Anatole de La Forge

1821 - 1892

Informations générales
  • Né le 1er avril 1821 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 6 juin 1892 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 29 mai 1881 au 14 octobre 1881
Département
Seine
Groupe
Extrême-gauche
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 août 1881 au 14 octobre 1885
Département
Seine
Groupe
Extrême-gauche
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 octobre 1885 au 14 octobre 1889
Département
Seine
Groupe
Gauche radicale

Biographies

Député de 1881 à 1889, né à Paris le 1er avril 1821, il se destina d'abord à la diplomatie. Attaché à la légation de Florence, puis secrétaire d'ambassade à Turin et à Madrid, il fut chargé, en 1846, d'une mission en Espagne qui lui valut, au retour, la croix de chevalier de la Légion d'honneur.

La révolution de 1848 modifia ses idées : il se tourna vers le journalisme, collabora à l'Estafette, puis entra au Siècle, dont il devint un des principaux rédacteurs, et où il se fit pendant plusieurs années une spécialité des questions de politique extérieure.

Ayant soutenu, sous l'Empire, l'opposition démocratique, il fut nommé, après le 4 septembre 1871, préfet du département de l'Aisne. Les circonstances faisaient alors de cette fonction un véritable poste de combat : M. Anatole de La Forge parvint à grande peine jusqu'à Saint-Quentin, que la prise et l'occupation de Laon avaient substitué au chef-lieu, y organisa la résistance, et eut personnellement, à la vaillante défense de cette ville contre les troupes allemandes, pendant la journée du 8 octobre 1870, une part des plus honorables : le préfet avait combattu à la tête des gardes nationaux, des pompiers et des ouvriers de Saint-Quentin, et, quoique blessé grièvement à la jambe, était resté au feu jusqu'au moment où l'ennemi s'était décidé à battre en retraite sur Laon. Le gouvernement de la Défense nationale nomma M. Anatole de La Forge officier de la Légion d'honneur (28 octobre) ; lui adressa de chaleureuses félicitations, et l'appela à la préfecture des Basses-Pyrénées (février 1871). Partisan de la guerre à outrance, M. de La Forge s'efforça de rendre cette politique populaire, présida aux élections du 8 février 1871, et donna sa démission après le vote des préliminaires de paix.

Redevenu collaborateur du Siècle, il fut porté par les républicains, aux élections du 14 octobre 1877, candidat dans le 8e arrondissement de Paris, où il obtint 5 241 voix contre 6 335 au vice-amiral Touchard, monarchiste, élu.

Puis, lors de la formation du cabinet Dufaure, le 14 décembre suivant, M. Anatole de La Forge fut appelé aux fonctions de directeur de la presse au ministère de l'Intérieur. En les acceptant, le nouveau titulaire s'était flatté de l'espoir que la gouvernement et les Chambres établiraient en matière de presse le régime de la liberté absolue ; il adressa même dans ce sens à M. de Marcère un remarquable rapport, dont les conclusions ne furent pas adoptées par les pouvoirs publics. Il se démit alors (25 mai 1879) de ses fonctions.

Candidat républicain à l'élection partielle du 29 mai 1881, motivée dans le 9e arrondissement de Paris par le décès d'Emile de Girardin, il fut élu par 9 198 voix (15 698 votants, 23 261 inscrits), contre 4 250 à M. Ed. Hervé, monarchiste, et 2 079 à M. Paul Dubois, républicain radical.

Aux élections générales suivantes (21 août de la même année), le 9e arrondissement ayant été divisé en deux circonscriptions, il se représenta dans la première, et fut élu par 4 927 voix (5 866 votants), sans concurrent. D'opinions et de caractère indépendants, M. Anatole de La Forge ne se fit inscrire à aucun groupe parlementaire ; en fait, il vota le plus souvent avec les radicaux de la Chambre, notamment pour la liberté de la presse, de réunion, etc. Il demanda la publicité des séances du conseil municipal de Paris, et se montra partisan (novembre 1883) de la création d'un maire de Paris, dont les attributions auraient été réduites, comme celles du maire de Lyon ; cette proposition, soutenue par M. Floquet et par M. Spuller, et combattue par M. Waldeck-Rousseau, ministre de l'Intérieur, fut rejetée à 277 voix contre 201. M. de La Forge opina à la même époque en faveur de la révision intégrale de la Constitution, tout en refusant de s'embrigader dans la Ligue révisionniste dont le chet était M. Clemenceau. En août 1884, il fut du petit nombre des députés qui refusèrent d'aller à Versailles pour prendre part aux séances du Congrès, ne lui reconnaissant pas le droit de procéder à une révision limitée de la Constitution. Après la mort de Victor Hugo, il prit l'initiative de la motion tendant à déposer le corps du poète au Panthéon. Enfin il vota contre la politique coloniale et rejeta les crédits du Tonkin.

En dehors de la politique pure, M. Anatole de La Forge, que sa bravoure personnelle et son patriotisme éprouvé rendaient sympathique à tous les partis, avait été en mainte occasion investi par ses collègues d'une sorte de magistrature d'honneur, et s'était fait, dans les différends et dans les duels survenus entre des membres du parlement ou de la presse, une situation spéciale d'arbitre. En 1885, son nom ayant été mis en avant pour la présidence de la République, il déclina toute candidature.

Inscrit, le 4 octobre 1885, sur plusieurs listes républicaines et radicales dans le département de la Seine, il fut un des quatre élus du premier tour de scrutin, le 3e sur 38 députés à nommer, par 222 334 voix (434 011 votants, 564 338 inscrits). La majorité de la Chambre nouvelle le désigna comme l'un des vice-présidents. M. Anatole de La Forge continua d'opiner le plus souvent avec l'extrême gauche, fut l'adversaire des ministères Rouvier et Tirard, vota contre l'expulsion des princes (juin 1886), soutint octobre 1888) les réclamations du Syndicat de la presse contre les questeurs de la Chambre, et donna à cette occasion sa démission de vice-président, qu'il refusa de retirer. Il se prononça énergiquement contre l'attitude du général Boulanger, quitta la Ligue des patriotes, lorsque celle-ci eut adhéré au « boulangisme », soutint le cabinet Floquet, et, en dernier lieu, s'abstint sur le rétablissement du scrutin d'arrondissement (11 février 1889), et se prononça contre l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution, contre les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes, contre le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse, pour les poursuites contre le général Boulanger.

M. Anatole de La Forge est décoré de la médaille militaire.

On a de lui, outre de nombreux articles insérés dans le Siècle :
- l'Instruction publique en Espagne (1847) ;
- des Vicissitudes politiques de l'Italie dans ses rapports avec la France (1850) ;
- Histoire de la République de Venise sous Manin (1853) ;
- la Peinture contemporaine en France (1856) ;
- l'Autriche devant l'opinion (1859) ;
- la Liberté (1862) ;
- la Pologne devant les Chambres (1863) ;
- Lettres à Mgr Dupanloup à propos de la Pologne (1865), etc.

Né le 1er avril 1821 à Paris, mort le 6 juin 1892 à Paris (17e).

Député de la Seine de 1881 à 1889.

(Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. III, p. 526.)

Pour s'opposer au boulangisme, Anatole de La Forge avait, sous la bannière radicale, choisi au renouvellement de 1889, la 2e circonscription du XVIIIe arrondissement de Paris, celle qui avait été choisie par le général Boulanger. Pendant la campagne électorale, il tient le 8 septembre, à l'Elysée-Montmartre, une réunion contradictoire au cours de laquelle, à la suite d'une intervention de Jules Joffrin, il renonça à sa candidature et laissa la place à celui-ci, qui fut d'ailleurs élu.

Ainsi se terminait une carrière politique bien remplie.

Il mourut trois ans plus tard, le 6 juin 1892, en son domicile parisien, à l'âge de 71 ans.