Albert Walter

1852 - 1919

Informations générales
  • Né le 20 juin 1852 à Saint-denis (Seine-St-Denis - France)
  • Décédé le 13 mars 1919 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 3 septembre 1893 au 31 mai 1898
Département
Seine
Groupe
Socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 22 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Seine
Groupe
Socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1902 au 31 mai 1906
Département
Seine
Groupe
Socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 6 mai 1906 au 31 mai 1910
Département
Seine
Groupe
Socialistes unifiés
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 8 mai 1910 au 31 mai 1914
Département
Seine
Groupe
Parti socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 26 avril 1914 au 13 mars 1919
Département
Seine
Groupe
Parti socialiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 20 juin 1852 à Saint-Denis, mort le 13 mars 1919 à Paris.

Député de la Seine de 1893 à 1919.

Albert Walter est né dans la banlieue parisienne dans une famille d'origine alsacienne. Dessinateur-mécanicien, il adhère d'abord au parti socialiste révolutionnaire, avant de devenir l'un des fondateurs du parti socialiste dionysien. Le 4 mai 1884, il est élu membre du conseil municipal, celui-là même qui sera dissous en 1886 par décret du Président de la République ; il siégera à l'Hôtel de ville jusqu'en 1896 et sera maire de Saint-Denis du 15 mars 1892 au 25 janvier 1894; battu aux élections municipales de 1896, il sera réélu en 1904, à nouveau battu en 1908, puis élu en 1912 ; il déclinera alors la charge de premier magistrat municipal. Il avait auparavant organisé la conférence des conseillers municipaux socialistes de France.

Maire de Saint-Denis, il a de nombreux démêlés avec le gouvernement, interdit toutes les manifestations extérieures du culte, et impose « la neutralisation du lieu de sépulture en supprimant la croix surmontant le caveau provisoire où peuvent être enterrées des personnes pratiquant un culte autre que le catholique. » Mais ce sectarisme apparent cache un dévouement inlassable à la classe ouvrière, une grande sollicitude pour les petits employés, plus vulnérables selon lui, que les ouvriers.

Le 20 août 1893, le voici tout naturellement candidat aux élections législatives dans la 2e circonscription de Saint-Denis : il obtient au premier tour 3.127 voix contre 4.584 à Lourdelet et 4.129 à Revest, manufacturier, député sortant, maire de Saint-Denis ; et il l'emporte au second tour par 6.608 voix, ses deux adversaires en récoltant respectivement 4.989 et 4.532. Il sera constamment réélu jusqu'à sa mort : en 1898 (au 2e tour par 12.865 voix contre 7.204 à Lambert, son principal concurrent) en 1902 (au second tour par 10.165 voix contre 3.098 à Papillaud et 2.450 à Gautier-Poignant) en 1906 (au premier tour par 9.379 voix contre 7.068 à Quintaine) en 1910 (au second tour par 8.901 voix contre 8.458 à Adam) ; en 1914, c'est dans la 3e circonscription de Saint-Denis qu'il briguera les suffrages des électeurs : il l'emportera au premier tour (par 8.587 voix contre 3.940 à Genévrier), Pierre Laval, également socialiste, lui succédant dans la 2e circonscription.

A son arrivée au Palais Bourbon, il s'inscrit au groupe socialiste et fera partie des commission du travail, d'assistance et de prévoyance, des P.T.T., des pétitions. Ses travaux parlementaires le définissent fidèle à lui-même : anticlérical, il demande la suppression du budget des cultes, il s'oppose à la création d'une seconde paroisse à Saint-Denis ; antimilitariste, il se fera rappeler à l'ordre pour avoir injurié l'armée, lors d'un incident relatif à l'affaire Dreyfus soulevé par Jaurès. Mais épris de justice sociale, il se consacre surtout aux humbles, aux travailleurs, réclamant : des crédits en faveur des victimes de catastrophes, une aide pour les chômeurs, le repos hebdomadaire, l'amélioration des conditions de travail, la reconstruction d'usines détruites, etc... Entre 1900 et 1914 il soutiendra le cabinet Combes, et refusera sa confiance aux cabinets Briand et Clemenceau. Il votera pour l'urgence des lois scolaires, l'assurance mutuelle agricole, la suppression des conseils de guerre, la représentation proportionnelle. Il mourra à Paris le 13 mars 1919, accablé par la mort de son petit-fils de 10 ans, 2 jours plus tôt. Son apparente rudesse cachait un cœur tendre et un caractère profondément humain.