussi contre les radicaux de Maroselli et les socialistes. L'apparentement obtient la majorité des voix et les trois sièges lui sont attribués. Le RPF en obtient deux et les républicains indépendants voient l'élection d'André Liautey. Robert Montillot est le seul sortant du département réélu, le communiste Servin et le radical André Maroselli étant défaits. L'apparentement étant validé par l'Assemblée le 23 août 1951, Maurice Georges, André Liautey et Robert Montillot sont déclarés élus.

Robert Montillot est nommé membre de la commission de l'éducation nationale le 17 juillet 1951 et reconduit le même jour à la commission à la justice et de la législation. Deux ans plus tard, le 22 janvier 1953, il est désigné comme vice-président de cette dernière et à la commission des immunités parlementaires. Il est aussi confirmé comme juge à la Haute Cour de Justice le 28 août 1951. Il dépose une proposition de loi pour proposer des mesures fiscales en faveur du reboisement en décembre 1951 et se montre très présent à la tribune en se spécialisant notamment dans les débats budgétaires. Parlementaire affirmé, il est élu vice-président de l'Assemblée nationale le 9 juillet 1953, le demeure jusqu'en janvier 1954.

Robert Montillot vote tous les textes en faveur de l'aide à l'enseignement privé. Il refuse par contre d'approuver les projets visant à la construction européenne, comme le texte relatif au pool charbon-acier en décembre 1951, refuse sa confiance lors des interpellations sur la Communauté européenne de Défense le 19 février 1952, il vote enfin la question préalable posée par le général Aumeran qui aboutit au rejet du traité le 30 août 1954 et refuse les Accords de Paris en octobre suivant.

Un an après sa réélection, en 1952, il rompt avec le gaullisme en votant l'investiture d'Antoine Pinay après avoir contribué à la chute d'Edgar Faure. Il démissionne du groupe RPF en mars 1952. Il appartient successivement au Centre démocratique et social, puis au Groupe paysan, enfin au Centre national des Indépendants. Ayant rallié la droite classique, il approuve et défend le gouvernement Laniel et sa politique indochinoise, même après Dien-Bien-Phu, et est l'un des quarante-sept députés qui votent contre l'investiture de Pierre Mendès France, avant de participer à sa chute le 4 février 1955. Cependant, il accorde sa confiance à son successeur Edgar Faure le 23 février, vote le projet de loi proclamant l'état d'urgence en Algérie en mars. Il participe au renversement du gouvernement le 29 novembre qui est suivi de la dissolution de l'Assemblée le 2 décembre 1955.

Malade, Montillot a cessé depuis 1954 de se rendre régulièrement en Haute-Saône et ne sollicite pas le renouvellement de son mandat le 2 janvier 1956. Il décède le 18 mars 1956 à son domicile.

Commandant de réserve, il était chevalier de la Légion d'honneur, et titulaire de la croix de guerre 1914-1918.



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