Ernest Schaffner

1901 - 1966

Informations générales
  • Né le 30 avril 1901 à Strasbourg (Bas-Rhin - France)
  • Décédé le 23 septembre 1966 à Lens (Pas-de-Calais - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Socialiste

Biographies

Biographie de la Ve République

SCHAFFNER (Ernest)
Né le 30 avril 1901 à Strasbourg (Bas-Rhin)
Décédé le 23 avril 1966 à Lens (Pas-de-Calais)

Député du Pas-de-Calais de 1958 à 1966

Ernest Schaffner, fils d’un médecin alsacien, protestant d’origine, suit des études dans sa ville natale, où il obtient son diplôme de docteur en médecine le 21 février 1924. Assistant, durant quatre ans, dans divers sanatoria en France, en Hongrie et en Espagne (dont l'hôpital de Santa-Creu de Barcelone, Espagne), après un concours sur titre, en 1928, il est nommé médecin-chef du dispensaire d’hygiène sociale de la région de Lens. Il créée et dirige les dispensaires antituberculeux de Lens, Hénin-Liétard, Avion, Carvin, Bully-les-Mines, Oignies, Vitry-en-Artois, y organise des services de phtisiologie et des services antivénériens et fonde des caisses de secours du bassin minier du Pas-de-Calais. « Héros au service des mineurs », selon la presse du parti socialiste, Schaffner, spécialiste de la tuberculose, découvre les méfaits de la silicose et ouvre des services d’études spéciales pour cette affection dès 1929 au dispensaire de Lens.
Pour mener à bien la croisade contre les maladies professionnelles des mineurs qu'il a entreprise dès son arrivée à Lens, le docteur Schaffner se spécialise dans la radiographie afin de réaliser une typologie des différents cas de silicose. Les examens radiologiques trop répétés qu’il effectue sans protection lui causent de graves atteintes de radiodermite à partir de 1934. Il subit dix-sept interventions chirurgicales en dix ans, l'amputation du bras gauche et la perte de quatre doigts de la main droite. Il poursuit ses recherches jusqu'à la mort, tout en assumant ses lourdes charges électives.
Secrétaire des Etudiants socialistes de la faculté de Strasbourg, Ernest Schaffner, patronné par le député-mineur Alfred Maes, entre dans la politique active comme élu municipal en 1935 à Lens. Mobilisé en 1940, après avoir été initialement réformé, il est suspendu des ses fonctions municipales le 27 octobre 1941 par les autorités vichystes.
Ernest Schaffner, tout en apportant aide matérielle et morale à la population minière, joue un rôle significatif dans la résistance. Désigné comme délégué départemental des services sanitaires de l’OCM en 1942, il occupe la même fonction de délégué départemental des services sanitaires de la Résistance par le gouvernement d’Alger (organisation de Pasteur-Valery-Radot) en janvier 1944, puis est nommé au grade de médecin-capitaine des FFI. Membre du comité de Libération de Lens, il reprend ses fonctions municipales le 1er septembre 1944, à la Libération de la ville.
Extrêmement populaire, Ernest Schaffner fut élu, en 1947, maire de Lens, puis conseiller général de Lens-Est en 1951, mandats qu'il conserva jusqu'à sa mort. Il figurait en quatrième position sur la liste socialiste aux élections législatives de 1956 dans la 2ème circonscription du Pas-de-Calais.
Élu, au nom du Parti SFIO, député de la 13e circonscription du Pas-de-Calais (Lens) en novembre 1958, il obtient 43 % des suffrages au premier tour et l’emport au second avec 61 % des voix, le MRP et l’UNR se retirant, contre son adversaire communiste Jean Ooghe, secrétaire fédéral et membre du Comité central du PCF. En novembre 1962, au premier tour il recueille 35,5 % des suffrages et l’emporte au second tour avec 43, 8 % dans une triangulaire avec le PC (40,9 %) et l’UNR (15,2 %). Il intervient au Palais-Bourbon au sein des commissions des affaires familiales, sociales et culturelles. A l'Assemblée, il préside le 2e bureau (santé, famille, aide sociale). Ernest Schaffner vote l’investiture au gouvernement Debré en janvier 1959, et est pour cela traduit devant le Conseil national. Il occupe une place modeste dans l’appareil du part par ailleurs : membre de la commission exécutive de la SFIO du Pas-de-Calais de 1959 à 1966.
Ernest Schaffner a des obsèques protestantes, en présences de très nombreuses personnalités, dans la cathédrale catholique de Lens, choisie afin de faire face à l’affluence ; des hauts parleurs étant installés sur la place. Guy Mollet prononce un bref hommage, il n’y a, selon sa volonté, aucun discours.
Cité à l’ordre de la Nation le 18 mai 1955, officier de la Légion d’honneur, Ernest Schaffner avait été décoré à de multiples reprises : commandeur dans l’Ordre de la santé publique, chevalier du mérite sociale et des Palmes académiques, Croix de guerre, médaillé de la Résistance, médaillé de la France Libre, titulaire de la Croix de la Libération et de nombreux titres professionnels et étrangers.
Un collège pour enfants handicapés et un hôpital régional portent son nom.