Adrien Verkindere

1912 - 1987

Informations générales
  • Né le 19 juin 1912 à Halluin (Nord - France)
  • Décédé le 10 décembre 1987 à Tourcoing (Nord - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 8 mai 1967 au 30 mai 1968
Département
Nord
Groupe
Union démocratique pour la V° République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 13 août 1968 au 1er avril 1973
Département
Nord
Groupe
Union des démocrates pour la République

Biographies

Biographie de la Ve République

VERKINDERE (Adrien)
Né le 19 juin 1912 à Halluin (Nord)
Décédé le 10 décembre 1987 à Tourcoing (Nord)

Député du Nord de 1967 à 1973

Issu d’une famille d’immigrés flamands arrivés en France à la fin du XIXème siècle pour travailler dans le secteur textile du Nord, né dans une fratrie de neuf enfants, Adrien Verkindere ne déroge pas à la tradition familiale et, après avoir obtenu son Certificat d’études professionnelles (CEP), devient tisserand à l’âge de treize ans. D’abord ouvrier, il accède ensuite à la fonction de contremaître de fabrique. Il se syndique à l’âge de vingt-trois ans à la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC), et devient une figure locale importante du syndicalisme chrétien, faisant notamment partie du bureau de l’Union locale. Son militantisme politique le porte à s’engager dans sa jeunesse au sein de la Jeune république de Marc Sangnier, puis à adhérer au Mouvement républicain populaire (MRP) dès sa création. Conseiller municipal de sa ville natale d’Halluin, il en devient le maire adjoint en 1959. Il est également élu conseiller de la Communauté urbaine de Lille. Il échoue cependant, en 1971, aux élections municipales de sa commune. S’il mène sa carrière politique locale en son nom propre, c’est à l’ombre d’un homme politique majeur des Quatrième et Cinquième Républiques que se déroule sa carrière au niveau national.
En 1967, il est en effet le candidat suppléant de Maurice Schumann, qui se présente sous la bannière de l’Union des démocrates pour la Cinquième République, dans la dixième circonscription du Nord dont il est le député depuis 1946. Le contremaître se présente longuement, comme « remplaçant éventuel », sur la profession de foi de ce dernier. Sa candidature fait de lui « le seul ouvrier d’usine » à solliciter les suffrages de ses concitoyens, et il s’adresse en tant que tel à ses « camarades ». Il met l’accent sur ses origines familiales modestes, sur son militantisme syndical de la première heure, ainsi que sur son appartenance au courant démocrate chrétien depuis ses jeunes années. Il s’explique ensuite sur les raisons qui l’amènent à se présenter comme suppléant de Maurice Schuman : celui-ci, dit-il, défend systématiquement « la cause des ouvriers » et vote pour les lois sociales. Il affiche une certaine défiance envers le parti gaulliste, en admettant « certes, il est vrai que Maurice Schuman est gaulliste », et justifie cette loyauté par l’amitié fidèle que son candidat porte au général. Le 5 mars 1967, Maurice Schumann est élu avec 53,5% des suffrages exprimés au premier tour, le reste des voix se portant de façon presque égale sur ses rivaux communiste et socialiste. Puis il est nommé le 8 avril suivant ministre d’Etat chargé de la recherche scientifique, des questions atomiques et spatiales. Adrien Verkindere le remplace en tant que député du Nord : l’Assemblée en prend acte le 9 mai 1967. Il s’apparente au groupe d’Union démocratique pour la Cinquième République. Il est nommé membre de la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales à deux reprises. A ce titre, il est le rapporteur d’une proposition de loi relative aux attributions de la caisse nationale des allocations familiales et de la caisse nationale d’assurance-vieillesse, déposée le 28 mai 1968. Il est également l’auteur d’une proposition de loi interdisant le démarchage des compagnies d’assurances auprès des victimes d’accident, déposée le 16 novembre 1967, invoquant « le respect de la personne humaine ». En 1968, il est également membre de la Commission spéciale chargée d’examiner la proposition de loi de M. d’Ornano et plusieurs de ses collègues tendant à créer une Agence française de publicité télévisée. Le 20 mai et le 9 juin 1967, le député du Nord apparenté UDR vote contre la motion de censure déposée contre le gouvernement, et pour les pouvoirs spéciaux.
Après la dissolution de l’Assemblée nationale par le général de Gaulle, les élections législatives convoquent de nouveau les électeurs le 23 juin 1968. Maurice Schumann se présente au suffrage des électeurs de la dixième circonscription du Nord, en tant que ministre des Affaires sociales, et se propose « d’accomplir cette mission avec le concours quotidien d’Adrien Verkindere, député ouvrier ». Sa candidature, placée sous l’étiquette de l’Union des démocrates pour la Cinquième République pour le progrès social et familial, remporte 52,5% des suffrages exprimés, face à ses concurrents communiste et socialiste qui perdent des voix, et deux nouvelles candidatures, PSU et Centre démocrate. Entré dans le gouvernement Couve de Murville, toujours aux Affaires sociales, Maurice Schuman laisse son siège de député à son suppléant, le 13 août 1968. Adrien Verkindere s’inscrit, cette fois, au groupe d’Union des démocrates pour la République. Il est de nouveau nommé membre de la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales, en 1968, 1969 et 1970. Il devient par la suite membre de la Commission de la production et des échanges (1971-1973). Il dépose de nouveau, le 17 octobre 1968, une proposition de loi prohibant le démarchage des compagnies d’assurances auprès des victimes d’accident. Il est l’auteur, par ailleurs, de nombreuses questions écrites au gouvernement, concernant notamment les fonctionnaires de l’Education nationale. Député discipliné de la majorité, il vote pour le projet de loi d’orientation de l’enseignement supérieur (10 octobre 1968), pour le projet de loi relatif à l’exercice du droit syndical dans les entreprises (4 décembre 1968), pour le projet de loi de répression des nouvelles formes de délinquance (4 juin 1970), pour le service national (10 juin 1970). Il accorde son soutien au gouvernement Chaban-Delmas dans la séance du 15 octobre 1970. Le 24 avril 1972, il se prononce pour le projet de loi portant création et organisation des régions françaises. Enfin, le 24 mai 1972, il soutient de nouveau le gouvernement sur sa déclaration de politique générale.
En 1973, Maurice Schumann et son suppléant, délégué sortant, sont battus aux élections législatives, dépassés par le candidat socialiste Gérard Haesebroeck. Après cet échec, Adrien Verkindere adopte une posture de retrait par rapport à la vie politique tant locale que nationale. Il décède à Tourcoing à l’âge de soixante-quinze ans.