Ernest Bérard

1829 - 1914

Informations générales
  • Né le 29 octobre 1829 à Lyon (Rhône-et-Loire - France)
  • Décédé le 8 février 1914 à Lyon (Rhône - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 6 octobre 1889 au 14 octobre 1893
Département
Rhône
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 3 septembre 1893 au 31 mai 1898
Département
Rhône
Groupe
Gauche radicale

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né à Lyon (Rhône), le 29 -octobre 1829, mort à Lyon le 8 février 1914.

Député du Rhône de 1889 à 1898.

Ernest Bérard après avoir étudié à l'école des Beaux-Arts de sa ville natale, travailla comme dessinateur dans une fabrique lyonnaise de soieries ; mais, dès 1854, il fonda sa propre manufacture et, pour en développer l'importance, fit de fréquents voyages en Orient et en Extrême-Orient, et créa des succursales à Bagdad, Smyrne et Bombay.

À plusieurs reprises, il fut chargé parle Gouvernement français de missions commerciales dans les pays qu'il parcourait ; il consigna les résultats de la dernière de ces missions, accomplie en 1892, dans un rapport portant sur l'état du commerce européen en Egypte et en Turquie et sur la situation des écoles françaises en Syrie.

Sa manufacture, qui produisait des soies et des velours, devint une des plus importantes de Lyon et Ernest Bérard, pour la qualité de ses fabrications, remporta plusieurs récompenses aux expositions industrielles, entre autres un diplôme d'honneur à l'exposition d'Amsterdam, et un grand prix à l'exposition universelle qui se tint à Paris en 1889.

Dès 1848, il avait manifesté des opinions républicaines ; sous l'Empire, il se fit le propagandiste des idées démocratiques et militaires, à Lyon, dans les rangs de l'association phalanstérienne qui combattit le Gouvernement de Napoléon III.

Élu en 1884 et en 1888 Conseiller municipal du 6e arrondissement de sa ville natale, il fut, lors des élections générales des 22 septembre et 6 octobre 1889, choisi par le « Comité de l'union des républicains radicaux » de cet arrondissement comme candidat « décidé à combattre le césarisme et la réaction monarchique ». Ayant obtenu au second tour de scrutin 4.708 voix contre 2.918 recueillies par son concurrent le plus favorisé, un candidat révisionniste, il devint député de la 7e circonscription de Lyon. Il fut réélu les 20 août et 3 septembre 1893 au second tour encore, mais avec 3.248 voix, 162 seulement de plus qu'un de ses concurrents le socialiste Colliard qui tenta en vain d'obtenir de la Chambre, l'annulation de l'élection. Ernest Bérard siégea à la gauche radicale. Il fit partie de diverses Commissions, notamment de la Commission d'enquête sur l'affaire de Panama (en 1892 et 1893), de la Commission de révision de la loi sur les protêts, de la Commission d'examen des propositions sur la participation des ouvriers aux bénéfices, enfin de la Commission chargée d'examiner les projets relatifs aux colonies.

Ancien employé de manufacture, il s'intéressa particulièrement aux questions ouvrières : il déposa en 1890 une proposition de loi sur la retraite des ouvriers de l'agriculture et de l'industrie et en 1898 une proposition de loi relative à la création de livrets de travail et d'épargne. Il réclama aussi la bonification des pensions et retraites liquidées pour incapacité de travail prématurée. Il prit part enfin à la discussion des propositions relatives à l'organisation de caisses de retraites pour les ouvriers. Commerçant avec le Proche-Orient, il porta naturellement son attention sur les relations maritimes que la France entretenait avec les pays d'outre-Méditerranée et réclama l'organisation d'un service hebdomadaire entre Marseille et Alexandrie.

Industriel, il intervint dans la discussion de projets relatifs aux expositions internationales de Lyon, d'Anvers, de Bruxelles et d'un projet concernant des encouragements spéciaux accordés à la sériciculture et à la filature de la soie. Ancien élève de l'école des Beaux-Arts de Lyon, il demanda que fût rétablie dans cet établissement la classe de dessin dite « de composition» dont il avait pu lui-mème apprécier l'utilité.

Il rapporta aussi des propositions relatives à l'organisation de l'enseignement primaire et à la protection des cultivateurs contre les animaux malfaisants.

Il ne fut pas réélu en 1898, n'ayant obtenu que 1.349 voix au premier tour de scrutin et il se retira de la vie politique pour se consacrer à ses affaires.

Il mourut à Lyon, le 8 février 1914, dans sa 85e année.

Il était Chevalier de la Légion d'honneur et Officier du Dragon de l'Annam.