Yves Picot

1862 - 1938

Informations générales
  • Né le 17 mars 1862 à Brest (Finistère - France)
  • Décédé le 19 avril 1938 à La valette-du-var (Var - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 31 mai 1924
Département
Gironde
Groupe
Action républicaine et sociale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1924 au 31 mai 1928
Département
Gironde
Groupe
Gauche républicaine démocratique
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 29 avril 1928 au 31 mai 1932
Département
Gironde
Groupe
Républicains de gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 17 mars 1862 à Brest (Finistère), mort le 19 avril 1938 à La Valette-du-Var (Var).

Député de la Gironde de 1919 à 1932. Sous-secrétaire d'Etat à la Guerre du 24 juin au 17 juillet 1927.

Yves Picot entre à Saint-Cyr en 1882. Lieutenant-colonel en 1914, il commandait le 249e régiment d'infanterie. Il fut grièvement blessé à la face en 1917. Mutilé, commandeur de la Légion d'honneur, croix de guerre, il se porta candidat aux élections générales de 1919 dans la Gironde, sur la liste d'union républicaine clemenciste conduite par Pierre Dignac et Georges Mandel : il obtint personnellement 82.793 voix sur 159.336 votants. La liste à laquelle il appartenait enlève d'ailleurs les douze sièges de la Gironde. Dénonçant « l'abjection du bolchevisme », s'en prenant à ceux qui avaient été « pour M. Longuet » ou qui avaient été « les collaborateurs de Malvy ou de Caillaux », les candidats s'étaient présentés comme un symbole de l'union nécessaire pour « rebâtir la France ».

En 1921, il fonda l'Union des blessés de la face, les « Gueules cassées » dont il fut le président. Il présida également le groupe des députés mutilés.

Pour les élections générales de 1934, l'ancienne liste d'union républicaine de 1919 éclata en au moins trois listes rivales : Picot, Caput, Dignac prirent la tête d'une liste de concentration républicaine ; Lorin et Calmès celle d'une liste républicaine indépendante ; Mandel, Glotin, Ballande et Frouin celle d'une liste de concorde nationale et d'action républicaine clemenciste, avec l'abbé Bergey.

La liste Picot se réclamait de Poincaré. Dans son manifeste électoral elle dénonçait, assez curieusement, le bloc national de 1919 qui avait « divisé les forces républicaines ». Mandel et ses amis, de leur côté, ne se faisaient pas faute de stigmatiser ceux qu'ils appelaient « ces saxons sans foi, sans opinion, sans conscience »..

Cette division ne manqua pas de produire ses effets : des 12 députés sortants, seuls Picot, Caput et Dignac retrouvèrent leurs sièges. Picot obtint 60.194 voix sur 187.689 votants.

Il s'inscrivit au groupe de la gauche républicaine démocratique et redevint membre des commissions de l'armée et des pensions. Il fut sous-secrétaire d'Etat à la Guerre dans le ministère Briand-Caillaux, du 24 juin au 17 juillet 1927. Comme député, il continua à s'occuper presque exclusivement des problèmes de l'armée soit, le plus souvent sur des questions très précises, et parfois même de détail, soit sur des problèmes d'ensemble (1927 : réorganisation de l'armée, organisation générale de la nation en temps de guerre ; 1928 : recrutement de l'armée).

En tête au premier tour des élections générales de 1928 (avec 4.910 voix contre 3.912 pour Henriot) dans la première circonscription de Libourne, il fut élu au second tour avec 7.809 voix sur 13.753 votants. Il avait rappelé qu'il avait toujours voté contre le cartel, et toujours pour le gouvernement Poincaré dont il approuvait entièrement la politique.

Membre de la commission de l'armée et de celle de la marine militaire, il déposa diverses propositions de loi, dont l'une sur le maintien des élites dans l'armée (1931) ; il fut le rapporteur de nombreux projets ou propositions de loi sur les problèmes militaires.

De nouveau candidat en 1932 dans la 1re circonscription de Libourne, de nouveau en tête au premier tour avec 6.299 voix, devant Roy, 5.445, il ne se présenta pas au second tour. Emmanuel Roy, propriétaire, fut élu avec 7.831 voix sur 14.168 votants.

Il ne se présenta pas aux élections de 1936.

Agé de 76 ans, il mourut le 19 avril 1938, au domaine du Coudon, maison des Gueules cassées, à La Valette-du-Var, près de Toulon. Il était grand officier de la Légion d'honneur.