Jean-Louis Tinaud

1910 - 1990

Informations générales
  • Né le 23 juillet 1910 à Puerto-rico (Usa)
  • Décédé le 14 août 1990 à Saint-cloud (Hauts-de-Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Basses-Pyrénées
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Basses-Pyrénées
Groupe
Mouvement républicain populaire

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 1er janvier 1951 au 1er janvier 1969

Biographies

Biographie de la IVe République

TINAUD (Jean-Louis)
Né le 23 septembre 1910 à San-Juan (Porto-Rico)
Décédé le 13 août 1990 à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine)

Membre de la première Assemblée nationale constituante (Basses-Pyrénées)
Député des Basses-Pyrénées de 1946 à 1951
Conseiller de la République, puis Sénateur des Basses-Pyrénées de 1951 à 1958

Jean-Louis Tinaud est issu d’une famille originaire d’Agen installée en Béarn. Son père, né à Ogeu-les-Bains, près d’Oloron-Sainte-Marie, s’est expatrié en Amérique où il devint propriétaire terrien. Sa mère, Marie-Louise, est née Diaz-Caneja. Son grand-père maternel a été député de Porto-Rico aux Cortès de Madrid avant que l’île ne passe de la domination espagnole à celle des Etats-Unis (1898).
Le jeune Jean-Louis revient très tôt dans son Béarn ancestral dont il connaît parfaitement la langue. Après des études secondaires au collège de l’Immaculée Conception à Pau et au collège Stanislas à Paris, il entre à l’Ecole des Hautes études commerciales (HEC) et à l’Ecole libre de sciences politiques. Docteur en droit de la faculté de Paris, il a également étudié à l’école de droit de Londres (Gray’s Inn). En 1938, Jean-Louis Tinaud, qui parle couramment l’espagnol et l’anglais, s’inscrit au barreau de la Cour d’appel de Paris. Il s’affirme comme un avocat spécialiste des affaires internationales.
Il a, de bonne heure, participé à la Résistance. Il sort de la tourmente de 1939-1945 avec la croix de chevalier de la Légion d’honneur, obtenue à titre militaire, la croix de guerre avec palmes et étoiles de vermeil, et la croix de combattant volontaire de la Résistance. Le 21 octobre 1945, il est élu député des Basses-Pyrénées à la première Assemblée nationale constituante sur la liste d’Action Républicaine et Sociale, soutenue par le MRP et conduite par Pierre de Chevigné, laquelle liste obtient 120 660 voix sur 278 761 inscrits. Il perd son siège lors des élections à la deuxième Assemblée nationale constituante, au scrutin du 2 juin 1946 – le MRP ayant enregistré dans le département un recul d’environ 40 000 voix – mais le retrouve lors des élections du 2 novembre suivant, la liste démocrate-chrétienne, avec 74 559 suffrages, reculant néanmoins dans le vote des électeurs basques et béarnais. Les élections du 17 juin 1951 lui sont à nouveau défavorables. La liste d’Union Républicaine (MRP-modérés) sur laquelle il figure au quatrième rang, concurrencée sur sa droite par une liste gaulliste menée par le Général Monsabert et par celle, plus à droite encore, du colonel Loustaunau-Lacau, n’obtint que 62 670 voix : l’Union Républicaine n’a que deux élus.
A l’Assemblée, Jean-Louis Tinaud s’est pourtant montré particulièrement actif comme membre de la commission de la justice et de la législation générale (1945-1951), de la commission d’instruction de la Haute Cour de Justice (1945-1946), de la commission de la presse (1946-1947), de la commission de la marine marchande et des pêches (1949-1951).
Le 13 décembre 1945, il est le rapporteur du projet de loi modifiant l’ordonnance du 28 novembre 1944 relative à la répression des faits de collaboration. En 1946, il intervient au cours de la discussion relative à la dévolution des entreprises de presse. Au cours de la première législature de la Quatrième République, il dépose neuf rapports et une proposition de résolution. En séance publique, il intervient à quinze reprises, en défendant notamment trois amendements et deux demandes d’interpellation. A partir du 20 août 1948, il est rapporteur du projet de loi relatif à l’exercice de certaines fonctions dans les entreprises nationalisées. D’une façon générale, la question du droit des sociétés accapare beaucoup de son temps. En 1950, il se fait le défenseur des intérêts de la pêche sardinière française et des pêcheurs de Saint-Jean-de-Luz. Il s’inquiète des dangers qui résulteraient du renouvellement des contingents d’importation de conserves de poisson (sardines du Portugal, d’Espagne et du Maroc) en franchise de droits de douane. A ses yeux, le risque était la fermeture, à brève échéance, des usines métropolitaines de conserverie et l’arrêt de la pêche sur les côtes françaises. A cet effet, il dépose une demande d’interpellation sur le renouvellement des contingents d’importation de conserves de poissons en franchise de droits de douane, le 30 mai 1950.
A partir de 1947, Jean-Louis Tinaud siège au conseil municipal de Pau. Il y est réélu en 1953, 1959 et 1965. En 1949, il est élu conseiller général des Basses-Pyrénées pour le canton de Pau-ouest qu’il représente jusqu’en 1967. Jean-Louis Tinaud préside l’assemblée départementale de janvier 1961 - en remplacement de Louis Inchauspé, décédé - à mars 1964. C’est sous sa présidence qu’est fondée la Société d’économie mixte d’équipement du département. Durant cette période, Jean-Louis Tinaud préside aussi le Comité d’expansion des Basses-Pyrénées.
Les portes du Conseil de la République s’ouvrent à lui en 1951. Il y est reconduit en 1952, en 1958 et en 1959 sur une liste estampillée « Indépendante d’Action Départementale et Communale ». Il en est de même en 1965. Entre 1959 et 1969, Jean-Louis Tinaud, qui n’appartient à aucun parti, siège au Sénat comme apparenté au groupe des Républicains indépendants. De la longue liste de ses interventions à la Chambre haute, sous la Quatrième République, ressortent quelques préoccupations centrales. Au Palais du Luxembourg, Jean-Louis Tinaud se montre attentif au sort, notamment fiscal, des artisans, des commerçants et des membres des professions libérales. La question de l’école libre et de sa survie ne le laisse pas indifférent. En 1956, il interroge le ministre de l’éducation nationale sur le nombre d’écoles et de lycées à construire et le coût approximatif de ces constructions au cas où l’Etat aurait à prendre en charge les élèves qui fréquentaient jusqu’alors des établissements privés.
En qualité de membre de la commission des finances, il intervient à plusieurs reprises sur les questions budgétaires. Il se fait le champion d’une politique de saine gestion en prônant des économies, la réduction du train de vie de l’Etat et la chasse aux abus de toutes les sortes. Le 2 avril 1957, il interpelle, non sans ironie, le secrétaire d’Etat au travail et à la sécurité sociale du gouvernement Guy Mollet : les guichets de la caisse primaire de la région parisienne auraient été fermés à onze heures trente, le jeudi 28 mars précédent, en raison de la « Mi-carême ». Et le sénateur de demander s’il fallait désormais considérer ce jour de « Mi-carême » comme une fête nationale ou un jour chômé. Membre de la sous-commission chargée de suivre et d’apprécier la gestion des entreprises nationalisées et des sociétés d’économie mixte (1956-1958), il déploie la même énergie pour dénoncer le niveau élevé des traitements versés aux cadres dirigeants d’EDF, de GDF, des transports en commun de la région parisienne, des Charbonnages de France et de la SNCF. C’est une question qu’il adresse au ministre des affaires économiques et du plan, 14 janvier 1958. Peu de temps après, c’est à la lenteur de l’administration de la justice qu’il s’en prend, lors d’une question adressée au ministre de la Justice, le 14 mars 1958. Il ne perd pas de vue non plus les intérêts du département dont il est l’élu ; à plusieurs reprises, en 1951, 1952, 1954, 1955 et 1957, il saisit les ministres en charge de l’industrie et de l’énergie ou de l’économie, voire le président du Conseil lui-même, sur la question de la production des gisements pétrolifères du Sud-Ouest de la France et de l’aménagement de la région de Lacq.
Alors que la Quatrième République vit ses derniers mois, les préoccupations de Jean-Louis Tinaud s’infléchissent vers les questions de politique étrangère. Au Sénat, il préside depuis 1952 le groupe « France-Amérique Latine ». Il conserve cette présidence jusqu’en 1969. Le 3 octobre 1957, il est nommé membre suppléant de la commission des affaires étrangères. Avec l’avènement de la Cinquième République, cet infléchissement est confirmé. Jean-Louis Tinaud rejoint, le 21 janvier 1959, la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées nouvellement créée. Il n’a cessé de faire partie de cette commission jusqu’à la fin de son mandat parlementaire. En janvier 1959 également, il est élu membre délégué représentant le Sénat à l’Assemblée consultative du Conseil de l’Europe, et en juillet, membre du Sénat de la Communauté créée par la Constitution de 1958 comme substitut à l’Union Française. Désormais, ses interventions au Sénat, y compris lors de la discussion des lois de finances, traitent principalement des questions de politique extérieure. Au demeurant, l’activité parlementaire du sénateur Tinaud, par ailleurs membre de la délégation française aux Nations-Unies (1957-1969), diminue sensiblement après 1958. A New-York, Jean-Louis Tinaud intervient à plusieurs reprises pour expliquer la politique algérienne de la France. En outre, pendant près de dix ans, entre 1957 et 1965, il effectue, en tant qu’ambassadeur extraordinaire, de très nombreuses missions dans l’ensemble des pays de l’Amérique Latine qu’il visite également à la tête de délégations sénatoriales. En 1966, il participe encore à une mission parlementaire en Asie méridionale et orientale.
Partisan du « oui » au referendum d’avril 1969, fait peu commun pour un giscardien qui préside à Pau le comité de soutien pour le « oui », Jean-Louis Tinaud doit à sa campagne active en faveur de Georges Pompidou, lors de l’élection présidentielle de juin, son entrée dans le gouvernement Chaban-Delmas en tant que secrétaire d’Etat auprès du ministre d’Etat, chargé des relations avec le Parlement (22 juin 1969). Cette nomination le conduit, incompatibilité entre mandat parlementaire et poste ministériel oblige, à abandonner son fauteuil au Sénat (22 juillet 1969). Il exerce ses fonctions ministérielles, successivement, auprès de Roger Frey et de Jacques Chirac ; il est spécialement chargé des relations avec la Haute assemblée. Il participe aussi, en tant que membre du gouvernement, à des missions au Pérou, au Chili, au Mexique et en Iran, entre 1969 et 1971. La démission du gouvernement Chaban-Delmas (5 juin 1972) le rend disponible pour d’autres tâches. Son expérience du monde latino-américain lui vaut d’être nommé, à l’initiative de Maurice Schumann, ministre des affaires étrangères dans le gouvernement Messmer, à la présidence de la délégation française auprès de l’Organisation des Etats Américains (OEA), à partir de 1973.
En mars 1971, alors qu’il est membre du gouvernement, il échoue dans sa tentative pour constituer, à Pau, sa propre liste en vue des élections municipales. Les divisions de la droite paloise lui sont fatales : la mairie échoit au socialiste André Labarrère. En 1974, Jean-Louis Tinaud tente, sans plus de succès, de reprendre sa place au Sénat. Inscrit comme avocat à la Cour d’appel de Paris, il exerce aussi une mission de conseil auprès de la société Rhône-Poulenc et devient vice-président de la Société d’Ethanol de Synthèse (SODES). Ayant rejoint le RPR dès ses origines, il intègre le comité central de ce parti en juin 1977.
Capitaine d’artillerie en réserve, officier de la Légion d’honneur au titre des affaires étrangères, Jean-Louis Tinaud était aussi grand officier des ordres nationaux de l’Argentine, du Pérou, de l’Equateur, du Mexique, du Chili et du Cameroun. Il est mort à Saint-Cloud, le 13 août 1990.

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