Marcel Servin

1918 - 1968

Informations générales
  • Né le 20 octobre 1918 à Versailles (Seine-et-Oise - France)
  • Décédé le 26 octobre 1968 à Talange (Moselle - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Haute-Saône
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie de la IVe République

SERVIN (Marcel, Albert)
Né le 20 octobre 1918 à Versailles (Yvelines)
Décédé le 26 octobre 1968 à Talange (Moselle)

Député de la Haute-Saône de 1946 à 1951

Marcel Servin est né le 20 octobre 1918 à Versailles. Son père, conseiller municipal socialiste, a été mécanicien de haute précision ; il est devenu tenancier d’un café à Belfort. Marcel Servin est titulaire des deux baccalauréats. Il s’est engagé dans l’action militante en 1934 en adhérant aux Jeunesses communistes. En 1935, il est secrétaire de la cellule de la ville de Belfort, puis devient secrétaire régional des Jeunesses communistes. En même temps, il adhère au Parti communiste. Il suit les cours de l’école centrale du Parti communiste à Arcueil en juillet 1936. Puis, il devient cheminot, en septembre 1936, profession qu’il exerce jusqu’à son service militaire qu’il effectue comme deuxième classe dans l’artillerie entre 1938 et 1940. En 1942, il épouse Odette Lesure, une dactylographe, militante communiste, avec laquelle il a deux enfants. Ils divorcent en 1958. La même année, Marcel Servin se remarie avec une autre militante communiste, Ginette Lienard, employée à la mairie de Saint-Denis.
Au début de la guerre, Marcel Servin est sans liaison avec le Parti communiste. Il ne renoue les liens qu’en 1942. A partir de cette date, il est membre de la direction interrégionale de l’Est, puis de la Bretagne. Il est enfin coopté, en novembre 1943, à la direction du Front national où il occupe un poste dirigeant jusqu’en avril 1945, assurant les liaisons entre les régions.
Marcel Servin entre alors au secrétariat de Maurice Thorez. Il devient d’abord son secrétaire particulier puis son chef de cabinet lorsque le secrétaire général du PCF est nommé ministre puis vice-président du Conseil. Il n’abandonne officiellement cette fonction qu’en décembre 1946 alors qu’il est élu député de la Haute-Saône.
Tête de la liste communiste qui obtient 25 720 voix sur 103 312 suffrages exprimés (24,9 %), il est élu. Les deux autres sièges allant à André Maroselli (Radical) et Robert Montillot (Parti républicain de la liberté - PRL). Il est nommé membre de la commission de l’intérieur (1946-1951) et de la commission de réforme administrative (1947-1948). Durant son mandat de député, il dépose deux propositions de loi, cinq propositions de résolution et deux rapports dont l’un est rédigé à partir du projet de loi relatif à l’institution d’un régime de sécurité sociale pour les fonctionnaires (27 février 1947). En cinq ans, il intervient à vingt-deux reprises, en défendant cinq amendements et en déposant trois demandes d’interpellation. Il remplit les fonctions de rapporteur à deux occasions : sur le projet de loi précité, le 27 mars 1947 ; sur une proposition de résolution tendant à inviter le gouvernement à faire un accord avec les fonctionnaires (10 juillet 1947). Son action parlementaire est doublement caractérisée.
Les interventions et amendements à caractère régional, d’une part, s’inscrivent dans la dimension sociale du communisme, donnant au parti éponyme un enracinement local. Ainsi, le 23 mai 1947, il interpelle le ministre des travaux publics sur la mise en service des autorails entre Vesoul et Dijon ou dépose une proposition de résolution, le 22 février 1949, exigeant du gouvernement la prise en charge de « la totalité des dépenses pour les victimes et leur famille de la catastrophe ferroviaire de Port-d’Atelier » (Haute-Saône). De même, le 23 décembre 1950, il demande le maintien en activité des mines de Ronchamp et le 8 janvier 1951, le maintien à Vesoul des services « Exploitation » et « Voies et bâtiment » de la SNCF.
Les interventions à caractère national, d’autre part, sont effectuées en liaison avec le groupe parlementaire communiste, et elles recoupent les propositions de lois déposés par son groupe parlementaire. Après le départ des ministres communistes du gouvernement, le 4 mai 1947, la position de ce groupe parlementaire commence à se raidir et Marcel Servin intervient fréquemment en des termes extrêmement durs lors des débats de politique générale. Il prend part, à plusieurs reprises, aux débats parlementaires sur les modifications du statut de la fonction publique et des fonctionnaires (10 et 16 juillet 1947, 3 juin 1948). Il intervient dans les débats sur les sabotages dans les chemins de fer et s’oppose par ailleurs à la tentative de modification du statut du travail tendant à en protéger la liberté (29 novembre et 3 décembre 1947). Il participe aussi à la discussion en apportant des amendements sur la réorganisation des Compagnies républicaines de sécurité (9 décembre 1947). Cependant, ses responsabilités grandissent dans l’appareil du Parti communiste. Suppléant au comité central en 1947, il est nommé titulaire trois ans après et est associé au travail du secrétariat. Il ne demande pas le renouvellement de son mandat de député en 1951. A cette date, Marcel Servin travaille à la commission des cadres du Parti communiste. Il participe à l’éviction de Charles Tillon, d’André Marty et d’Auguste Lecœur.
En 1954, il devient secrétaire à l’organisation du Parti communiste. Il est nommé suppléant, puis titulaire du bureau politique. En 1956, il se rend à Moscou pour demander au secrétaire général du Parti communiste d’Union soviétique, Nikita Khrouchtchev, d’amoindrir la portée du rapport du XXème Congrès sur les crimes de Staline. Il sort de cet entretien profondément ébranlé. Entre 1958 et 1960, il tente alors avec Laurent Casanova d’engager, au sein du PCF, une déstalinisation similaire à celle qui a été entamée en URSS. Il se heurte au refus de la direction et doit reconnaître ses errements lors d’une séance d’autocritique devant le comité central en 1961.
Il est alors rétrogradé dans l’appareil du Parti, démis de ses fonctions au bureau politique et au comité central. Il conserve son poste de permanent en devenant responsable du département de la Moselle. Cette crise l’a usé et il meurt à l’âge de cinquante ans, le 26 octobre 1968.





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