Hélène de Suzannet Née Durant de Mareuil

1901 - 1961

Informations générales
  • Né le 20 octobre 1901 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 21 décembre 1961 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Vendée
Groupe
Parti républicain de la liberté

Biographies

Biographie de la IVe République

S U Z A N N E T (Hélène, Anne, Marie, Charlotte de)
Née le 20 octobre 1901 à Paris (VIIIème)
Décédée le 24 décembre 1961 à Paris ( XVIème)

Membre de la première Assemblée nationale constituante (Vendée)

Née le 20 octobre 1901, Hélène de Suzannet est la fille du colonel Durant de Mareuil, grièvement blessé en août 1914 en chargeant à la tête de son régiment et nommé ensuite commandant l’Ecole de Saumur. Elle se marie en 1922 à l’âge de 21 ans avec le comte Jean de Suzannet, descendant d’une vieille et illustre famille vendéenne, militaire de formation, dont elle aura cinq enfants, quatre garçons et une fille. L’aîné de ses fils, évadé de France en 1942, sera volontaire pour l’Indochine et tué à l’ennemi le 3 janvier 1946.
Hélène de Suzannet n’a pas eu d’activité politique avant la fin de la seconde guerre mondiale, mais elle partage dans une large mesure les vues de son mari, élu député de la 2ème circonscription en 1936 et inscrit au groupe de la Fédération républicaine. Conseiller municipal de Chavagnes-en-Paillers et conseiller général, Jean de Suzannet meurt le 27 janvier 1938 des suites de ses blessures lors d’un accident de voiture. Sa veuve va recueillir son héritage politique en Vendée.
Pendant la campagne de France de 1939 – 1940, Hélène de Suzannet participe à l’effort de guerre en tant que bénévole au service de la Croix-Rouge et infirmière à l’hôpital de La Roche-sur-Yon. Par la suite, ayant regagné Paris, elle est assistante sociale et travaille dans les services des internés civils et détenus politiques au Val de Grâce et dans ceux des internés civils britanniques à Saint-Louis.
Elle participe activement à la Résistance à partir de 1943 et mène plusieurs activités hors réseaux : aide à l’évasion, camouflages et placements d’enfants juifs. Considérée comme « Agent P 2 », assimilée au grade sous-lieutenant, elle appartient ensuite aux réseaux « Shellburn » et « Vanneau », avec des missions d’hébergement (notamment d’aviateurs), de détection et de convoi. Arrêtée le 23 juin 1943, elle est incarcérée à Fresnes pendant plus de six mois, inculpée et passible de la peine de mort. Elle dut la vie sauve au fait que son dossier ait été mis entre les mains d’un juge d’instruction allemand, catholique rhénan hostile au nazisme.
En raison de problèmes de reins aigus – elle est restée cinq mois sans soins – son cas est ajourné avant jugement pour « inaptitude à la détention » et, une fois élargie, est placée sous la surveillance de la police. À la Libération, elle est membre du Comité départemental de Libération (CDL) et participe au lancement du mouvement « Les Françaises libres » dont elle est vice-présidente avec Irène de Lipkowski, Marcelle Devaud et Hélène Ribière.
Hélène de Suzannet entre en politique en 1945. Elle devient conseillère municipale de Chavagnes-en-Paillers en mars, puis conseillère générale du canton de Saint-Fulgent, élue avec une belle majorité dans les milieux catholiques du département et une forte influence dans le bocage vendéen.
Candidate aux élections à l’Assemblée nationale constituante en octobre 1945 sur la liste républicaine d’action agricole, maritime et sociale emmenée par Armand de Baudry d’Asson, elle figure en troisième position. Dans ses discours de campagne électorale, elle intervient sur son expérience pendant la guerre, les questions de réformes sociales, notamment parmi les agriculteurs, l’habitat rural, les questions de l’enseignement – elle souhaite pour les écoles libres le même traitement que les écoles publiques – et elle appelle les femmes à voter. La liste obtient 96 015 suffrages – sur 198 130 suffrages exprimé – et quatre députés : Hélène de Suzannet est donc élue député de Vendée avec Armand de Baudry d’Asson, Henri Rochereau et Charles Rousseau, le cinquième siège allant à Georges Gorce qui mène une « Liste socialiste républicaine de la Résistance ». Hélène de Suzannet siège dans les rangs du PRL et est membre du comité directeur de ce parti.
À l’Assemblée, elle est membre de la Commission de la famille, de la population et de la santé publique et elle est nommée juré à la Haute cour de justice. Elle est à l’origine du dépôt, le 23 janvier 1946, d’une proposition de résolution tendant à inviter le gouvernement à procéder à une réforme de l’administration pénitentiaire dans le but d’utiliser la détention comme moyen de relèvement et de reclassement social et professionnel. Hélène de Suzannet vote contre le projet de Constitution du 19 avril 1946. Elle intervient lors de la discussion d’interpellation sur la politique extérieure du gouvernement, notamment pour évoquer le problème de la frontière polonaise, le danger de l’impérialisme et « la lutte des démocraties contre les principes totalitaires ». Elle prend également part à la discussion d’une proposition de loi de Jacques Bardoux relative à l’élection des membres de la Chambre des députés.
Battue aux élections du 2 juin 1946 alors qu’elle figurait en troisième position sur la liste du PRL, de nouveau emmenée par Armand de Baudry d’Asson, elle ne se représente pas aux élections législatives du 10 novembre 1946 et se retire petit à petit de la vie politique. Elle démissionne de son mandat de conseiller général pour s’effacer en faveur du fils de l’ex-conseiller général décédé, M. de Guerry de Beauregard, qui lui succède au Conseil général en 1946.
Hélène de Suzannet est titulaire de la Croix de guerre 1939-1945, de la Médaille de la Résistance et de plusieurs décorations étrangères dont la Medal of Freedom américaine.
Elle meurt à Paris le 24 décembre 1961.

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