Emile Trélat

1821 - 1907

Informations générales
  • Né le 6 mars 1821 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 30 octobre 1907 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 28 juin 1891 au 14 octobre 1893
Département
Seine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 3 septembre 1893 au 31 mai 1898
Département
Seine

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 6 mars 1821 à Paris, mort le 30 octobre 1907 à Paris (14e).

Député de la Seine de 1891 à 1898.

Fils d'Ulysse Trelat, représentant du peuple à l'Assemblée constituante de 1848, ministre des Travaux publics du 12 mai au 18 juin 1848, Emile Trélat se sentait attiré par les arts plastiques. Après être passé par l'Ecole centrale, il se consacra ensuite à la céramique, dirigeant l'usine de Rubelles (Seine-et-Marne) puis se tourna vers l'architecture : élève de Visconti, il collabora avec lui à l'achèvement du Louvre au début du second Empire. De 1854 à 1895, il est professeur de construction civile au Conservatoire national des arts et métiers et en 1865 fonde et dirige l'Ecole spéciale d'architecture, qui devait être reconnue d'utilité publique et jouir d'une grande faveur. La guerre de 1870 survenant, Trelat s'engage : capitaine au 8e bataillon des mobiles de la Seine, puis chef de bataillon, il combat dans les lignes avancées devant Choisy-le-Roi et L'Hay-les-Roses ; il est promu officier de la Légion d'honneur en 1871 à titre militaire. Nommé la même année architecte en chef du département de la Seine, l'honorariat lui est décerné lors de sa retraite.

Il se lance dans la bataille politique lors du renouvellement général de 1889 qui voit le dernier affrontement avec les boulangistes et va parachever leur défaite. Dans la 2e circonscription du Ve arrondissement de Paris, il arrive en troisième position au premier tour avec 1.813 voix sur 9.753 votants derrière Lanessan 2.340 voix et Lenglé le candidat boulangiste 3.880 voix : il ne se maintient pas au scrutin de ballottage qui vit la victoire de Lanessan. Celui-ci ayant été nommé gouverneur général de l'Indochine démissionne de son mandat de député le 20 avril 1891 et Trelat va de nouveau poser sa candidature lors de l'élection partielle du 28 juin suivant. Au premier tour il y a huit candidats et les voix se dispersent : Trelat arrive en tête avec 1.891 voix sur 7.193 votants suivi de Collin, conseiller municipal radical, 1.171 voix et du chansonnier socialiste révolutionnaire Jean-Baptiste Clément 1.095. Au scrutin de ballottage le 12 juillet Trelat l'emporte de peu avec 2.480 voix sur 6.600 votants contre 2.194 à Collin et 1.746 à l'auteur du Temps des cerises. En 1893 il est réélu, encore une fois au second tour : en tête au premier avec 2.249 voix sur 8.170 votants, il passe au second avec 2.928 voix sur 7.784 votants contre l'ancien député radical Sigismond Lacroix, 2.442 voix, et le socialiste allemaniste Degoix, 2.079.

Sa campagne électorale est axée contre les théories radicales socialistes et surtout socialistes qu'il qualifie d'utopie. Républicain prudemment progressiste, il se proclame « fils de la Révolution, républicain de vieille date » et se montre « jaloux [de] faire [de la France] le milieu social le mieux pourvu de bien-être, le mieux ordonné, le plus libre, le plus fraternel, le plus juste et le plus moral ».

A la Chambre, il siège dans les rangs des républicains et fait partie notamment de la commission chargée de l'examen du projet et des propositions de loi concernant la santé et l'hygiène publique, de celle de l'armée et de la commission d'enquête sur le Panama.

Il s'intéressa principalement aux questions artistiques (reconstruction de l'Opéra-Comique, (rétablissement de la Direction des bâtiments civils, construction de la gare des Invalides, de la gare d'Orsay) et de salubrité publique (assainissement des égouts, voirie, etc...). Son appartenance à la commission de l'armée l'amena à rapporter diverses mesures concernant les obligations militaires de certaines catégories d'étudiants, le rengagement et les pensions des sous-officiers rengagés. Chaudement dreyfusard, il eut l'occasion de défendre d'attitude de Joseph Reinach dans l'affaire Dreyfus.

Il se représente au renouvellement législatif de 1898 : ces élections voient une assez forte percée socialiste et Trelat va être battu. Il arrive en seconde position au premier tour avec 1.850 voix sur 10.063 votants, assez loin derrière le socialiste Charles Gras 3.496 voix ; deux autres candidats le suivent d'assez près ; au scrutin de ballottage, bien qu'il sait resté seul en face de Charles Gras, il est nettement battu avec 3.842 voix sur 9.329 votants par celui-ci, 5.107 voix. Cet échec met un terme à sa carrière politique.

Dans les dernières années de sa vie, il se consacre aux questions d'hygiène dans l'habitation et crée même dans son école un diplôme spécial sanctionnant cette nouvelle discipline.

Membre du conseil supérieur de l'Assistance publique, président de la Société des ingénieurs civils, de l'Association française pour l'avancement des sciences, de la Société de médecine publique et d'hygiène professionnelle, il collabora à la Nouvelle Revue, à la Revue bleue, à la Revue scientifique, etc... Il a en outre publié divers ouvrages : La Salubrité (1899), Questions d'art (1904), Questions de salubrité (1906).

Emile Trelat mourut largement octogénaire le 30 octobre 1907 7 à Paris ; officier de la Légion d'honneur, il était officier de l'instruction publique et décoré de divers ordres étrangers.