Eugène, Henri Reeb

1907 - 1992

Informations générales
  • Né le 18 mars 1907 à Liedrezing (Moselle - France)
  • Décédé le 27 juillet 1992 à Concarneau (Finistère - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Finistère
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Finistère
Groupe
Socialiste

Biographies

Biographie de la IVe République

REEB (Eugène, Henri)
Né le 18 mars 1907 à Liedrezing (Moselle)
Décédé le 27 juillet 1992 à Concarneau (Finistère)

Député du Finistère de 1946 à 1955

Originaire d’une famille alsacienne, né en 1907 dans un village de Moselle resté français, Eugène Reeb fait ses études au lycée, puis à l’Université de Nancy. Licencié en droit, docteur ès lettres en philosophie en 1939 avec une thèse intitulée Psychologie des images - De Taine à Binet, Eugène Reeb enseigna d’abord la philosophie dans les Vosges comme répétiteur puis professeur, à Neufchâteau, puis à Saint-Dié. De 1939 à 1943, il est principal d’un établissement à Luxeuil (Haute-Saône), une période entrecoupée par sa mobilisation en 1939-1940. En 1943, il est nommé comme professeur de philosophie au lycée de Quimper (Finistère).
Eugène Reeb adhère à la SFIO en 1927 et milite en son sein jusqu’en 1940. Représentant les délégués du PS du Sud Finistère, il intervient dans les discussions des congrès socialistes en 1945 et 1946, publiant une série d’articles historiques dans le Breton Socialiste. Au début de 1946, Eugène Reeb, délégué à la propagande, participe à une série de meetings dans le Finistère, puis il représente la fédération du Finistère au congrès national extraordinaire de Montrouge en mars 1946. En novembre 1946, il figure en deuxième position, derrière Tanguy Prigent, sur la liste SFIO, aux élections législatives, à la place de l’ancien député Jean-Louis Rolland (1936-1940), maire de Landerneau, réélu aux deux assemblées constituantes. Contestant l’hégémonie du nord du département, les sections du Sud Finistère sont parvenues à imposer un des leurs en position éligible.
Le 10 novembre 1946, Eugène Reeb et Tanguy Prigent sont élus députés du Finistère, avec une moyenne de liste de 61 828 voix (16,2 %), mais une perte de près de 23 000 voix sur juin 1946. Très attaché à la laïcité et très hostile au Parti communiste, Eugène Reeb écrit dans Le Breton Socialiste du 31 janvier 1948 : « Le communisme, c’est le cléricalisme nouveau » ; « C’est un socialisme haineux, belliciste, atrophié ». Il est réélu député du Finistère le 17 juin 1951 (60 918 voix, 16,1 %). En revanche, il est battu en 1956, en raison de la perte de la deuxième place, place qui est attribuée à Hervé Mao, le maire de Châteaulin. En effet, au congrès fédéral de Châteaulin du 8 décembre 1955, un vote très serré a placé le député sortant en troisième position seulement, position inéligible. Sa section de Concarneau conteste le résultat et dénonce les pressions du secrétaire fédéral Tanguy Prigent. Mais Eugène Reeb accepte le verdict. Par ailleurs, en 1947, il est élu conseiller municipal de Concarneau, grâce à une majorité de type « Troisième force » qui renverse la municipalité communiste.
Eugène Reeb a une activité parlementaire très soutenue. Au cours de la législature 1946-1951, il siège à la commission de la marine marchande et des pêches (1946-1951), à la commission des moyens de communication (1946-1947), puis à la commission de la famille, de la population et de la santé publique (1949-1951). Il est désigné pour les fonctions de juré à la Haute Cour de justice, le 27 décembre 1946 et le 7 décembre 1948. Il ne dépose pas moins de trente-deux textes (16 propositions de résolution ; 7 propositions de loi ; 5 rapports ; 4 avis). Les textes relatifs à la marine et aux activités halieutiques dominent, de la fixation du prix du thon (4 mai 1957) à la pêche à la sardine au large des côtes du Maroc pour les navires français (22 novembre 1949), de l’entretien souhaitable des canots de sauvetage (22 décembre 1949) à l’unification des allocations familiales de la pêche maritime (17 juillet 1950). Durant cette première législature, il intervient à vingt-cinq reprises en séance, la plupart du temps sur les questions budgétaires liées à la marine marchande ou aux travaux publics et aux transports maritimes. Il prend longuement la parole dans la discussion du projet de loi portant organisation de la marine marchande, au mois de février 1948. Il s’intéresse notamment au statut du personnel des compagnies de navigation ou à l’assurance à donner aux marins contre la perte d’équipements. Dans les premiers jours du mois de décembre 1949, il est rapporteur de la proposition de résolution relative aux caisses d’entraide aux familles de péris en mer. Son insistance est aussi très vive sur la question des retraites données aux marins (17 mars 1950), ainsi que les pensions des inscrits maritimes (23 mars 1950).
A son retour à l’Assemblée nationale, en 1951, il est nommé à la commission de la marine marchande et des pêches. Cet élu des ports bigoudens y siège durant toute la législature et en devient secrétaire de 1954 à 1956. Le 7 août 1951, il est désigné pour représenter l’Assemblée nationale au sein de la commission supérieure du Crédit maritime mutuel.
Son activité parlementaire est à nouveau soutenue. Il dépose cinq propositions de loi, neuf propositions de résolution, cinq rapports, un rapport supplémentaire et un rapport d’information, soit vingt-et-un textes au total. A leur presque unanimité, ils portent sur les problèmes maritimes et la pêche (prix du poisson, crédits de reconstruction et d’équipement, politique de soutien aux pêcheurs et aux familles de péris en mer, modes de rémunération des pêcheurs, indemnités et pensions des marins). La sécurité des populations littorales, la sécurité à bord et le sauvetage, l’indemnisation des dégâts des tempêtes sur les côtes finistériennes comptent parmi les principales préoccupations du député socialiste du Finistère. Le 3 mars 1955, il dépose une proposition de loi « tendant à interdire l’accès des ports français et de l’Union française aux navires battant pavillon Panama, Honduras, Libéria ». A treize reprises, de 1951 à 1955, Eugène Reeb prend part aux discussions présentant bon nombre d’amendements concernant les gens de mer (pêche, commerce et compagnies maritimes) et les ports. A ce titre, il renforce sa défense des retraites des marins (6 décembre 1951 et 18 février 1954) et demande l’admission aux fonds de chômage des marins pratiquant habituellement la petite pêche à la part et complètement privés du travail dont ils tirent leurs moyens d’existence (rapports du 6 novembre 1952 et du 18 février 1954).
Battu en janvier 1956, opposé aux positions prises par Tanguy Prigent en juin 1958 contre les conditions de retour au pouvoir du général de Gaulle, Eugène Reeb devient minoritaire dans sa fédération du Finistère, soutenant Guy Mollet et la direction du parti. Partisan du « oui » au référendum du 28 septembre 1958, Eugène Reeb n’est pas candidat aux élections législatives de novembre. Le maire socialiste de Concarneau Charles Linement, défend les couleurs du parti dans la circonscription de Quimperlé-Concarneau. Mais, en novembre 1962, il représente la SFIO dans la circonscription de Morlaix 2-Landivisiau, c’est-à-dire dans le Léon clérical, loin de ses terres sudistes, alors qu’il enseigne toujours à Quimper. Joseph Pinvidic, député sortant et membre du Centre national des indépendants (CNI) ne se représentant pas, il y a six prétendants. Eugène Reeb n’obtient que 7,4 % des voix. Par la suite, il prend ses distances avec une SFIO moribonde dans le Finistère et ne semble pas jouer un rôle actif dans la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS).
Eugène Reeb a publié plusieurs ouvrages dont L’Art d’écrire dans le lexique Le Quillet, ainsi que des études sur Luxeuil-les–Bains, Les Glénans, Les Corsaires. Bon dessinateur, il croqua aussi des caricatures de ses collègues du groupe socialiste à l’Assemblée nationale. Il disparaît le 27 juillet 1992 à Concarneau.

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