Adrien Salvetat

1910 - 1987

Informations générales
  • Né le 23 novembre 1910 à Montauban (Tarn-et-Garonne - France)
  • Décédé le 26 mai 1987 à Olonzac (Hérault - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Aude
Groupe
Union et fraternité française

Biographies

Biographie de la IVe République

SALVETAT (Adrien, Louis, Edmond)
Né le 23 novembre 1910 à Montauban (Tarn-et-Garonne)
Décédé le 26 mai 1987 à Olonzac (Hérault)

Député de l’Aude de 1956 à 1958

Adrien Salvetat fréquente le collège de Narbonne et poursuit ses études à la faculté des sciences de Montpellier. Pharmacien à Bize à partir de 1936, il gagne Narbonne en juin 1954, où il succède à son père dans la pharmacie familiale. En 1949, Adrien Salvetat appartient au conseil d’administration de la section locale du Mouvement de défense des contribuables du Narbonnais. Il milite au sein du parti radical-socialiste. Propriétaire viticulteur, il occupe diverses fonctions au sein du monde syndical languedocien. Administrateur de la Confédération générale de la viticulture méridionale (CGVM), depuis le 24 avril 1952, Adrien Salvetat est également vice-président du syndicat des exploitants de Narbonne et administrateur délégué du syndicat des riziculteurs du Languedoc.
Il adhère à l’Union de défense des commerçants et artisans (UDCA) de Pierre Poujade, qui commence à s’implanter à Narbonne en août 1954. Adrien Salvetat occupe, au sein du mouvement Poujade, les fonctions de vice-président de la section de Narbonne, dès 1954, puis de vice-président départemental de l’Aude, à partir du 17 octobre 1955. Il est, en outre, délégué à la propagande de l’impôt sur l’énergie, l’une des principales revendications fiscales de l’UDCA.
Au titre des diverses responsabilités qu’il exerce au sein de l’Union de défense des commerçants et artisans, Adrien Salvetat participe, en 1954 et en 1955, à quelques oppositions à contrôle fiscal et à de nombreux meetings, au cours desquels il transmet aux militants les directives du mouvement. Le 3 février 1955 à Narbonne, Adrien Salvetat rend compte de la manifestation poujadiste du 24 janvier 1955 à Paris, et fait adopter par les assistants les consignes nationales de grève de l’impôt et de retrait des avoirs dans les banques, les caisses d’épargne et comptes courants postaux. Le 17 mai 1955, il conduit une manifestation poujadiste devant le commissariat central de Narbonne pour exprimer la solidarité de l’UDCA envers un responsable local interrogé dans le cadre d’une enquête sur la grève de l’impôt. Le 27 août 1955, il joint son opposition à un contrôle des contributions indirectes à Ginestas, et harangue les manifestants pour rappeler les revendications de l’UDCA. Il fait de même le 28 octobre 1955 devant la boutique du président départemental Humbert Piquemal, qui devait être l’objet d’un contrôle fiscal, puis prend la parole lors du meeting qui succède à cette opposition.
Adrien Salvetat milite, à l’origine, à l’UDCA essentiellement pour lutter contre les excès du fisc, puis voit son engagement infléchi par la politisation de cette organisation, qui s’accentue au cours de l’année 1955. Lors d’une réunion privée organisée à Carcassonne, le 6 décembre 1955, lors de laquelle est posé le problème des candidatures poujadistes aux prochaines élections législatives, Adrien Salvetat exprime le point de vue des sections de Narbonne et de Lézignan, opposées au dépôt d’une candidature UDCA, et qui préféreraient que Poujade donne un mot d’ordre de vote en faveur d’un candidat des partis politiques traditionnels. Le 2 janvier 1956, Adrien Salvetat dirige pourtant la liste Union et fraternité française (UFF), présentée par Pierre Poujade pour le département de l’Aude ; celle-ci obtient 18 % des suffrages exprimés, se plaçant en troisième position derrière les listes socialiste et communiste. Les cantons où les scores poujadistes sont les plus élevés se situent dans une moitié nord du département, en particulier dans l’arrondissement électoral de Castelnaudary. Adrien Salvetat est élu député.
A l’Assemblée nationale, il est nommé membre de la commission des boissons (1956-1958) et de la commission de la famille, de la population et de la santé publique (1956-1958). Il est nommé membre suppléant de la commission chargée de la surveillance et du contrôle des publications destinées à l’enfance et à l’adolescence, le 20 février 1958. Le 28 janvier 1957, il devient vice-président du groupe parlementaire UFF.
Les préoccupations régionales, relatives à la situation des viticulteurs et des agriculteurs et producteurs de son département, ne sont pas absentes des trois propositions de loi et des trois propositions de résolution qu’il dépose au cours de son mandat. Ainsi, sa proposition de résolution tendant à inviter le gouvernement à redresser la situation du service des alcools, déposée le 8 mars 1956, en témoigne. Le 13 juin de la même année, il est l’auteur d’une autre proposition de résolution tendant à inviter le gouvernement à inclure l’industrie de la chapellerie dans les nouveaux accords commerciaux et à la faire bénéficier de l’aide à l’exportation. Sa proposition de loi, déposée le 14 mars 1957, tend à modifier le mode de financement du centre technique de la salaison, de la charcuterie et des conserves de viande. Enfin, le 29 novembre 1957, il dépose une autre proposition de loi visant à la dissolution du centre technique interprofessionnel des fruits et légumes.
Parallèlement à son travail parlementaire, Adrien Salvetat poursuit son action militante. Dès le 10 janvier 1956, il promet à ses électeurs, réunis à la salle des fêtes de la mairie de Carcassonne, d’exiger la réunion des états généraux, mot d’ordre national du mouvement Poujade, et de les tenir scrupuleusement au courant de tout ce qui se déroulerait au Palais-Bourbon, y compris des scandales. Lors de l’assemblée générale de l’UDCA audoise, à Carcassonne, le 11 avril 1956, il se fait l’écho des mots d’ordre nationaux du mouvement, à savoir la protestation contre les invalidations, la réforme fiscale et la réduction du train de vie de l’Etat. Le 15 novembre 1957, lors de l’assemblée générale de l’UDCA de l’Aude à Carcassonne, Adrien Salvetat se prononce en faveur d’un régime présidentiel. Selon lui, « Le Président [de la République] élu devrait avoir des pouvoirs aussi étendus que le président des Etats-Unis ».
De par ses fonctions, le député Adrien Salvetat est doté d’une envergure nationale qui lui permet de prendre la parole aux côtés des principaux dirigeants de l’UDCA, comme le 17 août 1956 à Castelnaudary, devant plus de 3 000 personnes, en compagnie de Poujade, Lamalle et Delmouly. A Limoux, le 17 juillet 1957, il prononce une allocution aux côtés de Pierre Poujade, devant 2 000 personnes environ. Il en est de même le 20 juillet 1957 à Sigean, mais devant 300 auditeurs seulement.
L’activité parlementaire conduit Adrien Salvetat, comme un certain nombre de ses collègues du groupe UFF, à prendre progressivement ses distances vis-à-vis de Pierre Poujade, avant de rompre avec l’UDCA au moment du retour au pouvoir du général de Gaulle. Le 5 juin 1956, lors du scrutin de confiance sur l’Algérie (ordre du jour Depreux), dix-sept députés conduits par Adrien Salvetat s’opposent à une directive de Poujade, leur enjoignant de refuser la confiance. Adrien Salvetat ne prend pas part au vote du 31 octobre 1956 concernant l’expédition de Suez, alors que Poujade a ordonné aux députés poujadistes de voter « contre ». Le 1er février 1957, lors d’une réunion de la section locale UDCA de Narbonne, le député de l’Aude exprime des réserves sur la manière autoritaire dont le papetier de Saint-Céré gère ses rapports avec le groupe parlementaire UFF. Le 2 juin 1958, Adrien Salvetat, comme la plupart des députés poujadistes, ne prend pas part au vote sur l’attribution des pleins pouvoirs au général de Gaulle, alors que les fidèles de Poujade votent « contre ». Il se prononce le même jour en faveur de la révision constitutionnelle. Le député de l’Aude rompt avec Poujade, à la suite d’un article paru dans Fraternité Française du 5 juillet 1958, intitulé « Menteurs et traîtres », dans lequel le président national du mouvement le prend violemment à partie, le qualifiant de « Judas languedocien », en raison de son attitude favorable au général de Gaulle. Le 8 juillet, Adrien Salvetat fait voter aux dirigeants poujadistes de Narbonne une motion retirant l’UDCA de l’arrondissement du mouvement national. Il est exclu de l’Union de Défense le 31 juillet 1958. Adrien Salvetat adhère au groupe parlementaire des poujadistes dissidents d’Union et d’Action Libérale et Sociale, présidé par le député poujadiste de la Gironde, Victor Luis Réoyo.
La rupture d’Adrien Salvetat avec l’Union de défense des commerçants et artisans ne signifie pas son retrait de toute activité publique. A la chambre de commerce de Narbonne, où il occupe les fonctions d’administrateur depuis le 8 décembre 1955, les élus poujadistes rompent en 1958 toute relation avec le bureau national de l’UDCA et fondent le « Syndicat des artisans, commerçants et professionnels des entreprises libres de la région de Narbonne ». Adrien Salvetat est réélu membre de cet organisme consulaire pour une durée de six ans en 1961, puis à nouveau en 1967. Il est élu secrétaire du bureau de la Chambre de commerce, le 18 décembre 1961, puis reconduit dans ces fonctions, le 7 décembre 1964 et le 7 décembre 1967. Dans les années 1960, il est dirigeant de PME à Narbonne. A ce titre, en 1970, il proclame sa vigoureuse désapprobation à l’égard de la répression gouvernementale dont serait victime, selon lui, la Confédération Interprofessionnelle de Défense - Union Nationale des Travailleurs Indépendants de Gérard Nicoud (le CID-UNATI). Il quitte ses fonctions à la chambre de commerce en 1974, pour devenir, à partir de 1975, juge au Tribunal de commerce de Narbonne. Adrien Salvetat est également élu maire d’Olonzac (Hérault) en avril 1971, puis réélu en 1977.
Il est décédé à Olonzac le 26 mai 1987.