Henri Queuille

1884 - 1970

Informations générales
  • Né le 31 mars 1884 à Neuvic-d'ussel (Corrèze - France)
  • Décédé le 15 juin 1970 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 10 mai 1914 au 7 décembre 1919
Département
Corrèze
Groupe
Parti républicain radical et radical socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 31 mai 1924
Département
Corrèze
Groupe
Parti radical et radical socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1924 au 31 mai 1928
Département
Corrèze
Groupe
Radical et radical-socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 29 avril 1928 au 31 mai 1932
Département
Corrèze
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 1er mai 1932 au 31 mai 1936
Département
Corrèze
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Corrèze
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Corrèze
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Corrèze
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 8 décembre 1935 au 21 octobre 1945

Gouvernement

Chef du Gouvernement
du 11 septembre 1948 au 6 octobre 1949
Chef du Gouvernement
du 2 juillet 1950 au 4 juillet 1950
Chef du Gouvernement
du 10 mars 1951 au 10 juillet 1951

Biographies

Né le 31 mars 1884 à Neuvic d’Ussel (Corrèze).

Député de la Corrèze de 1914 à 1935.
Sénateur de la Corrèze de 1935 à 1945.
Sous-Secrétaire d'Etat à l'Agriculture du 20 janvier 1920 au 16 janvier 1921.
Ministre de l'Agriculture du 14 juin 1924 au 17 avril 1925, du 19 juillet au 11 novembre 1926, du 21 février au 2 mars 1930.
Ministre de la Santé publique du 13 décembre 1930 au 27 janvier 1931.
Ministre des Postes, Télégraphes, Téléphones du 3 juin au 18 décembre 1932.
Ministre de l'Agriculture du 18 décembre 1932 au 8 novembre 1934.
Ministre de la Santé publique et de l'Education physique du 8 novembre 1934 au 1er juin 1935.
Ministre des Travaux publics du 22 juin 1937 au 13 mars 1938.
Ministre de l'Agriculture du 10 avril 1938 au 20 mars 1940.
Ministre du Ravitaillement du 21 mars au 16 juin 1940.

Né à Neuvic d’Ussel le 31 mars 1884, Henri Queuille fit ses études au lycée de Tulle puis à la Faculté de médecine de Paris.

Docteur en médecine en 1908, il revint exercer la profession médicale à Neuvic où son activité et son besoin de servir le désignèrent rapidement à l'attention de ses concitoyens.

Quatre ans après son retour en Corrèze, il fut élu conseiller municipal et maire de sa commune natale. Puis il devint successivement conseiller général de la Corrèze en 1913 et député en 1914. Aux élections du 26 avril 1914, il arriva en tête au second tour de scrutin et fut élu député de la Corrèze par 5.726 voix sur 12.219 votants.

Pendant la guerre, il servit d'abord comme médecin-major au 84e Régiment d'artillerie, puis comme médecin dans diverses ambulances du front est.

En septembre 1916, il fut cité à l'ordre du 7e corps d'armée.

Rendu à la vie parlementaire après la guerre, Henri Queuille se consacra aux affaires publiques.

Il fit toute sa carrière politique dans les rangs du parti radical socialiste.

Secrétaire de la Chambre des députés en 1918, il fut pour la première fois appelé à siéger au sein du gouvernement en 1920. Le 8 décembre 1935, après plus de vingt années de Palais Bourbon, il fut élu sénateur en remplacement d'Henry de Jouvenel, décédé.

Henri Queuille est sans doute la personnalité politique de la IIIe République qui a fait partie du maximum de gouvernements dans le minimum de temps. En vingt ans, de 1920 à 1940, il a été dix-neuf fois membre d'un cabinet ministériel, dont treize fois à l'Agriculture.

Sous-secrétaire d'Etat à l'Agriculture dans les cabinets Millerand et Leygues (1920), il fut ministre de l'Agriculture dans les cabinets successifs d'Edouard Herriot (1924-1926), de Poincaré (1926-1928), de Chautemps (1930).

Nommé ministre de la Santé publique dans le ministère Steeg (1931), puis ministre des P.T.T. dans le cabinet Herriot (juin 1932), il redevint ministre de l'Agriculture dans les cabinets Paul Boncour (1932), Daladier, Sarraut (1933), Chautemps (1933-1934), Daladier et Doumergue (1934).

Il reprit le portefeuille de la Santé publique et de l'Education physique dans le cabinet Flandin (1934), puis accepta celui des Travaux publics dans les deux cabinets Chautemps (1937-1938) pour redevenir une fois de plus ministre de l'Agriculture dans le cabinet Daladier (1938-1940) et se voir charger du portefeuille du Ravitaillement dans le cabinet Paul Reynaud (mars-juin 1940).

Dans son parti, comme à la Chambre ou au Sénat, Henri Queuille s'est toujours éloigné des positions extrêmes, s'abstenant à dessein d'interventions purement politiques. Homme de gauche - il avait été élu en 1924 sur la liste du cartel des gauches - il lui est arrivé de prendre la tête des gauches, mais aussi parfois d'être attaqué par les communistes et par les socialistes.

Au Parlement, il a suivi avec une loyauté sans éclipse son chef de file qui était le plus souvent son président du Conseil. Avec Edouard Herriot, il s'est rallié à Poincaré qui lui manifestait une particulière bienveillance. Avec Edouard Daladier, il s'est rallié à Léon Blum au temps du Front populaire. Au pouvoir, il s'est appliqué à ne heurter personne et pour résoudre les difficultés, il recherchait la conciliation et préférait le compromis à la querelle. Aussi jouissait-il de l'estime et de la considération générales.

Pour son canton, pour son département, où le sol ingrat, le climat rigoureux, l'inexpérience, font la tâche difficile au cultivateur, Henri Queuille multiplia les initiatives bienfaisantes.

Au Parlement, où il effectuera une œuvre considérable en tant que député, sénateur ou ministre, aucun problème ne le laissait indifférent. Son esprit solide et constructif s'intéressait aux problèmes généraux, mais c'est dans l'agriculture qu'il donna toute sa mesure.

Ce médecin devenu technicien agricole consacra l'essentiel de son effort de pensée et d'action à l'amélioration de l'économie rurale. Parmi les lois et mesures qui sont son œuvre directe, ou qui portent son empreinte, nous pouvons citer : l'accession des mutilés et réformés à la petite propriété ; le reboisement des forêts ; l'utilisation des forces hydrauliques ; la création des chambres d'agriculture ; la création du génie rural et de l'école supérieure du génie rural ; la création et l'organisation de l'enseignement agricole ; la création de la caisse de crédit aux départements et aux communes ; la création de la caisse nationale de crédit agricole.

On lui doit aussi l'amélioration de l'équipement rural : réseaux ruraux d'électricité, adduction d'eau potable, poste automobile rurale, réseaux téléphoniques ruraux.

Comme ministre des Travaux publics, Henri Queuille a préparé la coordination du rail et de la route et réussi à constituer la Société nationale des chemins de fer français à un moment où le problème des réseaux ferroviaires soulevait beaucoup de passions.

En même temps que ses mandats et ses charges, Henri Queuille assumait avec un soin égal la présidence de grands organismes, comme l'Office national des combattants, la Fédération nationale de mutualité et de coopération agricoles, le conseil d'administration de la Caisse nationale de crédit agricole, l'Association des jardiniers de France, la Caisse d'avances aux départements et aux communes, la Fédération des syndicats d'initiative du Limousin, Marche, Quercy, Périgord.

Il a publié un ouvrage important : Le drame agricole.

Lors du congrès de Vichy, le 10 juillet 1940, il ne vota pas les pouvoirs constituants demandés par le maréchal Pétain, mais s'abstint volontairement.


QUEUILLE (Henri, Antoine)
Né le 31 mars 1884 à Neuvic-d’Ussel (Corrèze)
Décédé le 15 juin 1970 à Paris (6ème)

Député de la Corrèze de 1914 à 1935 et de 1946 à 1958
Sénateur de la Corrèze de 1935 à 1945
Sous-secrétaire à l’agriculture du 20 janvier 1920 au 16 janvier 1921
Ministre de l’agriculture du 14 juin au 1924 au 17 avril 1925, du 19 juillet au 11 novembre 1926, du 21 février au 2 mars 1930, du 18 décembre 1932 au 8 novembre 1934 et du 10 avril 1938 au 20 mars 1940
Ministre de la santé publique du 13 décembre 1930 au 27 janvier 1931
Ministre des PTT du 3 juin au 18 décembre 1932
Ministre de la santé publique et de l’éducation physique du 8 novembre 1934 au 1er juin 1935
Ministre des travaux publics du 22 juin 1937 au 13 mars 1938
Ministre du ravitaillement du 21 mars au 16 juin 1940
Président du Conseil du 11 septembre 1948 au 28 octobre 1949, du 2 au 12 juillet 1950 et du 10 mars au 11 août 1951

Dès la « Belle-Epoque », Henri Queuille, médecin de son état, s’est construit un fief radical dans sa Corrèze natale : maire, conseiller général, député (1914), puis sénateur (1935). Après un comportement exemplaire pendant la Grande Guerre, il est nommé, à trente cinq ans, secrétaire d’Etat à l’agriculture, inaugurant avec ce poste technique une longue série de participations ministérielles de 1920 à 1940. C’est donc un politique chevronné qui choisit l’abstention lors du vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940.

Réfugié à Londres, il se voit confier par le général de Gaulle, en avril 1943, un Commissariat d’Etat et la vice-présidence du Comité français de libération nationale. Délégué à l’Assemblée consultative provisoire, il tente sans succès sa chance aux élections du 21 octobre 1945 en Corrèze: la liste radicale socialiste qu’il conduit ne recueille que 18 211 suffrages, bien loin derrière la liste communiste (52 057 suffrages), la liste SFIO (32 420 suffrages) et la liste du Mouvement républicain populaire (MRP) (29 072 suffrages). Il est incontestablement victime du discrédit dont souffrent, de façon générale, les anciens élus de la Troisième République et, en particulier, les élus radicaux qui prônent, seuls, le maintien des lois de 1875, alors que l’opinion française manifeste, dans sa grande majorité, son désir de changement.

Absent de la scène publique pour cause de maladie, plutôt réservé sur la Constitution de la Quatrième République qu’il considère comme un « monstre », Henri Queuille sollicite pourtant, à nouveau, les suffrages de ses concitoyens corréziens le 10 novembre 1946 : sa liste de Rassemblement des gauches républicaines (RGR) totalise 26 082 suffrages captant une partie de l’électorat socialiste. Il peut siéger à nouveau sur les bancs de l’Assemblée nationale aux côtés des trois autres élus de la Corrèze : deux députés du PCF et un député du MRP (Edmond Michelet), dont les formations connaissent un succès national croissant depuis 1945. D’abord vice-président du groupe radical-socialiste au Palais-Bourbon, Henri Queuille en devient président le 29 janvier 1947 lorsque Edouard Herriot, dont il est proche, est porté à la présidence de l’Assemblée nationale. Il est même, pendant un certain temps, président de l’intergroupe du Rassemblement des gauches. Il est nommé membre de la commission de l’Intérieur (1946-1947) et de celle de la reconstruction et des dommages de guerre (1948-1949). Ardent défenseur de l’ordre républicain, il se mobilise face aux grandes grèves qui éclatent dans les usines Renault en avril 1947 pour se propager dans les principales régions ouvrières françaises, activées par le départ des ministres communistes du gouvernement Ramadier le 5 mai 1947. Comme député, au cours de cette législature, il dépose, le 10 juin 1947, une proposition de loi tendant à réglementer l’exercice du droit de grève dans les services dont le fonctionnement ininterrompu est indispensable à la vie de la nation. Ce radical modéré retrouve très rapidement le chemin des cabinets : le 26 juillet 1948, il devient ministre d’Etat et ne cesse plus alors d’avoir des responsabilités gouvernementales, d’abord comme titulaire de portefeuilles puis comme président du Conseil et vice-président du Conseil, de septembre 1948 au 12 juillet 1950, puis à nouveau de mars 1951 à juillet 1951. Au titre de membre du gouvernement, au cours de cette première législature de la Quatrième République, il dépose quarante-deux projets de loi et trois lettres rectificatives à des textes d’initiative gouvernementale. En séance publique, comme député, il intervient à vingt-six reprises ; il ne défend que deux amendements. En qualité de ministre des finances, il prend la parole dans l’hémicycle du Palais-Bourbon à quarante-trois reprises. Comme vice-président du Conseil, le nombre de ses interventions n’est que de quatre. Dans ses fonctions de ministre de l’intérieur et vice-président du Conseil, il intervient à six reprises en séance. Redevenu simple ministre, place Beauvau, il ne parle que cinq fois. Enfin, comme président du Conseil et ministre de l’intérieur, il intervient à vingt-quatre reprises, en posant, par neuf fois, la question de confiance.

C’est en qualité de chef de gouvernement et de ministre de l’intérieur qu’il élabore la loi sur les apparentements, votée le 7 mai 1951, qui réforme le mode d’élection des députés en combinant la représentation proportionnelle avec une prime à la majorité. Autorisant des apparentements entre les différentes listes en présence, la loi Queuille permet à la liste ou aux listes apparentées recueillant la majorité des suffrages absolue de se voir attribuer la totalité des sièges à pourvoir. L’objectif est de servir les intérêts des radicaux, des modérés, de la SFIO et du Mouvement républicain populaire (MRP), bref de toutes les forces qui soutiennent la Quatrième République, en isolant les communistes et en contraignant les gaullistes à intégrer le jeu parlementaire sous peine de disparaître. Dans sa profession de foi, il défend le bilan de son gouvernement, mais il joue aussi beaucoup sur la dramatisation du scrutin dénonçant les deux périls, « l’entreprise de pouvoir personnel et la dictature d’un parti au service de l’étranger », qui menacent la République. Le 6 décembre 1955, dans une interview à Paris-Presse, Henri Queuille résume le choix qui s’offrait au peuple français : « le communisme, la République autoritaire et le régime parlementaire ».

Le promoteur de la réforme en est aussi l’un des grands bénéficiaires dans sa propre circonscription. La liste de Défense républicaine, sur laquelle il figure, est le fruit d’un accord entre le Parti républicain radical et radical-socialiste, la SFIO, le Mouvement Républicain Populaire (MRP) et le Rassemblement des Gauches Républicaines (RGR). Réunissant les anciens rivaux contre les ennemis communistes et gaullistes, la liste de Défense républicaine devance de 25 voix la liste communiste d’Union républicaine résistante et antifasciste pour l’indépendance nationale. Ses 40,4% des suffrages exprimés sont obtenus dans un contexte de polarisation marqué par une abstention en très fort recul. La liste gaulliste est condamnée à faire de la figuration : le Rassemblement du peuple français (RPF), avec seulement 19 641 voix soit 14,6%, perd le député sortant Edmond Michelet. Quant à la liste du Centre national des indépendants (CNI) conduite par l’avocat Jacques Bourdelle, elle totalise 3,9% des suffrages. La Corrèze s’est choisie comme représentants, outre Henri Queuille, un socialiste et deux communistes. A l’issue du scrutin et hors de toute crise, Henri Queuille remet la démission de son gouvernement, mais il se retrouve à nouveau dans l’hémicycle sur les bancs du gouvernement au titre de ministre d’Etat, puis de vice-président du Conseil (mars 1952-juin 1954). Toutes fonctions ministérielles confondues, sous cette deuxième législature de la Quatrième République, il n’intervient en séance publique qu’à trois reprises. Simple député à partir de l’été 1954, il prend la parole quatre fois, sous cette législature, en défendant notamment un amendement. Il fait entendre sa voix lors du débat budgétaire pour l’exercice 1955, en déposant un amendement imposant les arsenaux et les usines mécaniques de l’Etat à la contribution de la patente. Outre son intérêt pour les collectivités locales et notamment communales, il manifeste un souci constant pour toutes les questions agricoles, dont il est depuis trente-cinq ans un spécialiste reconnu. Il se préoccupe de l’amélioration des conditions de vie des agriculteurs en prenant une part active aux discussions portant sur l’extension des prestations familiales agricoles et plus généralement au financement de la sécurité sociale agricole.

En janvier 1956, la liste du parti républicain radical et radical-socialiste d’Henri Queuille est apparentée à la liste SFIO et à la liste d’union républicaine sociale indépendante et paysanne du Parti républicain pour le redressement économique et social. Hostile à la dissolution de l’Assemblée nationale et plus généralement à Edgar Faure dont il dénonce le mépris à l’égard de la fonction parlementaire, Henri Queuille se pose en défenseur de la tradition républicaine. Le texte de sa profession de foi rend compte de son fort mécontentement contre les méthodes du gouvernement qui « n’a rien fait auprès des commissions et des rapporteurs pour préparer une réforme électorale. Il n’existait d’ailleurs aucun motif impérieux de raccourcir le mandat parlementaire. Il y en avait encore moins pour dissoudre l’Assemblée nationale après un vote sur une question de procédure et d’aggraver ainsi la confusion des esprits ». Avec presque 37% des suffrages exprimés, le Parti communiste conserve la tête et ses deux élus. La liste radicale arrive en seconde position loin derrière, avec seulement 19% des voix (26 957 pour Henri Queuille), celle de la SFIO engrange 17% et celle de l’union républicaine sociale indépendante et paysanne, 11%. La participation reste forte avec seulement 17,9% d’abstentions (pour 17,1% en 1951). Le total des suffrages remportés par l’apparentement des trois listes radicale, socialiste et d’union républicaine sociale indépendante et paysanne s’élève à 63 862 voix. Il lui en aurait fallu 67 660 pour atteindre la majorité ; néanmoins Henri Queuille est réélu ainsi que le député sortant socialiste.

Mais la troisième législature marque le début d’un retrait : le « docteur tant mieux », comme certains l’avaient baptisé, n’occupe plus de responsabilités gouvernementales et il se sent de moins en moins au diapason avec son propre parti. Il n’a pas d’affinités particulières avec Pierre Mendès France qui entreprend la rénovation du Parti radical de 1955 à 1957. C’est la raison pour laquelle il quitte ce dernier pour rejoindre, au côté d’André Morice, le Parti radical démocratique dont il est élu président au congrès d’Asnières en avril 1957. Dès 1958, néanmoins, il réintègre le camp des Valoisiens qui le portent à la présidence d’honneur du parti en juin 1959. A l’Assemblée, il est membre de la commission de l’éducation nationale (1957-1958) et de celle des moyens de communications et du tourisme (1957-1958), mais il prend une part peu importante aux débats. Il ne prend la parole qu’à trois reprises, en intervenant, le 19 novembre 1957, pour prôner le rétablissement des équilibres économique et financier, la lutte contre l’inflation et la mobilisation contre la crise intérieure et extérieure qui menace la France. Face au péril que l’instabilité gouvernementale et politique fait courir au pays, ses dernières interventions notables, les 13 et 21 février 1958, concernent la révision constitutionnelle et notamment la question de la dissolution dont il craint l’utilisation abusive.

Même s’il a, en tant que président du Conseil, défendu les prérogatives de l’exécutif, il s’est toujours montré fidèle à la République parlementaire estimant que le dialogue entre les deux pôles du pouvoir devait être permanent. Ses conceptions, bien différentes de celles de de Gaulle, n’empêchent pas qu’il vote l’investiture du général en juin 1958, mais elles expliquent, sans doute, outre une certaine lassitude, sa décision de ne plus briguer de mandat national à partir de 1958.

Henri Queuille disparaît le 15 juin 1970 à Paris.








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