André Paillieux

1899 - 1991

Informations générales
  • Né le 13 août 1899 à Granville (Manche - France)
  • Décédé le 13 décembre 1991 à Parthenay (Deux-Sèvres - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Seine
Groupe
Mouvement républicain populaire

Biographies

Biographie de la IVe République

PAILLIEUX (André, Marie)
Né le 13 août 1899 à Granville (Manche)
Décédé le 13 décembre 1991 à Parthenay (Deux-Sèvres)

Membre de la première Assemblée nationale constituante (Seine)

Grande figure du syndicalisme chrétien, André Paillieux est issu d’une famille normande et modeste ; il est fortement imprégné de catholicisme social. Orphelin d’un père mécanicien à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, il est élevé par sa mère dans des conditions impécunieuses et étudie au collège Sainte-Marie de Caen. Le déclenchement de la première guerre mondiale interrompt ses études secondaires et l’oblige à entrer dans la vie active dès avril 1915. Ainsi rejoint-il le Réseau ferroviaire d’Etat où il a effectué toute sa carrière et dont il a brillamment gravi tous les échelons jusqu’au sommet. Relégué dans un premier temps à des tâches ingrates et soumis à un statut des plus précaires, André Paillieux accède, par le concours, à un emploi stable et définitif au service de la voie.
Concurremment à son activité professionnelle et dès le premier après-guerre, il entre à la Fédération des syndicats professionnels des cheminots de France, affiliée à la CFTC, et en fonde la section de Caen. Militant chevronné, il progresse rapidement au sein de la hiérarchie du syndicat et accède au secrétariat général de l’Union Etat. Dès lors, il milite en faveur d’une coordination des différentes compagnies ferroviaires sous la forme d’une société d’économie mixte placée sous la houlette de l’Etat. Lorsque s’engagent les conversations entre le cabinet Chautemps et les compagnies privées, André Paillieux représente la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) dont les positions sont au diapason de celles du gouvernement. Cette convergence de vues se retrouve très largement dans les textes de la SNCF créée par le décret-loi du 31 août 1937.
Bien qu’épargné par la mobilisation en septembre 1939, ainsi que le prévoyait le statut professionnel des employés des Chemins de fer d’Etat, il ne s’engage pas moins activement dans la Résistance en ralliant le bureau clandestin de la CFTC. Plus connu sous le pseudonyme de « Granville », il prend, en octobre 1943, une part active à la création, puis à l’animation du comité parisien de Libération. Il est nommé, en 1943, membre de la commission ministérielle des voies et communications du Conseil national de la Résistance (CNR). Il participe ainsi à la direction collégiale des ministères des travaux publics et des PTT mise en place à la libération de Paris, entre le 19 août et le 10 septembre 1944, non sans avoir appelé au préalable, en accord avec ses homologues de la CGT, Gérard Ouradou en l’espèce, à la grève insurrectionnelle des cheminots.
Il est confirmé dans ses fonctions de secrétaire général de la fédération CFTC de la SNCF dont il est nommé, par ailleurs, administrateur avec quatre autres représentants de la CGT. Très présent dans la vie politique parisienne en voie de reconstitution, André Paillieux est nommé le 8 novembre 1944 à l’Assemblée consultative provisoire par le général de Gaulle sur la recommandation de Georges Bidault. Il rejoint alors la commission de l’équipement national, de la production et des communications ainsi que celle de la justice et de l’épuration. Il intervient assez régulièrement en séance, essentiellement lors de la discussion du projet de budget pour l’année 1945. Ainsi appelle-t-il à une régulation des tarifs comme à une remise en ordre des chemins de fer. Lors de la discussion générale relative à l’instauration de la sécurité sociale, il prend à témoin l’Assemblée sur le sort des employés de la SNCF et la défense de leur statut.
Lors des élections de la première Assemblée nationale constituante, le 21 novembre 1945, il dirige la liste du Mouvement républicain populaire (MRP) dans la sixième circonscription de la Seine. Le parti communiste y est remarquablement implanté et ses chefs de file locaux, Jacques Duclos et Charles Tillon, bénéficient d’une grande notoriété. Avec 143 942 des 308 887 suffrages exprimés, le parti communiste recueille 46,6% des voix et, à la clef, quatre des sept sièges à pourvoir, tandis que la liste démocrate-chrétienne, avec 26,6% des suffrages, obtient deux élus, le dernier siège incombant à la liste socialiste. André Paillieux est donc élu et retrouve la commission des moyens de communications et des Postes, Télégraphes et Téléphones (PTT). Il est également nommé juré à la Haute cour de justice créée comme telle à la suite de la commission de la justice et de l’épuration. Il se révèle un parlementaire relativement actif puisqu’il dépose trois propositions de loi et deux propositions de résolution et intervient à deux reprises en séance. Il dépose un rapport sur le projet de loi relatif aux retraites des agents des chemins de fer secondaires d’intérêt général, des chemins de fer d’intérêt local et des tramways. Il manifeste, en séance, un intérêt tout particulier pour les questions sociales, qu’il s’agisse des pensions, de la titularisation professionnelle, des congés payés, des retraités de la SNCF ou plus généralement de la fonction publique, ou encore de la nationalisation de l’électricité et du gaz, débat lors duquel il défend un amendement. A l’unisson des représentants républicains populaires, il vote l’investiture de Félix Gouin le 23 janvier 1946, en faveur de la nationalisation de l’électricité et du gaz le 28 mars et pour l’adoption du premier projet constitutionnel le 19 avril.
Inlassable défenseur de la compagnie ferroviaire, il préfère renoncer à la vie parlementaire pour se consacrer exclusivement à ses activités professionnelles et syndicales. Outre sa nomination au Conseil économique en 1947, il accède au printemps 1946 au bureau national et à la vice-présidence de la CFTC et ce jusqu’en 1954, date de son retrait volontaire au profit de la présidence de la Fédération qu’il conserve jusqu’en 1956. Il est resté très attaché à la confédération chrétienne, au-delà même de la scission de 1964. Demeuré administrateur de la SNCF jusqu’à sa retraite en 1958 - il se retire avec le grade d’inspecteur divisionnaire -, il conserve néanmoins ses fonctions d’administrateur de l’une de ses filiales jusqu’en 1975.
Resté fidèle à sa Normandie natale, il accepte de s’impliquer dans la vie politique locale en briguant et en remportant, sous les couleurs du MRP en 1959, la petite municipalité de Bénerville-sur-Mer. Il ne se représente pas en 1965, mais continue de s’intéresser à l’actualité régionale en collaborant assez régulièrement à la revue Le Pays d’Auge. Il n’a jamais rompu avec le MRP dont il fut adhérent jusqu’en 1965, choisissant alors de rejoindre le Centre démocrate. Officier de la Légion d’honneur et titulaire de diverses distinctions, dont la médaille de la Résistance ou de la grande médaille de vermeil de la Ville de Paris, André Paillieux est décédé le 13 décembre 1991 à Parthenay, à l’âge de quatre-vingt-douze ans.

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