Hachemi Benchennouf

1895 - 1971

Informations générales
  • Né le 15 avril 1895 à Kenchela (Algérie)
  • Décédé le 11 juin 1971 à Nice (Alpes-Maritimes - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Anciens départements d'Algérie
Groupe
Musulman algérien
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 7 mai 1951
Département
Anciens départements d'Algérie
Groupe
Musulman indépendant pour la défense du fédéralisme algérien

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 15 avril 1895 à Kenchela (Constantine) Décédé le 11 juin 1971 à Nice (Alpes-maritimes)

Membre de la première Assemblée nationale Constituante (Constantine) Député de Constantine de 1946 à 1951

Fils du bachagha Benchennouf, Hachemi Benchennouf naît le 15 avril 1895 à Kenchela, localité des Aurès, dans une famille de notables aisés, gros propriétaires fonciers. Après avoir suivi le cursus secondaire au lycée d'Alger et fréquenté l'école coranique, il accomplit son service militaire pendant la guerre de 1914 : il recevra notamment la Croix de guerre 1914-1918, et sera fait grand officier de la Légion d'honneur. Hachemi Benchennouf est également grand officier du Nissam Alaouite.

Membre du Parti musulman conservateur, Hachemi Benchennouf est élu maire et conseiller général de Kenchela.

Il se présente en seconde position sur la liste d'union démocratique franco-musulmane aux élections pour la première Assemblée nationale Constituante (21 octobre 1945), devant le collège des Français musulmans du département de Constantine. Avec 192 545 voix sur 293 083 suffrages exprimés (mais 586 322 électeurs inscrits), cette liste compte quatre des six députés de ce département, et Hachemi Benchennouf devient donc membre de la première Constituante, comme député du département de Constantine et du territoire de Touggourt.

A l'Assemblée, il est nommé membre de la Commission des pensions civiles et militaires et des victimes de guerre et de la répression, et de la Commission de l'agriculture. Intervenant activement dans les travaux parlementaires, il dépose notamment une interpellation sur les mesures que le ministre de l'Intérieur prévoit pour remédier à la misère et à la mortalité en Algérie. Le problème crucial qui se pose en effet à l'Algérie d'après 1945 est celui de la croissance démographique accélérée de la population musulmane, entraînant un déséquilibre toujours plus net des conditions de vie entre les deux communautés. Il intervient également sur les problèmes de l'information et de la presse périodique en Algérie.

Le 18 novembre 1946, Hachemi Benchennouf se présente en tête de la liste de défense du fédéralisme algérien devant le deuxième collège du département de Constantine (1re circonscription) aux élections pour la première législative de la IVe République. Sa liste recueille 49 981 suffrages sur 76 178 suffrages exprimés (mais 185 951 électeurs inscrits), et obtient les deux sièges de la circonscription : Hachemi Benchennouf revient donc siéger à l'Assemblée.

Il est nommé membre de plusieurs commissions : règlement et suffrage universel (1946), affaires étrangères (1948) intérieur (1948 à 1951) et affaires économiques (1949 à 1951). Hachemi Benchennouf est en outre élu secrétaire de la Commission du règlement et du suffrage universel (1946), et vice-président de celle de l'intérieur 1949, 1950). S'il s'abstient, le 4 décembre 1947, lors du vote sur la candidature de Maurice Thorez comme président du gouvernement provisoire, il soutient les candidatures Bidault (5 décembre) et Blum (12 décembre), au Gouvernement duquel il votera la confiance (17 décembre). Il vote également la question de confiance (6 mai 1948), à la suite de laquelle Ramadier se sépare de ses ministres communistes. Il s'affirme en outre comme un député très actif, ne déposant pas moins de 18 textes.

Les discussions sur le statut de l'Algérie sont un des problèmes majeurs abordés lors de la session parlementaire de 1947. Le 20 mai, Hachemi Benchennouf dépose notamment une proposition de loi tendant à établir la Constitution de la République algérienne comme Etat associé membre de l'Union française.

Le 10 août 1947, il s'oppose à la question préalable posée par le général Aumeran sur le statut de l'Algérie, présenté comme inconstitutionnel (47 pour, 484 contre). Hachemi Benchennouf déclare notamment : « Dans notre pensée (...), la France n'était pas en cause. La France, jusqu'à ce jour, a été absente de l'Algérie... »

Il intervient à nouveau longuement dans la troisième séance du 20 août 1947 : avec la question du statut de l'Algérie, « il s'agit de liquider, une fois pour toutes, le régime colonial, et par là même, de faire accéder à la liberté les anciennes populations colonisées... ». Il assimile le projet du Gouvernement à un « replâtrage du passé et du présent », renforçant la « souveraineté unilatérale » par le biais de pouvoirs accrus au Gouverneur général. Le 22 août 1947, Hachemi Benchennouf propose un contre-projet prévoyant, dans son article premier : « la République française reconnaît à l'Algérie son entière autonomie ».

Ce texte n'est pas pris en considération par l'Assemblée, et, le 23 août, Hachemi Benchennouf explique en ces termes la position d'abstention que prendront les députés algériens lors du vote du 27 sur le statut de l'Algérie : « Vous avez estimé que le statut personnel musulman était incompatible avec le droit de cité dans la République française (...). Le problème algérien reste toujours posé... » Le statut sera voté par 320 voix contre 88 et 186 abstentions.

Le 5 juillet 1948, Hachemi Benchennouf dépose deux propositions de loi pour établir la parité entre les collèges au sein des conseils municipaux et des conseils généraux algériens, ainsi qu'une troisième pour l'obtention d'un crédit de 500 millions destiné à réparer les torts matériels subis lors des événements du 8 mai 1945 : les manifestations autorisées en Algérie à l'occasion de la victoire avaient tourné au massacre à Sétif et dans la région.

Il vote pour le statut du Conseil de l'Europe, le 9 juillet 1949. Le 10 novembre de cette même année, Hachemi Benchennouf dépose encore une proposition de résolution tendant à inviter le gouvernement à instituer une commission destinée à étudier le problème de l'immigration des Nord-Africains en métropole. Enfin, le 18 juillet 1950, il dépose une proposition de loi tendant à instituer en Algérie le collège électoral unique. Hachemi Benchennouf intervient en outre fréquemment dans les discussions, notamment à propos des problèmes et de la politique en Indochine, en Algérie et à Madagascar (événements de 1948).

Ayant opté pour l'Assemblée algérienne, à laquelle il est élu en 1948, Hachemi Benchennouf démissionne de son mandat de député le 7 mai 1951. Il se présentera pourtant aux législatives partielles qui se déroulent devant le deuxième collège du département de Constantine les 13 et 27 mars 1955, à la suite du décès du député AbdelKader Cali. Avec 40 126 voix, au second tour, sur 96 981 suffrages exprimés (et 215 258 électeurs inscrits), il n'est pas élu.


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