Henri Trémolet de Villers

1912 - 2001

Informations générales
  • Né le 4 janvier 1912 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 12 mai 2001 à Mende (Lozère - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Lozère
Groupe
Indépendants et paysans d'action sociale
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Lozère
Groupe
Indépendants et paysans d'action sociale

Biographies

Biographie de la IVe République

TRÉMOLET DE VILLERS (Henri, Pierre, Auguste, Marie)
Né le 4 janvier 1912 à Paris Vème (Seine)
Décédé le 12 mai 2001 à Mende (Lozère)

Député de la Lozère de 1956 à 1958

Né à Paris d’un père aveyronnais et d’une mère bretonne, Henri Trémolet de Villers épouse Jeanny Battesti, d’origine corse, et a cinq enfants : Laetitia, Jacques, Bernard, Anne et Hélène.
Il a six ans lorsqu’il perd son père, officier combattant dans le corps expéditionnaire des Balkans, gravement blessé en 1918 et décédé à Gênes pendant son rapatriement vers la France. Sa mère décide alors de s’installer à Montpellier pour l’éducation de ses trois enfants. De six ans à dix-huit ans, Henri Trémolet de Villers est pensionnaire à l’Enclos Saint-François, une école catholique fondée par un ami de son père, un avocat devenu prêtre. En 1928, il s’engage dans le Mouvement des Scouts de France. Il accomplit son service militaire en 1934-1935 et devient lieutenant de réserve. Il fait ses études de droit à l’Université de Montpellier ; il y obtient un doctorat en droit et un diplôme d’études administratives et financières. Il entame, par la suite, une carrière d’avocat au barreau de Mende. Il devient bâtonnier de l’Ordre, inscrit au grand tableau en 1938. Il se lance aussi dans la vie politique. Sensible à la thématique développée par l’extrême droite dans le contexte du Front populaire, il adhère au Parti populaire français (PPF), fondé – en 1936 – et dirigé par Jacques Doriot. Candidat du PPF, il est élu conseiller d’arrondissement de Mende lors des élections cantonales de 1937.
Mobilisé en septembre 1939, il est affecté comme lieutenant au 81ème régiment d’infanterie alpine, en Lorraine. Il n’est pas fait prisonnier et reprend son métier d’avocat à Mende. C’est à l’occasion d’un voyage à Vichy, dans le cadre de son travail, qu’il approche de plus près le régime. Il est profondément déçu par son fonctionnement. Il refuse la politique de Collaboration avec les nazis, quitte le PPF au cours de l’année 1941, mais ne s’engage pas directement dans la Résistance. Il défend toutefois à plusieurs reprises des résistants devant les tribunaux. Ainsi aide-t-il son confrère, le maire de Mende, qui a appartenu à la Résistance lozérienne, à faire fonctionner son cabinet d’avocats.
A la Libération, il renoue avec la vie publique à travers différentes associations au sein desquelles il occupe bientôt des responsabilités : président du Syndicat d’initiative de Mende et de l’Union départementale des syndicats d’initiative de 1945 à 1952, président de la Caisse départementale d’allocations familiales de 1947 à 1961, président de la Fédération des chasseurs de la Lozère de 1950 à 1966, président de l’Association lozérienne des Logis de France à partir de 1950. Aux élections cantonales de mars 1949, il est élu conseiller général du canton de Châteauneuf-de-Randon. Le 17 juin 1951, il se présente aux élections législatives à la tête d’une liste investie par le Rassemblement des groupes républicains et indépendants français (RGRIF), un mouvement politique créé par André Liautey, député radical-socialiste et ministre sous la Troisième République, devenu modéré à la Libération, mais refusant de se fondre dans le Centre national des indépendants et paysans (CNIP) alors en plein essor. Six listes s’affrontent ainsi : progressistes et PCF (15 017 voix ; Gilbert de Chambrun réélu), SFIO (1 791 voix), MRP (2 974 voix), RPF (6 647 voix), CNIP (8 427 voix) et RGRIF (9 200 voix). Bien qu’arrivé en deuxième position, Henri Trémolet de Villers n’est pas élu car Jean Mazel, député paysan sortant, investi par le CNIP, bénéficie de l’apparentement conclu avec le Mouvement républicain populaire (MRP) et le Rassemblement du peuple français (RPF).
Henri Trémolet de Villers se rallie bientôt au CNIP, séduit par « l’expérience Pinay » de 1952. Il n’en perd pas moins son siège de conseiller général, au renouvellement d’avril 1955. Toutefois, Jean Mazel ne se représentant pas, Henri Trémolet de Villiers conduit la liste d’union des indépendants et paysans lors des élections législatives anticipées du 2 janvier 1956. La nécessaire réforme de l’Etat figure en première place de ses engagements électoraux. Dix listes s’affrontent : progressistes et PCF (14 719 voix), liste du Front républicain (2 291 voix), Rassemblement des gauches républicaines - RGR (307 voix), Mouvement républicain populaire - MRP (4 906 voix), républicains sociaux (9 291 voix), CNIP (6 239 voix), liste d’union des indépendants d’action démocratique et paysanne (2 394 voix) et trois listes poujadistes apparentées, Union et fraternité française (UFF), Action civique et Défense des intérêts agricoles (4 503 voix au total). Henri Trémolet de Villers a perdu environ 3 000 suffrages par rapport à 1951, essentiellement à cause de la concurrence poujadiste. Il est cependant élu grâce au large apparentement conclu (RGR, MRP, les deux listes du CNIP, les gaullistes) qui emporte la majorité des suffrages exprimés et se partage donc les deux sièges à pourvoir, au détriment de Gilbert de Chambrun.
Il siège à la commission de l’éducation nationale (1956-1958) et à la commission du suffrage universel, des lois constitutionnelles, du règlement et des pétitions (1956-1958). Il dépose une proposition de résolution relative au budget de 1957 et quatre propositions de lois ; l’une concerne notamment l’expropriation des rives des cours d’eau non navigables dans le but de développer le tourisme, deux autres traitent des droits des greffiers et celle déposée le 20 novembre 1957 porte sur les institutions de l’Algérie. Durant son mandat de deux années, il intervient quatorze fois à la tribune du Palais-Bourbon ; il est vite devenu l’un des orateurs les plus en vue du groupe des indépendants et paysans d’action sociale (IPAS), présidé par Antoine Pinay. Il s’intéresse aux questions agricoles et plus encore à la question algérienne. Il soutient toute une série d’amendements lors de la discussion de la loi-cadre sur l’Algérie à l’automne 1957. A titre personnel, il en défend sept en deux ans, aussi bien sur la proposition de loi tendant à la réduction des fermages (17 décembre 1956), que sur celle visant à la modification du Code rural, en février 1957 ou sur le projet de loi relatif aux institutions en Algérie, le 27 septembre de la même année. Le 30 septembre, il fait partie de la grosse minorité des députés IPAS qui rejettent le texte sur la loi-cadre en Algérie, contre l’avis de la direction du CNIP, ce qui entraîne la démission du gouvernement de Maurice Bourgès-Maunoury. Il intervient encore contre l’investiture de Guy Mollet, président du Conseil pressenti en octobre 1957, et contre la mise en accusation de la France après le bombardement de Sakhiet en Tunisie, au mois de février 1958. Il prend aussi la parole au cours du débat sur la révision constitutionnelle qui a lieu au cours de ce même mois.
Au troisième congrès du CNIP, qui se tient à Paris en mars 1958, Henri Trémolet de Villers – signe d’une rapide ascension au sein du parti – est chargé de l’un des neuf rapports officiels : il traite de « la restauration de l’esprit public ». En avril, il retrouve un siège de conseiller général en Lozère, dans le canton de Meyrueis. Au cours de la crise politique du printemps 1958, qui provoque le changement de République, il intervient très ouvertement contre le gouvernement de Pierre Pflimlin, investi le 13 mai. Le 26, à l’occasion du débat sur la levée de l’immunité parlementaire de Pascal Arrighi, après l’extension de la dissidence algérienne à la Corse, il prend la parole pour dénoncer le fossé grandissant entre « pays légal » et « pays réel » et affirmer la nécessité de conserver l’Algérie dans la France, en faisant appel au général de Gaulle. Il est ainsi en plein accord avec les dirigeants du CNIP – Roger Duchet, Antoine Pinay et René Coty – qui oeuvrent, chacun à leur manière, au retour de Charles de Gaulle au pouvoir. Le 1er juin, il vote l’investiture de celui-ci.
Sa carrière politique se poursuit sous la Cinquième République. Il est, en effet, réélu député de la Lozère en novembre 1958. Il siège au comité directeur du Centre national. Battu lors du renouvellement de l’Assemblée nationale en 1962, il conserve cependant son mandat de conseiller général de Meyrueis jusqu’en 1976, est maire de Mende de 1971 à 1977 et conseiller général de Mende-Nord de 1982 à 1988.
Henri Trémolet de Villers était chevalier de l’Ordre du mérite. Il disparaît le 12 mai 2001 à Mende.

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