Jean, Placide Turigny

1822 - 1905

Informations générales
  • Né le 17 janvier 1822 à Chantenay (Nièvre - France)
  • Décédé le 1er août 1905 à Chantenay (Nièvre - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 27 avril 1873 au 27 juin 1873
Département
Nièvre
Groupe
Extrême-gauche
Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 12 octobre 1873 au 7 mars 1876
Département
Nièvre
Groupe
Extrême-gauche
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 20 février 1876 au 25 juin 1877
Département
Nièvre
Groupe
Extrême-gauche
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 14 octobre 1877 au 14 octobre 1881
Département
Nièvre
Groupe
Extrême-gauche
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 août 1881 au 14 octobre 1885
Département
Nièvre
Groupe
Extrême-gauche
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 octobre 1885 au 14 octobre 1889
Département
Nièvre
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 6 octobre 1889 au 14 octobre 1893
Département
Nièvre
Groupe
Gauche radicale-socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 3 septembre 1893 au 31 mai 1898
Département
Nièvre
Groupe
Gauche radicale-socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 8 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Nièvre
Groupe
Gauche radicale-socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 27 avril 1902 au 1er août 1905
Département
Nièvre
Groupe
Gauche radicale-socialiste

Biographies

Représentant en 1873, député de 1876 à 1889, né à Chantenay (Nièvre) le 17 janvier 1822, il fut reçu docteur en médecine à Paris en 1850.

Proscrit lors du coup d'Etat du 2 décembre 1851 à cause de ses opinions républicaines, et condamné à six ans de déportation en Algérie, il gagna la Belgique, fut interné à Chantenay à son retour jusqu'en 1855, et exerça ensuite la médecine à Mehun-sur-Yèvre (Cher). Il prit part, sous l'Empire, aux luttes du parti démocratique, fut rédacteur et directeur politique de la Tribune nivernaise, fut élu conseiller général de Saint-Pierre-le-Moutier (Nièvre) en juin 1870, et nommé, au 4 septembre, maire de Chantenay.

Porté, lors des élections du 8 février 1871, sur une liste radicale dans la Nièvre, il réunit, sans être élu, 25,501 voix (64,512 votants). Il fut condamné à six mois de prison en 1872, pour délits de presse, se représenta à l'élection partielle du 27 avril 1873, motivée par le décès de M. Paultre, et fut élu par 33,071 voix (65,442 votants, 95,367 inscrits), contre 31,927 à M. Gillois.

La lutte avait été des plus vives, et l'élection fut invalidée le 27 juin; mais le docteur Turigny obtint la confirmation de son mandat, le 12 octobre suivant, par 39,986 voix (68,696 votants, 96,488 inscrits), contre 28,300 à M. Gillois, monarchiste. Il se fit inscrire au groupe de l'Union républicaine, avec lequel il combattit le gouvernement du 24 mai et le ministère de Broglie, et se prononça contre l'état de siège, la loi des maires, pour les amendements Wallon et Pascal Duprat et pour l'ensemble des lois constitutionnelles.

Réélu, le 20 février 1876, député de la 2e circonscription de Nevers, par 5,988 voix (9,803 votants, 12,250 inscrits), contre 3,777 à M. Decray, conservateur, il prit place à l'extrême gauche, vota pour l'amnistie plénière et fut des 363.

Le 14 octobre 1877, 6,284 voix (11,037 votants, 13,079 inscrits), contre 4,721 à M. Tiersonnier, candidat officiel du maréchal de Mac-Mahon, le renvoyèrent à la Chambre. Il inclina vers la politique intransigeante, se prononça pour la liberté absolue de la presse, de réunion, d'association, pour l'amnistie, et fut encore réélu, le 21 août 1881, par 5,910 voix (7,007 votants, 13,769 inscrits).

M. Turigny, qui avait contribué, avec M. Gaston Laporte, à la fondation du journal le Patriote de la Nièvre, combattit de ses votes les cabinets Ferry et Gambetta, repoussa les crédits du Tonkin et se déclara partisan de la séparation de l'Eglise et de l'Etat.

Aux élections d'octobre 1885, il fut inscrit sur la liste républicaine radicale de la Nièvre. Après avoir réuni, au premier tour de scrutin, 29,096 voix, il fut élu au scrutin de ballottage, le 1er sur 5, par 43 377 voix (83,419 votants, 101,298 inscrits). Il reprit d'abord sa place à l'extrême-gauche, vota l'expulsion des princes, puis s'associa activement au mouvement et à la propagande boulangistes à la Chambre des députés et dans la Nièvre, où il organisa plusieurs réunions politiques. Dans la dernière session, il s'est abstenu sur le rétablissement du scrutin d'arrondissement (11 février 1889), et s'est prononcé

- pour l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution,
- contre les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes,
- contre le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse,
- contre les poursuites contre le général Boulanger.

On a de lui quelques brochures : André le paysan, La politique de Jean Guêtré, etc.


Né le 17 janvier 1822 à Chantenay (Nièvre), mort le 1er août 1905 à Chantenay.

Représentant de la Nièvre de 1873 à 1876. Député de la Nièvre de 1876 à 1905. (Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. V, p. 461.)

Aux élections générales du 22 septembre et du 6 octobre 1889, le docteur Turigny, qui se représente dans la 2e circonscription de Nevers comme candidat boulangiste révisionniste - il est d'ailleurs membre du comité national boulangiste - est réélu, mais au second tour seulement : précédé de 301 voix au premier tour par le conservateur de Noury, il obtient 4.090 voix sur 11.157 votants et il est réélu au scrutin de ballottage avec 5.166 suffrages sur 11.433 votants contre 4.828 à de Noury et 1.332 au républicain Gueneau.

En 1893, il est réélu encore au second tour : en tête au premier avec 4.216 voix sur 11.049 votants suivi à 160 voix par le républicain Gros et par le Docteur Petit jean 2.699 voix, il est seul candidat au scrutin de ballottage, est élu avec 4.815 voix sur 5.493 votants et 8.691 abstentionnistes.

En 1898, par contre, il passe dès le premier tour avec 7.513 suffrages sur 11.362 votants contre 3.724 voix à Gros ; en 1902, nouveau succès dès le premier tour avec 6.634 voix contre 1.566 à Bouchez, sur 8.955 votants et 14.282 inscrits.

Elu sur un programme exclusivement boulangiste en 1889, il propose en 1893 le « vieux programme républicain radical » qu'il assortit au gré des législatures de propositions de quelques mesures d'opportunisme. Membre de la gauche radicale-socialiste, Turigny continua à siéger à l'extrême gauche.

Son activité fut des plus réduites et s'exerça surtout dans les commissions et les bureaux, dont il présida plusieurs. Il n'aborda plus la tribune que pour prononcer en tant que doyen d'âge depuis le 9 mars 1900 quelques discours.

La maladie d'ailleurs l'éloigna bientôt du Palais-Bourbon et il mourut le 1er août 1905 à Chantenay, où il était né plus de 83 ans auparavant.

Maire de Chantenay, il avait depuis 1869 représenté presque constamment au Conseil général le canton de Saint-Pierre-le-Moûtier.


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