Arthur, Auguste, Eléonor Ballue

1835 - 1894

Informations générales
  • Né le 16 décembre 1835 à Conty (Somme - France)
  • Décédé le 21 février 1894 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 6 juin 1880 au 14 octobre 1881
Département
Rhône
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 août 1881 au 14 octobre 1885
Département
Rhône
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 18 octobre 1885 au 14 octobre 1889
Département
Rhône

Biographies

Membre de la Chambre des députés, né à Conty (Somme), le 16 décembre 1835, il est le descendant en ligne directe de Dufriche-Valazé, membre de la Convention et girondin.

Il passa par l'Ecole de Saint-Cyr, et fit, comme officier d'ordonnance du maréchal Randon, la campagne de Crimée, qui lui valut la croix de la Légion d'honneur (1855). Il était encore au service lors de la guerre franco-allemande, et commanda, pendant le siège de Paris, un bataillon de zouaves. Retraité en 1871, avec le grade de capitaine, il entra dans la presse départementale, fit partie de la rédaction du Progrès de Lyon, du Lyon républicain, et subit plusieurs condamnations pour délits de presse ; s'étant vu, à la suite d'un de ces jugements, rayé des cadres de la Légion d'honneur, il en appela au Conseil d'Etat et obtint (janvier 1875) l'annulation, pour abus de pouvoir, du décret qui l'avait frappé. Après avoir été quelque temps l'éditeur gérant de la revue l'Art, il revint à Lyon et se mêla activement aux polémiques locales, comme champion du parti « opportuniste ».

Le 23 mai 1880, la 1re circonscription de Lyon ayant eu à nommer un député en remplacement de M. Ed. Millaud, passé sénateur, donna un très grand nombre de suffrages à Blanqui. Les républicains modérés, unis à certains radicaux, pour faire échec à cette candidature révolutionnaire dont le succès au second tour paraissait certain, firent appel à M. Ballue, qui obtint au scrutin de ballottage 8,280 voix (14,988 votants, 24,142 inscrits), et fut élu. Blanqui n'eut que 5,947 voix. A la Chambre, M. Ballue vota parfois avec l'extrême gauche, sans s'associer toutefois à la ligne politique suivie par le petit groupe des députés intransigeants. Il demanda, en janvier 1881, avec Madier de Montjau, dans la discussion de la loi sur la presse, la suppression du délit d'outrage au Président de la République, pour ne pas rétablir le crime de lèse-majesté; en mars, il proposa à la loi militaire un amendement qui plaçait les instituteurs dans la seconde portion du contingent et assujettissait les séminaristes au droit commun, vota pour le projet de loi sur le divorce, pour le projet du gouvernement sur la liberté de la presse, etc., et fut l'auteur, dans la session, d'une proposition de loi concernant les nominations civiles dans la Légion d'honneur.

Réélu, le 21 août 1881, par 11,695 voix (17,220 votants, 24,223 Inscrits) contre 2,402 données à M. Félix Pyat, 1,360 à M. Rogelet, et 538 à M. Reverchon, il s'inscrivit à la gauche radicale et intervint dans un assez grand nombre de débats concernant la loi militaire, les chemins de fer, le budget, particulièrement celui de la guerre. En janvier 1883, il proposa la nomination d'une commission qui concentrerait l'examen de tous les projets de lois militaires, interpella, le 4 mai, M. de Freycinet sur l'incident de l'oasis de Figuig, et, le 4 juillet, sur l'indemnité due par l'Espagne à nos nationaux victimes de l'insurrection carliste. On lui doit aussi une proposition de loi, déposée en 1883, et tendant à faire rayer de l'armée les princes d'Orléans. Il se prononça, avec les radicaux : contre le maintien de notre ambassadeur auprès du pape, pour la suppression du budget des cultes et pour la nomination du Sénat par le suffrage universel, mais vota avec les opportunistes tous les crédits demandés pour le Tonkin et Madagascar.

M. Ballue figura sur la liste des candidats radicaux, le 4 octobre 1885; il passa le 1er sur 11 avec 87,531 voix (136,430 votants, 178,887 inscrits), et revint dans la nouvelle Chambre siéger à la gauche radicale. Il signa, en février 1886, le projet de loi déposé par M. Duché demandant la remise en vigueur des lois d'expulsion de 1832 et 1848 contre les Bonapartes et les Bourbons, et le soutint à la tribune à la séance du 4 mars. Son acte parlementaire le plus important, durant cette législature, a été le dépôt (1886) d'un projet de loi vivement discuté à la commission du budget et dans la presse en faveur de l'impôt sur le revenu. Cet impôt, dans le système de M. Ballue, aurait frappé les diverses sources de revenus. La commission du budget, saisie vers la même époque de deux autres projets analogues, l'un de M. C. Dreyfus, qui semblait tendre à une taxe unique sur les revenus pris en bloc, l'autre de M. Yves Guyot, qui comprenait l'impôt sur le revenu comme un impôt sur le capital, se prononça pour le principe de cette réforme, que l'on put croire sur le point d'aboutir, mais qui fut cependant ajournée.

A la fin de cette année, le député du Rhône, tombé gravement malade, est devenu complètement étranger aux travaux parlementaires ; son état mental inspira d'assez sérieuses inquiétudes à ses amis pour qu'on le fit admettre dans une maison de santé où il est encore. M. Ballue a été conseiller général du Rhône pour l'un des cantons de Lyon.


Né le 16 décembre 1835 à Conty (Somme), mort le 21 février 1894 à Paris.

Député du Rhône de 1880 à 1889 (Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. 1, p. 146.)

Il fut soigné à l'asile psychiatrique de Prémontré(Aisne) d'où il sortit amélioré, mais non rétabli.

Il mourut à Paris le 21 février 1894. Il avait cessé toute activité politique depuis l'année 1886.


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