Ernest, Jean, Louis Camescasse

1838 - 1897

Informations générales
  • Né le 23 septembre 1838 à Brest (Finistère - France)
  • Décédé le 8 juin 1897 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 4 septembre 1881 au 14 octobre 1885
Département
Finistère
Groupe
Gauche républicaine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 27 novembre 1887 au 14 octobre 1889
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Union des gauches

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 4 janvier 1891 au 8 juin 1897

Biographies

Député de 1881 à 1885, puis de 1887 à 1889, né à Brest (Finistère), le 23 septembre 1838, il est le fils d'un ancien magistrat du second Empire, qui avait fait partie des commissions mixtes en 1851.

Il étudia le droit et se fit recevoir avocat (1858), se déclara républicain vers la fin de l'Empire, et entra, après le 4 Septembre, dans l'administration. M. Camescasse fut préfet de plusieurs départements, entre autres du Cher et du Finistère, qu'il quitta à la chute de Thiers (24 mai 1873).

Candidat malheureux aux élections de février 1876, à Brest, il passa à la préfecture de la Haute-Saône, fut révoqué le 16 mai 1877, et nommé préfet du Pas-de-Calais en décembre suivant. Appelé, le 11 janvier 1880, à la direction de l'administration départementale et communale au ministère de l'Intérieur, il devint préfet de police, le 17 juillet 1881, en remplacement de M. Andrieux, à la suite des conflits de ce dernier avec le Conseil municipal et de l'espèce de désaveu que lui avait infligé le ministre de l'Intérieur devant la Chambre.

Aux élections législatives suivantes (21 août), M. Camescasse se représenta comme républicain opportuniste, dans la 1re circonscription de Brest, sa ville natale. Il obtint, au premier tour de scrutin, 5,025 voix sur 10,270 votants et fut élu, au scrutin de ballottage du 4 septembre, par 5,055 voix, sur 9,674 votants et 20,218 inscrits, contre MM. de Gasté, 2,867 voix et Chiron, 1,654.

Comme préfet de police, M. Camescasse n'eut pas avec le Conseil municipal de Paris des démêlés moins fréquents que son prédécesseur. L'enterrement de Blanqui, les incidents et manifestations du boulevard Saint-Michel, de l'esplanade des Invalides, de l'Hôtel de Ville, de la place de l'Opéra, de la salle Graffard, etc., lui fournirent autant d'occasions d'encourir, pour les instructions données par lui à ses agents, les votes de blâme de la majorité du conseil, qui, pendant plusieurs sessions consécutives, refusa systématiquement au préfet de police d'examiner son budget. La presse intransigeante et socialiste lui prodigua ses attaques, et la rédaction de l'Intransigeant lui fit un jour l'ironique cadeau d'un « casse-tête d'honneur »; cet objet fut remis au député du Finistère pendant une séance de la Chambre. M. Camescasse se signala, d'autre part, par la fermeture, en octobre 1884, de plus de trente cercles, tripots et maisons de jeux. Il donna sa démission de préfet de police, le 23 avril 1885, après la chute du cabinet Jules Ferry, et sur la demande de M. Allain-Targé, ministre de l'Intérieur du nouveau cabinet Brisson.
Comme député, le rôle de M. Camescasse fut modeste. Il siégea à la gauche modérée et vota constamment avec les opportunistes :

- le 4 mars 1882, contre l'amendement Jules Roche sur l'élection d'un maire de Paris;
- le 7 mars, contre la proposition Boysset tendant à l'abrogation du Concordat;
- le 29 janvier 1883, contre le principe de l'élection de la magistrature;
- le 6 mars, contre la révision.

Il se prononça en outre : pour les crédits du Tonkin, pour le maintien de l'ambassadeur près du pape et contre la nomination des sénateurs par le suffrage universel.

Aux élections législatives du 4 octobre 1885, M. Camescasse échoua, avec toute la liste républicaine du Finistère, n'ayant obtenu que 55,590 voix sur 121,966 votants, et dans le Pas-de-Calais où il réunit 74,526 voix sur 80,439 votants.

Il échoua de même à l'élection sénatoriale partielle du 14 février 1836 dans ce dernier département, avec 860 voix contre 876 obtenues par le candidat conservateur monarchiste, M. d'Havrincourt, et ne rentra au Parlement que le 27 novembre 1887. Le département du Pas-de-Calais lui donna alors 86,356 voix (163,464 votants, 217,532 inscrits), contre 74,554 à M. Labitte, conservateur. Il s'agissait de remplacer M. Dussaussoy, décédé.

Elu, M. Camescasse prit place à l'Union des gauches, et vota avec ce groupe; dans la dernière session, il s'est prononcé pour le rétablissement du scrutin uninominal (11 février 1889), s'est abstenu sur l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution (14 février, chute du ministère Floquet), et a voté pour les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes (14 mars), pour le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse (2 avril), pour les poursuites contre le général Boulanger (4 avril).


Né le 23 septembre 1838 à Brest (Finistère), mort le 8 juin 1897 à Paris.

Député du Finistère de 1881 à 1885.
Député du Pas-de-Calais de 1887 à 1889.
Sénateur du Pas-de-Calais de 1891 à 1897.

(Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. 1, p. 565.)

Il subit un échec aux élections générales du 22 septembre 1889, n'ayant obtenu au premier tour de scrutin que 9.266 voix contre 10.488 à M. Henri-Joseph Tailliandier dans la deuxième circonscription d'Arras.

Mais il se fit élire Sénateur du Pas-de-Calais au renouvellement triennal du 4 janvier 1891. Il obtint au premier tour de scrutin 1.214 voix sur 1.762 votants. Inscrit à la Gauche républicaine, il appartint à diverses commissions spéciales, et manifesta à la Haute Assemblée la même activité qu'à la Chambre. Il fut chargé de rapporter: la proposition de loi ayant pour objet d'obliger le bailleur qui revendique des objets mobiliers à rembourser aux acheteurs de bonne foi le prix qu'ils ont payé (1891), le projet de loi tendant à réglementer l'autorisation et le fonctionnement des courses de chevaux (1891), la proposition de loi ayant pour objet de modifier l'art. 755 du Code civil sur la vocation héréditaire (1891), la proposition tendant à accorder la gratuité aux élèves de l'Ecole polytechnique, de l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, de l'Ecole navale de Brest et des écoles du service de santé de Lyon et de Bordeaux (1891), le projet de loi adopté par la Chambre des Députés portant modification des articles 435 et 436 du Code pénal (menées anarchistes) (1892), le projet de loi adopté par la Chambre des Députés tendant à augmenter le nombre des magistrats du tribunal de première instance de la Seine (1892), le projet de loi adopté par la Chambre des Députés concernant la convention franco-suisse sur la réglementation de la pêche et la répression des délits de pêche (1892), la proposition de loi sur l'estimation de la réglementation du travail forestier (1893), la proposition de loi adoptée par la Chambre des Députés tendant à réglementer les halles centrales de Paris (1893, 1894 et 1896).

Ses interventions à la tribune furent nombreuses ; on l'entendit notamment sur: le projet de loi ayant pour objet d'obliger le bailleur qui revendique des bestiaux que le fermier a vendus sur une foire ou un marché, à rembourser aux acheteurs de bonne foi le prix qu'ils ont payé (1891) ; le projet de loi sur le régime des sucres (1891) ; la proposition de loi sur le fonctionnement des courses (1891); le projet de loi adopté par la Chambre des Députés sur le tarif général des douanes (1891) ; le projet de loi concernant l'hygiène et la sécurité des travailleurs dans les établissements industriels (1892) ; le projet de loi sur l'assistance médicale gratuite (1893) ; le projet de loi adopté par la Chambre des Députés tendant à modifier le tableau de circonscriptions électorales (1893); la proposition de loi adoptée par la Chambre des Députés tendant à la réglementation des halles centrales (1895 et 1896) ; le projet de loi relatif à la réforme de l'impôt sur les boissons (1896).

Et à la séance du 10 juin 1897, le Président Emile Loubet annonçait son décès au Sénat. La maladie venait de l'emporter en quelques jours, il n'avait que 59 ans.

Après, avoir retracé sa carrière active et bien remplie, il rendit hommage à la phalange de jeunes hommes à laquelle il appartenait « que les idées libérales avaient groupés et qui avaient lutté sans relâche contre l'Empire ».

« Dans son administration, à la Chambre des Députés, au Sénat, Camescasse a toujours fidèlement servi la République et refusé son concours à ceux qui tentaient de la détruire. »

Camescasse écrivait dans la République française, faisait partie de nombreuses administrations et sociétés, et présidait la Compagnie des omnibus de Paris.

Ses obsèques eurent lieu a Douai au milieu d'une nombreuse assistance.