Gilbert, Joseph Zaksas

1910 - 1978

Informations générales
  • Né le 4 mai 1910 à Kaunas (Lithuanie)
  • Décédé le 18 décembre 1978 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Haute-Garonne
Groupe
Socialiste

Biographies

Biographie de la IVe République

ZAKSAS (Gilbert, Joseph)
Né le 4 mai 1910 à Kaunas (Lituanie)
Décédé le 18 décembre 1978 (Paris)

Membre de la première Assemblée nationale constituante (Haute-Garonne)

Arrivé en France dans son enfance, Gilbert Zaksas fait son droit à Toulouse et obtient son doctorat. Pendant ses études, il adhère aux Jeunesses communistes de la Haute-Garonne. Mais pendant la guerre, il rejoint, dans la Résistance, les jeunes socialistes d’Achille Auban, qui ont rompu avec la SFIO de Paul Faure, pour créer, avec l’antifasciste italien Silvio Trentin, le mouvement Libérer-Fédérer dans la région. En juillet 1942, Gilbert Zaksas entre en contact avec le service britannique des opérations spéciales (Special Operations Executive) et associe Libérer-Fédérer au réseau de sabotage ferroviaire Alphonse Pimento, lui obtenant ainsi du matériel et des subsides. Il devient membre de son conseil national, et codirecteur de son journal clandestin Libérer-Fédérer, lancé le 14 juillet 1942. Son activité sous l’Occupation lui vaut la médaille de la Résistance.
Après la Libération, Gilbert Zaksas participe au congrès du parti socialiste clandestin qui reconstitue la SFIO en novembre 1944. Alors que l’Assemblée consultative provisoire s’installe à Paris, il y est désigné comme délégué. Il siège à la commission de la réforme de l’Etat et de la législation, puis à partir de mars 1945, à la commission d’enquête sur les fournitures du papier de presse. Il intervient en séance à plusieurs reprises. Le 12 mars 1945, en particulier, il fait le point sur la situation sanitaire de la France qu’il juge très préoccupante, à cause de l’extension de la tuberculose. Devant l’insuffisance des établissements, plutôt que de continuer à utiliser les écoles et lycées, et de retarder le bon fonctionnement de l’Education nationale, il propose la réquisition des hôtels des villes d’eau ; il demande une augmentation des crédits pour lutter contre les épidémies. Et le 31 mars, à propos de la composition du jury chargé de juger les anciens parlementaires, il prend parti pour le Conseil national de la Résistance (CNR), afin qu’il soit considéré comme l’organisme le plus compétent en la matière, de préférence à la résistance parlementaire.
En octobre 1945, Gilbert Zaksas est candidat à l’Assemblée nationale constituante, avec son ancien camarade de Libérer-Fédérer, Achille Auban, sur la liste SFIO de la Haute-Garonne. Il est second derrière l’ancien ministre du Front populaire, Vincent Auriol. Pendant la campagne, il fait l’objet de violentes attaques de la part de ses anciens camarades communistes, qui l’accusent de s’opposer à l’unité d’action entre la SFIO et le PCF. Avec 80 338 voix, soit 34,9 % des suffrages exprimés, leur liste emporte deux députés. Il est élu à la plus forte moyenne, derrière Vincent Auriol, le communiste Jacques Gresa et le démocrate-chrétien Pierre Dumas (MRP). Il devient alors le secrétaire administratif du groupe parlementaire socialiste. Il est également nommé membre de la commission de la Constitution, présidée par le socialiste André Philip, et intervient à l’occasion de six discussions différentes. Il est rapporteur des propositions de loi relatives à la Constitution. De surcroît, le 7 mars 1946, il remplit à nouveau les fonctions de rapporteur, au nom de sa commission, de la déclaration des Droits de l’Homme. Il explique que « pour assurer l’émancipation véritable du peuple », il faut « reconnaître la liberté d’association et accorder aux travailleurs le droit de défendre leurs revendications par l’action syndicale et, au besoin, par la grève, [et] garantir à chacun des conditions de travail convenables. » « La construction de la nouvelle République », poursuit-il, exige donc d’abord que « les libertés proclamées par la Révolution française et garantissant l’accomplissement de la personne humaine soient complétées et adaptées aux circonstances actuelles ». C’est pourquoi la commission a ajouté au texte de 1789 la garantie, pour tous les hommes et femmes de l’Union française, de leurs droits fondamentaux, tels que la liberté de mouvement, l’inviolabilité du domicile, le droit de la sûreté ou le droit de résistance à l’oppression. Il défend un amendement au projet de loi relatif au monopole et à la nationalisation de l’électricité et du gaz. Il dépose deux propositions de loi et un rapport sur des propositions de loi. En séance, Gilbert Zaksas vote, avec l’ensemble du groupe socialiste, en faveur des nationalisations de la Banque de France (décembre 1945), du gaz et de l’électricité (mars 1946) et de certaines sociétés d’assurance (avril 1946). Et le 19 avril 1946, il approuve le projet de Constitution qu’il a contribué à élaborer en commission.
A la veille des élections à la seconde Assemblée nationale constituante, il est nommé trésorier payeur général au Cameroun. Il ne se représente donc pas en juin 1946 et quitte la scène politique nationale. Il décède le 18 décembre 1978.





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