Adrien Mouton

1902 - 1988

Informations générales
  • Né le 12 février 1902 à Molières-sur-cèze (Gard - France)
  • Décédé le 19 juin 1988 à Arles (Bouches-du-Rhône - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 3 mai 1936 au 21 janvier 1940 *
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Communiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Communiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Communiste

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Né le 12 février 1902 à Molières-sur-Cèze (Gard).

Député des Bouches-du-Rhône de 1936 à 1940.

Dès l'âge de 12 ans, Adrien Mouton travaille aux mines de Bessèges. En 1919, il participe aux grèves minières et mène une active propagande syndicale. En 1920, délégué de la région du Gard - Hérault - Pyrénées - Orientales au congrès national des jeunes socialistes, il vote pour l'adhésion à l'internationale communiste des jeunes. Son service militaire accompli, il poursuit dans divers congrès, et notamment au Ve Congrès mondial de l'internationale communiste, son activité de militant. A Marseille, où il s'est rendu en 1926, il est secrétaire du syndicat des métaux. Il entre ensuite au service de la voie de la compagnie du P.L.M.

Après deux échecs aux élections législatives de 1928 et de 1932, il est élu en 1936 dans la circonscription d'Arles, au second tour de scrutin, bénéficiant du désistement du candidat socialiste, par 13.494 voix contre 10.234 à Marceau Jouve, agraire, sur 23.728 suffrages exprimés.

A la Chambre, il est membre de la commission de l'armée, de la marine, des affaires étrangères, de l'agriculture, des douanes et des conventions commerciales. Il rapporte une proposition de Félix Gouin tendant à accorder des avantages spéciaux aux veuves et orphelins des ouvriers poudriers tués dans l'exercice de leurs fonctions et prend part à la discussion des crédits de la guerre, de la santé publique et de l'agriculture des budgets de 1937 et 1938.

Il est déchu de son mandat de député le 21 janvier 1940, comme la plupart de ses collègues communistes.




Né le 12 février 1902 à Molières-sur-Cèze (Gard)
Décédé le 19 juin 1988 à Arles (Bouches-du-Rhône)

Député des Bouches-du-Rhône de 1936 à 1940
Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Bouches-du-Rhône)
Député des Bouches-du-Rhône de 1946 à 1958

(Voir première partie de la biographie dans le Dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, Tome VII, p. 2537)

A la déclaration de guerre, Adrien Mouton est mobilisé à Toulon, puis en Moselle. Dans son autobiographie, Notes d'un vétéran sur les soixante ans du Parti communiste français 1920-1980, publiée à Arles en 1981, où il se met en scène comme simple témoin de la vie ouvrière, il n'évoque pas le « pacte germano-soviétique » qu'il a approuvé. Après la dissolution du Parti communiste et la déclaration de guerre, il est le seul député du « groupe ouvrier et paysan » présent à la Chambre, à approuver et applaudir Etienne Fajon, le 16 janvier 1940, lors de la dernière séance du débat consacré à la déchéance des députés communistes. Mais le compte-rendu des débats ne fait pas mention des « bravos » qu'il lance à son camarade. Adrien Mouton est finalement déchu de son mandat le 21 janvier 1940 alors qu'il a déjà rejoint son unité. Il est fait prisonnier le 10 juin 1940, lors de l'offensive allemande sur la Somme et reste en captivité en Westphalie puis en Prusse orientale jusqu'en janvier 1945. A cette date, il réussit à s'évader et rejoint l'Armée Rouge.

Dix jours après son retour en France, Adrien Mouton assiste le 26 juin 1945 au congrès national du PCF et est aussitôt délégué à l'Assemblée consultative provisoire. Son élection est validée le 18 juillet 1945 et il est nommé à la Commission de la justice et de l'épuration le 29 du même mois.

Le vétéran communiste conduit la « liste communiste d'Union républicaine et résistante » dans la 2e circonscription des Bouches-du-Rhône pour les élections à la première Assemblée nationale constituante le 21 octobre 1945. Elle arrive en deuxième position, avec 41 966 voix sur 156 791 inscrits et 125 291 exprimés, derrière les socialistes (51 574 suffrages), mais largement devant le MRP et les radicaux-socialistes (respectivement 27 235 et 4 216 suffrages). Adrien Mouton est le seul élu communiste de la circonscription, les socialistes en ont deux, Félix Gouin et Max Juvénal, le MRP fait élire Raoul Francou. Adrien Mouton est nommé à la Commission des pensions civiles et militaires et des victimes de la guerre et de la répression et présente une série de propositions de loi et défend des rapports au nom de celle-ci, notamment pour accélérer les procédures de divorce des prisonniers de guerre. Il est aussi nommé à la Haute Cour de justice.

Son activité à l'Assemblée est, au printemps 1946, jugée nulle par le préfet qui ajoute que « sa popularité en a grandement souffert ». Il ne serait connu que des vieux militants et « seule sa position de vétéran au sein du Parti communiste peut lui permettre de remporter un succès ». Il est pourtant réélu à la deuxième Assemblée constituante le 2 juin 1946. Dans les Bouches-du-Rhône, les partis de gauche reculent légèrement. La liste communiste d'Union républicaine et résistante obtient 40 370 suffrages sur 160 947 inscrits et 127 841 exprimés, celle de Félix Gouin, pourtant président du Conseil 47 661 ; le MRP, représenté cette fois par Gabriel Valay, progresse, avec 31 915, et la Rassemblement des gauches également avec 7 895 suffrages.

Adrien Mouton est reconduit à la Commission des pensions civiles et militaires et des victimes de la guerre et de la répression, ainsi qu'à la Haute Cour de justice. Son activité se limite à défendre quelques rapports et présenter quelques propositions de loi en Commission et plus rarement à la tribune où il présente deux amendements.

Le 10 novembre 1946, la liste communiste « d'Union républicaine et résistante », avec 44 207 voix, dépasse la liste SFIO qui, en plein scandale des vins, recule de 10 000 suffrages (37 998 voix). Le MRP régresse légèrement, avec 28 060 voix, deux autres listes se réclament du radicalisme et du gaullisme emportant eux respectivement, l'une 8 941 suffrages, l'autre 3 705. Ce succès permet aux communistes d'obtenir deux sièges, pour Adrien Mouton et pour Lucien Lambert, les autres allant à Félix Gouin et à Gabriel Valay alors que Max Juvénal est battu. Reconduit comme membre de la Commission des pensions durant toute la législature, il est élu secrétaire de celle-ci le 26 janvier 1948 et est désigné par elle pour faire partie de la Commission consultative des opérations de rapatriements tardifs. Les nombreuses propositions de loi qu'il présente et les rapports qu'il défend montrent que son attention est désormais aussi tournée vers les combattants de la Grande guerre. Il défend aussi à plusieurs reprises les intérêts des habitants d'Arles et de sa région, après l'incendie qui touche la ville en juin 1947 ou sur des questions populaires comme le régime de chasses gardées spéciales et enfin pour venir en aide aux ouvriers de Port-de-Bouc victimes d'un lock-out patronal. Il est très présent dans les travaux autour de la question des déportés du travail et les statuts du déporté et des combattants volontaires de la Résistance. Ses interventions à la tribune portent essentiellement sur le budget du ministère des Anciens combattants et victimes de guerre. Ses votes sont conformes à ceux du groupe communiste.

Adrien Mouton est élu conseiller municipal d'Arles, où il réside depuis la Libération, en octobre 1947. Il siège dans l'assemblée municipale jusqu'en 1959, puis après une interruption de deux mandats, y est réélu de 1971 à 1977.

Le 17 juin 1951, la liste communiste « d'Union républicaine résistante et antifasciste pour l'indépendance nationale, le pain, la liberté et la paix » progresse encore, avec 47 235 voix sur 166 380 inscrits et 131 276 exprimés, elle rassemble 35,8 % des voix et conserve ses deux élus, Adrien Mouton et Lucien Lambert. Si Félix Gouin est réélu, le républicain populaire Gabriel Valay a dû céder son siège au radical Léon Martinaud-Deplat, président administratif du parti républicain radical et radical-socialiste. En ces temps de guerre froide, Adrien Mouton et ses colistiers ont fait une campagne électorale active sur le thème du choix entre « la démocratie et le fascisme », « la paix ou la guerre ». Ils demandaient notamment le « départ des occupants américains du territoire français » et la paix au Viêt-Nam. Reconduit, comme simple membre, à la Commission des pensions durant toute la législature, le député des Bouches-du-Rhône est nommé par ailleurs à la Commission des territoires d'Outre-mer le 29 février 1952. Il dépose de nouveau un nombre considérable de propositions de loi sur les déportés du travail, les résistants, les anciens combattants et invalides militaires et leurs ayants droit.

Pour les élections du 2 janvier 1956, la liste du Parti communiste français fait campagne pour « un changement profond de politique », la « fin des opérations en Afrique du Nord et le retour immédiat des rappelés et des jeunes du contingent », en proposant l'union « de toutes les forces démocratiques » et la « reconstitution d'un nouveau Front populaire ». Avec 53 231 voix, elle gagne environ 6 000 suffrages par rapport à 1951, mais perd en pourcentage du fait de l'extension du nombre d'électeurs inscrits, 198 357, et surtout des exprimés, 161 431. Avec 33 % des voix, elle conserve ses deux élus. La présence de neuf listes permet aux socialistes, avec 35 141 suffrages et 21,8 % des exprimés seulement, d'obtenir les deux autres sièges de députés, pour Félix Gouin et à Max Juvénal lequel revient au Parlement après dix ans d'absence. Reconduit à la Commission des pensions, Adrien Mouton est nommé membre suppléant de la Commission des immunités parlementaires durant toute la législature. Outre ses interventions multiples et diversifiées concernant les pensionnés, visant notamment les questions de forclusion édictées contre les demandes tardives d'anciens combattants et victimes de guerre, il dépose des propositions de loi pour demander des équipements publics pour la région de Martigues, tel un établissement secondaire ou la construction d'un nouveau pont.

Avec son groupe, il s'oppose au retour du général de Gaulle (scrutins des 1er et 2 juin 1958)

Adrien Mouton perd son siège aux législatives de 1958, au scrutin uninominal, au profit du socialiste Charles Privat dans le 11e circonscription des Bouches du-Rhône, celle d'Arles. Il a obtenu 13 340 suffrages au premier tour sur 65 092 inscrits et 49 757 exprimés contre 19 821 à Privat qui est élu au second tour sans difficulté avec 20 845 voix, contre 13 422 à Adrien Mouton. Dans les limites de la circonscription, les communistes ont perdu 3 500 suffrages par rapport à 1956. Adrien Mouton est battu de nouveau par Charles Privat, maire de la ville, en 1962 (avec 14 237 suffrages sur 67 877 inscrits et 48 233 exprimés). Devancé, il se désiste en faveur du candidat socialiste qui est élu avec 68,9 % des voix au second tour. Adrien Mouton n'est plus candidat en 1967, alors qu'il fête ses soixante-cinq ans. En treize années de travail parlementaire, de 1945 à 1958, il ne s'est guère consacré qu'à l'activité de la Commission des pensions. Il y a été un défenseur acharné des positions communistes, contribuant à l'évolution des définitions et statuts respectifs des déportés, des déportés du travail, des résistants et des anciens combattants et victimes de guerre.

Retraité, le vieux militant communiste ne désarme pas. Il est élu au bureau national de l'ARAC en 1965, entre au comité national de l'association en 1967 et en est le président fédéral en 1980-1982. Il préside par ailleurs le Comité France-URSS et se rend souvent à ce titre en Union soviétique. Dans son autobiographie parue au printemps 1981, il écrit en conclusion « Cette existence active et mouvementée si elle a créé des soucis et des difficultés m'a apporté bien des satisfactions. Je continue à militer dans des organisations de masse et dans mon parti. Oui, en choisissant en décembre 1920 la route que j'ai suivie, j'ai pris le bon chemin ».

Veuf en 1979, sans enfants, il décède à l'âge de 86 ans, titulaire de la Croix du combattant et de la médaille des évadés.